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[ ABUS DANS LE PERISCOLAIRE ] Honte à vous qui avez sali l’Église par vos amalgames et gardez aujourd’hui le silence

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Le candidat à la mairie de Paris devrait-il renoncer ? La ville aura-t-elle le courage de faire toute la lumière, comme l’Église a dû le faire avec la CIASE ?

Par Philippe Marie

Depuis des années, l’Église catholique et l’ensemble de ses prêtres ont été traînés dans la boue à cause d’un crime abominable : celui des abus sexuels, commis sur des enfants, parfois aussi sur des personnes majeures, des actes qui constituent une profanation de l’innocence et une trahison grave de la mission confiée. Oui, un crime. Un crime réel, odieux, qui appelle la justice et la réparation. Mais ce que beaucoup ont choisi de faire, ce n’est pas de dénoncer ce crime avec rigueur et vérité, c’est de l’instrumentaliser pour salir une institution entière, pour jeter l’opprobre sur des milliers de prêtres qui n’ont rien à se reprocher.

Il faut le redire avec force : l’immense majorité des prêtres est sans tache ( 97%) . Ils servent dans l’ombre, ils accompagnent, ils portent les souffrances des autres, loin des plateaux et des tribunaux médiatiques. Et pourtant, ils ont été collectivement accusés, humiliés, soupçonnés. Pourquoi ? Parce que certains ont vu dans cette horreur une opportunité.Une opportunité politique. Une opportunité idéologique. Une opportunité de destruction.

Trop nombreux sont ceux qui se sont réjouis de pouvoir accabler l’Église tout entière. Trop nombreux sont ceux qui ont entretenu sciemment l’amalgame entre des actes criminels individuels et la nature même de l’Église. Ce n’était pas une erreur, c’était une volonté.

Et par ricochet, ce sont aussi des institutions catholiques entières qui ont été éclaboussées. Écoles, œuvres, associations, communautés, dans leur immense majorité exemplaires, ont été injustement soupçonnées. Là encore, l’occasion était trop belle : salir un enseignement, discréditer des valeurs, fragiliser une vision de l’homme et de la société. Derrière l’émotion légitime, certains ont tenté d’aller plus loin, jusqu’à vouloir atteindre le christianisme lui-même, ses fondements, sa morale, son exigence.Et pendant que l’on pointait du doigt les prêtres, pendant que l’on construisait un procès global, certaines réalités, elles, restaient soigneusement dans l’ombre.

À Paris, notamment.

Car aujourd’hui, les langues se délient à grande vitesse. Des témoignages émergent, des faits remontent, des systèmes anciens apparaissent au grand jour. Et la question devient brûlante : qui savait ? Qui a laissé faire ? Qui s’est tu ? Et surtout, qui ose encore se présenter devant les électeurs comme si de rien n’était ?

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Car enfin, où étaient ces mêmes donneurs de leçons lorsque des dérives systémiques se développaient au cœur même de certaines institutions parisiennes ? Où étaient-ils lorsque des signaux faibles s’accumulaient ? Où étaient-ils lorsque le silence était la règle ? Pourquoi cette sélectivité dans l’indignation ?

Pourquoi cette obsession à accuser l’Église dans son ensemble, tout en refusant de regarder ce qui se passait à quelques mètres, dans des structures bien connues, depuis des années ? La vérité est simple, et elle dérange : le problème n’est pas l’Église en tant que telle. Le problème est la déviance humaine. Le problème est celui d’adultes qui trahissent leur mission, qui pervertissent leur rapport à l’enfance, à la pureté, à l’innocence. Et ce problème traverse toute la société.Mais certains ont préféré instrumentaliser un crime pour imposer leur agenda. À l’intérieur même de l’Église, on s’est appuyé sur cette horreur pour tenter de justifier des « réformes », des « modernisations », qui ne sont en réalité que des tentatives de dénaturation du sacerdoce et de la nature même de l’Église. Comme si le mal venait de l’institution, et non du cœur humain blessé par le péché.

C’est faux. Et c’est dangereux.

Alors oui, honte à vous. Honte à vous qui avez entretenu l’amalgame. Honte à vous qui avez sali des milliers de prêtres innocents. Honte à vous qui avez utilisé la souffrance des victimes pour attaquer l’Église. Et honte à vous qui, aujourd’hui encore, gardez le silence sur des réalités locales, concrètes, connues, parce qu’elles vous concernent directement. Les langues se délient. La vérité remonte. Et elle ne pourra pas être étouffée indéfiniment. L’Église, elle, doit faire toute la lumière en son sein, avec justice et rigueur. Mais la société dans son ensemble doit avoir le même courage. Sinon, ce n’est pas la vérité que l’on cherche. C’est une cible.

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