Sur le parvis de l’église Sainte-Dévote, le pape Léon XIV a rencontré les jeunes et les catéchumènes dans le cadre de son voyage apostolique en Principauté de Monaco. Dans un discours à la tonalité à la fois pastorale et ferme, le Saint-Père a inscrit son propos dans la continuité de la tradition chrétienne en s’appuyant sur l’exemple des saints. Evoquant la figure de sainte Dévote, jeune martyre dont le témoignage demeure vivant malgré les tentatives pour l’effacer, il a déclaré qu’ « ils voulaient l’anéantir, effacer tout souvenir d’elle, mais au contraire son sacrifice a porté encore plus loin le message de paix et d’amour de l’Évangile ».
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À travers cet exemple, il a rappelé que le bien demeure plus fort que le mal, même lorsque celui-ci semble triompher à court terme. Le pape a également cité saint Carlo Acutis, figure contemporaine de sainteté, soulignant la continuité du témoignage chrétien à travers les époques, y compris dans les réalités modernes comme le monde numérique. Il a insisté sur le fait que la foi, bien qu’éprouvée, conserve toute sa beauté et sa vérité, comme en témoigne le nombre croissant de personnes demandant le baptême.
🇻🇦🇲🇨 Visite du pape Léon XIV
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🔴 Réaction exclusive de Stéphane Bern pour Tribune Chrétienne : " la visite du pape Léon XIV est une journée historique à marquer d’une pierre blanche" @bernstephane #LéonXIV #Monaco pic.twitter.com/fSrecrHH8m
Dans une analyse très lucide de la société actuelle, le pape Léon XIV a décrit un monde caractérisé par l’instabilité et la recherche constante de nouveauté, affirmant que « nous vivons dans un monde qui semble toujours pressé, avide de nouveautés, qui cultive une fluidité sans attaches ». Il a mis en garde contre une culture du changement permanent qui affecte non seulement les comportements mais aussi l’identité des personnes.
Face à ce constat, il a proposé une réponse enracinée dans la tradition chrétienne en rappelant que « ce qui donne de la solidité à la vie, c’est l’amour ». Cet amour, a-t-il précisé, ne peut être réduit à un sentiment passager, mais implique fidélité, constance et sacrifice quotidien. Il a souligné que seule cette expérience permet de combler le vide intérieur et d’apporter une véritable paix. Le Saint-Père a ensuite insisté sur la nécessité de la vie intérieure, appelant à retrouver des espaces de silence et de prière. Il a déclaré que « tout cela […] a besoin de la prière, de moments de silence, d’écoute, pour faire taire la frénésie de l’action », dénonçant implicitement une vie dominée par les sollicitations permanentes, notamment numériques. Il a rappelé l’importance de l’Eucharistie, reprenant les mots de Carlo Acutis qui la définissait comme « une autoroute vers le Ciel ».
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Répondant aux interrogations des jeunes, il a développé une réflexion sur le témoignage chrétien, soulignant qu’il ne repose pas sur les seules forces humaines mais sur l’action de Dieu. Citant l’Évangile, il a rappelé que « ce n’est pas vous qui parlez, mais c’est l’Esprit de votre Père qui parle en vous ». Il a ainsi affirmé que les paroles et les gestes de charité trouvent leur source dans une relation vivante avec Dieu, et non dans une simple initiative personnelle.
Le pape a également éclairé la célèbre formule de saint Augustin « aime et fais ce que tu veux », en précisant qu’elle suppose un amour véritable, orienté vers Dieu et vers les autres, et non une liberté détachée de toute exigence morale.
Le Saint Père salue la foule #LeonXIV #Monaco pic.twitter.com/Tv7DtXIiLL
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Le moment central de son discours a été marqué par un appel direct et sans réserve adressé à la jeunesse, déclarant « chers jeunes, n’ayez pas peur de tout donner, votre temps, vos énergies, à Dieu et à vos frères ». Il a insisté sur le fait que le don total de soi est la condition d’une vie pleinement accomplie, ajoutant que « c’est ainsi seulement que vous trouverez une saveur toujours nouvelle et un sens toujours plus profond à la vie ». Enfin, le pape Léon XIV a invité les jeunes à porter l’Évangile dans tous les aspects de leur existence, y compris dans leur engagement social et politique. Il a décrit Monaco comme un lieu pouvant devenir « un grand laboratoire de solidarité », appelant à une attention concrète envers les plus fragiles et à une responsabilité chrétienne dans la société.À travers ce discours, le Saint-Père a proposé une vision claire et exigeante de la vie chrétienne, fondée sur la fidélité, la prière et le don de soi. Dans un contexte marqué par les incertitudes et les dérives contemporaines, il a rappelé que la foi ne peut se vivre à moitié, mais qu’elle engage toute l’existence.
