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A Robion dans le Vaucluse le maire s’oppose au déboulonnage de la croix du Corilou

Croix de Robion - capture écran
Croix de Robion - capture écran
"L’Église invite à veiller à la mise en valeur des églises, chapelles, calvaires et bâtiments anciens qui témoignent de l’histoire et de la foi des territoires " ( extrait Eglise Catholique - Municipales 2026 )

Une décision de justice, rendue à la demande de l’association de la Libre Pensée, enjoint la commune de Robion à déplacer cette croix vers un terrain privé, au motif qu’elle aurait été érigée après la loi de 1905 sur la séparation de l’Église et de l’État. Dominant le village depuis les hauteurs du Corilou, cette croix fait pourtant partie du paysage de Robion et constitue pour beaucoup d’habitants un repère familier, enraciné dans l’histoire et la tradition locale.

Face à cette décision, une mobilisation importante s’est rapidement organisée. Une pétition lancée pour demander le maintien de la croix à son emplacement actuel a déjà recueilli plus de 33 000 signatures, signe que l’affaire dépasse désormais largement le cadre de cette commune du Luberon.

Le maire de Robion, Patrick Sintes, s’est clairement opposé au déboulonnage du monument. Pour l’édile, la croix du Corilou est un véritable élément du patrimoine local, qui s’inscrit dans l’histoire du village et dans la tradition provençale où croix, chapelles et calvaires jalonnent depuis des siècles les paysages.

Cette position semble avoir trouvé un écho dans la population locale. Lors des dernières élections municipales, Patrick Sintes a été réélu dès le premier tour avec 64 % des voix, malgré la présence de deux listes concurrentes. Pour les défenseurs de la croix, l’enjeu dépasse largement la seule question juridique. Dans de nombreuses régions françaises, les croix de chemins, les calvaires et les statues religieuses constituent des témoins visibles de l’héritage spirituel qui a façonné les villages et les campagnes.

Document Eglise Catholique de France : « Municipales 2026 : ces questions que les catholiques peuvent se poser »

Rappelons que pour l’Eglise catholique , parmi les responsabilités des élus locaux figure aussi la préservation du patrimoine. L’Église « invite à veiller à la mise en valeur des églises, chapelles, calvaires et bâtiments anciens qui témoignent de l’histoire et de la foi des territoires. Le soutien aux initiatives locales pour l’entretien et la restauration de ces lieux contribue à maintenir vivant ce patrimoine commun.« 

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Ces monuments rappellent une histoire profondément marquée par la foi chrétienne, qui a longtemps structuré la vie sociale, culturelle et spirituelle des communautés locales.L’association à l’origine de la procédure s’appuie toutefois sur une interprétation stricte de la loi de 1905, estimant que l’installation d’un symbole religieux sur un terrain communal après cette date serait incompatible avec le principe de neutralité de l’espace public.

Pour de nombreux habitants et signataires de la pétition, cette approche apparaît réductrice. Ils soulignent que ces croix ne relèvent pas seulement de la pratique religieuse, mais aussi du patrimoine historique et culturel du pays.L’affaire de la croix du Corilou illustre ainsi un débat plus large qui traverse aujourd’hui la société française : celui de la place des symboles chrétiens dans l’espace public et de la manière de concilier la laïcité avec la préservation d’un patrimoine façonné pendant des siècles par la culture chrétienne.À Robion, la mobilisation autour de la pétition montre que cette question touche profondément la population. Pour beaucoup, préserver la croix du Corilou revient aussi à défendre une part de la mémoire et des racines spirituelles de leur territoire.

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