Le Saint-Siège a annoncé ce 23 mars 2026 une nouvelle avancée significative dans plusieurs causes de béatification et de canonisation. Au cours d’une audience accordée au cardinal Marcello Semeraro, préfet du Dicastère pour les causes des saints, le pape Léon XIV a autorisé la promulgation de plusieurs décrets reconnaissant soit l’offrande de la vie, soit les vertus héroïques de six serviteurs et servantes de Dieu. Ces décisions, qui jalonnent le long chemin vers la reconnaissance officielle de la sainteté, mettent en lumière des figures très diverses, évêque, prêtre, religieuses et laïc, toutes unies par une fidélité remarquable au Christ dans des contextes historiques variés.
Parmi les décrets promulgués figure celui concernant l’offrande de la vie du Serviteur de Dieu Ludovico Altieri, évêque d’Albano et cardinal de la Sainte Église romaine. Né à Rome le 17 juillet 1805, il fut une figure importante de l’Église du XIXe siècle. Issu d’une famille noble, il embrassa très tôt la carrière ecclésiastique, se distinguant par son sens du devoir et sa proximité pastorale. Créé cardinal, il fut appelé à exercer des responsabilités importantes au sein de l’Église. Sa mort, survenue le 11 août 1867 à Albano Laziale, est désormais reconnue sous l’angle de l’offrande de la vie, catégorie qui désigne ceux qui ont librement accepté une mort certaine par charité.Le décret reconnaissant les vertus héroïques du Serviteur de Dieu Edoardo Giuseppe Flanagan met en lumière une figure sacerdotale marquée par la charité sociale. Né en Irlande le 13 juillet 1886, il émigra aux États-Unis où il fonda la « Boys Town », destinée à accueillir les enfants abandonnés ou en difficulté. Convaincu qu’aucun enfant n’est mauvais, il consacra sa vie à leur redonner dignité et avenir. Il mourut à Berlin le 15 mai 1948 alors qu’il poursuivait son œuvre au lendemain de la guerre.
Le décret concernant les vertus héroïques du Serviteur de Dieu Henri Caffarel met en lumière une grande figure du catholicisme français du XXe siècle.
Né à Lyon le 30 juillet 1903, le père Henri Caffarel, de son nom complet Henri Auguste Caffarel, fut d’abord étudiant en droit avant de devoir interrompre ses études pour des raisons de santé. Ordonné prêtre à Paris le 19 avril 1930, il s’engagea très tôt dans l’accompagnement spirituel des laïcs, notamment au sein de la Jeunesse ouvrière catholique puis dans les œuvres liées aux médias catholiques.
Dans les années précédant la Seconde Guerre mondiale, il se consacra à la prédication de retraites spirituelles, en particulier auprès des jeunes, développant déjà une intuition forte, celle d’une vie chrétienne enracinée dans la prière et vécue au cœur du monde.
Cette intuition trouva une expression décisive le 25 février 1939 avec la naissance des Équipes Notre-Dame, fondées pour soutenir les couples dans leur vocation conjugale. Ce mouvement, aujourd’hui présent dans plus de 90 pays, constitue l’une des grandes œuvres apostoliques du XXe siècle en faveur du mariage chrétien. Le père Henri Caffarel ne cessa d’approfondir cette mission. En 1947, il publia la charte fondatrice des Équipes Notre-Dame, donnant un cadre spirituel exigeant et structuré aux couples. En 1945, il avait également fondé la revue L’Anneau d’Or, consacrée à la spiritualité conjugale et familiale, qui connut une large diffusion. Soucieux de préparer les jeunes au mariage, il participa aussi à la création du Centre de préparation au mariage en 1956.
Parallèlement, il développa une intense réflexion sur la prière intérieure. À partir de 1957, il lança les Cahiers sur l’oraison et proposa des parcours spirituels accessibles, convaincu que la rencontre personnelle avec Dieu est la source de toute vie chrétienne authentique. À Troussures, où il se retira progressivement, il anima de nombreuses semaines de prière, faisant de ce lieu un centre spirituel fécond.
En 1973, il transmit la responsabilité des Équipes Notre-Dame à des couples, dans un esprit profondément ecclésial, avant de se consacrer davantage à la prière. Il s’éteignit le 18 septembre 1996 à Beauvais, après une longue vie marquée par une fidélité constante à sa mission. Lors de ses funérailles, le cardinal Lustiger évoqua en lui une figure prophétique pour le XXe siècle, soulignant la portée spirituelle de son œuvre. Sa cause de béatification, ouverte en 2006, a désormais franchi l’étape diocésaine.
Par ailleurs, le décret concernant les vertus héroïques de Stanislava Samulowska, religieuse de la Compagnie des Filles de la Charité de saint Vincent de Paul, met en avant une vie donnée dans le service humble. Née le 30 janvier 1865 en actuelle Pologne, elle se consacra aux plus pauvres dans la spiritualité vincentienne. Elle mourut le 6 décembre 1950 à Guatemala City après une vie missionnaire. La Servante de Dieu Maria di Betlemme del Cuore di Gesù Romero Algarín, religieuse espagnole, voit elle aussi ses vertus héroïques reconnues. Née à Séville le 7 octobre 1916, elle entra dans la congrégation des Ancelles du Divin Cœur. Sa vie, marquée par la discrétion et l’offrande intérieure, témoigne de la fécondité des existences cachées. Elle s’éteignit le 12 novembre 1977 à Sanlúcar la Mayor.
Enfin, le décret concernant Giuseppe Castagnetti souligne la vocation universelle à la sainteté. Né le 15 mars 1909 à Montebaranzone, il vécut comme fidèle laïc, époux et père de famille. Dans la simplicité de la vie quotidienne, il témoigna d’une foi solide et d’un engagement familial exemplaire. Il mourut le 22 juin 1965 dans sa ville natale.
Par ces décrets, le pape Léon XIV rappelle la diversité des chemins de sainteté dans l’Église. Évêque, prêtre, religieuse ou laïc, tous sont appelés à vivre l’Évangile dans les réalités concrètes de leur existence. L’Église propose ainsi ces figures comme des modèles, rappelant que la sainteté demeure une possibilité réelle offerte à tous.


