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RDC : les évêques alertent sur l’insécurité et appellent à préserver l’ordre constitutionnel

Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), réunis en assemblée plénière à Kinshasa - DR
Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), réunis en assemblée plénière à Kinshasa - DR
Face à la dégradation sécuritaire et aux tensions politiques, l’Église catholique congolaise met en garde contre toute réforme institutionnelle précipitée et insiste sur l’urgence de restaurer la paix et l’unité nationale

Les évêques de la République démocratique du Congo expriment leur inquiétude face à la situation actuelle du pays, marquée par une insécurité persistante et des divisions politiques profondes. Réunis en assemblée plénière extraordinaire à Kinshasa du 23 au 25 mars, ils ont rappelé, par la voix de Monseigneur Donatien Nshole, que les conditions ne sont pas réunies pour engager une révision de la Constitution : « Il est dangereux de réviser la Constitution à l’heure actuelle, car il n’y a ni consensus entre les parties ni conditions de sécurité », a-t-il déclaré.

Dans l’est du pays, la situation demeure particulièrement préoccupante. Les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu sont le théâtre de violences récurrentes, notamment en raison de l’action de groupes armés, parmi lesquels le mouvement M23, accusé d’être soutenu par le Rwanda. Les affrontements, les déplacements massifs de populations et l’insécurité généralisée plongent de larges zones dans une instabilité durable, tandis que les autorités peinent à rétablir un contrôle effectif du territoire. C’est dans ce contexte que le débat sur une éventuelle réforme de la Constitution de 2006 s’intensifie. Le pouvoir en place estime nécessaire d’adapter les institutions aux réalités actuelles du pays, tandis que l’opposition et de nombreux acteurs civiques redoutent une remise en cause de l’équilibre démocratique, notamment en ce qui concerne la limitation des mandats présidentiels.

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L’Église catholique, à travers la Conférence épiscopale nationale du Congo, se situe dans une position d’alerte et de vigilance. Elle ne conteste pas le principe même d’une révision constitutionnelle, prévu par les textes, mais elle souligne que les circonstances actuelles rendent une telle initiative inopportune. Les évêques insistent sur l’absence de consensus national et sur un climat sécuritaire qui ne permet pas un débat libre et apaisé. Dans leur message, ils appellent à la construction d’un pacte social fondé sur la paix et la coexistence pacifique. Ils rappellent que la priorité doit être donnée à la protection des populations, à la stabilisation du pays et au renforcement de la cohésion nationale.

L’Église catholique en République démocratique du Congo occupe une place centrale dans la vie sociale et politique. Forte d’un large réseau de diocèses, d’écoles, d’hôpitaux et d’organisations caritatives, elle constitue l’une des institutions les plus structurées du pays. Elle joue régulièrement un rôle de médiation dans les crises politiques et s’exprime publiquement sur les grandes questions nationales, en se présentant comme une voix morale attentive au bien commun. Dans la situation actuelle, les évêques entendent ainsi rappeler les exigences de responsabilité, de prudence et de justice, estimant que toute évolution institutionnelle doit s’inscrire dans un cadre de paix véritable et de respect des équilibres fondamentaux.

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