VOYAGE APOSTOLIQUE DE SA SAINTETÉ LE PAPE LÉON XIV
EN PRINCIPAUTÉ DE MONACO
RENCONTRE AVEC LES JEUNES ET LES CATÉCHUMÈNES
DISCOURS DU SAINT-PÈRE
Parvis de l’église Sainte-Dévote
Samedi 28 mars 2026
Chers frères et sœurs,
très chers jeunes ! Chers amis, bonjour !
Je suis heureux d’être ici avec vous et je vous salue de tout cœur. Je remercie Monseigneur l’archevêque pour les paroles qu’il m’a adressées.
Comme il l’a souligné, l’église dans laquelle nous nous trouvons est dédiée à sainte Dévote, Patronne de la Principauté de Monaco : une jeune fille courageuse, qui a su témoigner de sa foi jusqu’au martyre face à la violence de ses persécuteurs. Son corps est arrivé providentiellement jusqu’ici depuis la Corse, sur ce qui est aujourd’hui la côte monégasque. Ils voulaient l’anéantir, effacer tout souvenir d’elle, mais au contraire son sacrifice a porté encore plus loin le message de paix et d’amour de l’Évangile. Cela nous fait réfléchir au fait que le bien est plus fort que le mal, même lorsque, parfois, il semble dans l’immédiat avoir le dessous. Mais ce n’est pas tout : cela nous rappelle aussi que le témoignage de la foi est une semence qui peut atteindre et féconder des cœurs et des lieux éloignés, bien au-delà de nos propres attentes et possibilités.
Dans cette église, la mémoire de saint Carlo Acutis, un autre jeune épris de Jésus, s’est jointe récemment à celle de la sainte martyre Dévote. Il est resté fidèle à son amitié avec le Christ jusqu’à la fin, en des temps et des circonstances très différents : dans la charité, dans l’apostolat sur le web, dont il est vénéré comme Patron, et enfin dans la maladie.
Très chers jeunes, ces deux saints nous encouragent et nous poussent à les imiter. Aujourd’hui encore, comme cela a été rappelé, la foi rencontre des défis et des obstacles, mais rien ne peut en ternir la beauté et la vérité. Les hommes et les femmes de tous âges qui, de plus en plus nombreux, désirent connaître le Seigneur et demandent le baptême, en témoignent.
Vous avez parlé de tout cela dans vos témoignages. Benjamin, que je remercie pour ce qu’il a partagé, demande comment faire pour ne pas se laisser entraîner loin de soi-même, des autres et de Dieu par les distractions d’un monde – le nôtre – en constante mutation. Sa question est importante, et elle touche à un aspect fondamental de la vie chrétienne : la vitalité de la relation avec le Christ et, à travers elle, le sentiment d’unité qui se crée en nous-mêmes et avec les autres. À ce sujet, un grand formateur de jeunes a dit que « la racine de l’unité de vie se trouve dans le cœur, […] c’est une affaire de cœur, c’est un don de Dieu, qu’il faut demander avec humilité » (C.M. Martini, Da Betlemme al cuore dell’uomo, Edizioni Terra Santa, 2013).
Les époques moderne et postmoderne nous ont enrichis de nombreuses choses positives qui nous offrent des opportunités et des possibilités, jusque-là inconnues à bien des égards : du domaine culturel à celui de la médecine et de la santé, du domaine technique à celui de la communication. Elles nous confrontent cependant aussi à de grands défis que nous ne pouvons pas ignorer et que nous devons affronter avec lucidité et conscience. Comme l’a dit Benjamin, nous vivons dans un monde qui semble toujours pressé, avide de nouveautés, qui cultive une fluidité sans attaches, marqué par un besoin presque compulsif de changements constants : dans les modes, l’apparence, les relations, les idées et même dans les dimensions de la personne qui constituent son identité même.
Mais ce qui donne de la solidité à la vie, c’est l’amour : l’expérience fondamentale de l’amour de Dieu avant tout, puis, par ricochet, l’expérience éclairante et sacrée de l’amour mutuel. Si d’un côté s’aimer demande d’être ouvert à la croissance et donc au changement, cela exige d’un autre côté de la fidélité, de la constance et une disposition au sacrifice quotidien. C’est seulement de cette manière que l’inquiétude trouve la paix – nous aussi nous désirons la paix !– et que le vide intérieur dont parlait Andreia est comblé, non pas par des choses matérielles et éphémères, ni même par des marques d’approbation virtuelles que sont des milliers de like, ni par des appartenances contraignantes, artificielles, voire parfois violentes. Il est nécessaire de débarrasser la porte du cœur de toutes ces choses afin que l’air sain et oxygénant de la grâce revienne en rafraîchir et revitaliser les pièces, et que le vent puissant du Saint-Esprit recommence à gonfler les voiles de notre existence, en la poussant vers le vrai bonheur.
Tout cela, chers amis, a besoin de la prière, de moments de silence, d’écoute, pour faire taire la frénésie de l’action et de la parole, des messages, des reels, des chats, et pour approfondir et savourer la beauté d’être véritablement et concrètement ensemble. À ce propos, saint Carlo Acutis parlait de l’Eucharistie comme d’une “autoroute vers le Ciel” et de l’adoration eucharistique comme d’un bain de soleil, capable de faire bronzer l’âme.
Il pourrait y avoir ici une réponse à la question posée par Ethan concernant l’ultime préparation au baptême, la nuit de Pâques : vivre la Semaine Sainte en contemplant le mystère de la Passion, dans un climat d’écoute de la voix de l’Esprit et de ce qui se passe dans le cœur, en faisant de ce temps l’occasion d’un examen serein et profond de sa vie, passée et présente.
Et si cela vaut pour la vie spirituelle et la prière, il en va de même pour la pratique de la charité. Ethan demandait comment nous pouvons témoigner du don de la vie que nous recevons dans le Christ ; et Sophie demandait comment être des témoins d’espérance pour ceux qui, marqués par la souffrance, risquent de perdre la lumière et le réconfort de la foi. Face aux défis, Jésus nous a recommandé : « Ne vous inquiétez pas de savoir ce que vous direz ni comment vous le direz […]. Ce n’est pas vous qui parlez, mais c’est l’Esprit de votre Père qui parle en vous » (Mt 10, 19-20). Il faisait référence aux persécutions endurées pour l’Évangile, mais nous pouvons appliquer ses paroles à toutes les circonstances où la charité nous demande d’affronter une épreuve importante pour nous-mêmes et pour les autres. Les paroles et les gestes de témoignage et d’espérance ne s’improvisent pas, et nous ne les donnons pas de nous-mêmes. Ils viennent d’une relation profonde avec Dieu, dans laquelle nous trouvons les réponses fondamentales de la vie. Si le canal de son action est ouvert en nous, et s’il y a réciprocité, alors nous faisons de cette relation d’amour un don commun et partagé, et nous pouvons avoir confiance que les paroles justes et la force nécessaire pour agir viendront, au moment opportun.
On peut interpréter en ce sens cette phrase magnifique, mais parfois mal comprise, de saint Augustin : « Aime et fais ce que tu veux » (In litteram Ioannis ad Parthos, 7, 8). Aime, c’est-à-dire sois un don gratuit pour Dieu et pour les autres ; sois proche, ne t’éloigne pas, même lorsque tu ne peux pas résoudre tous les problèmes ni régler toutes les difficultés. Reste, avec amour et avec foi. Monaco est un pays magnifique, mais c’est toi qui en apportes la véritable beauté, quand tu sais regarder dans les yeux ceux qui souffrent ou ceux qui se sentent invisibles dans les lumières de la ville.
C’est ainsi que sainte Dévote a trouvé la force de donner sa vie jusqu’au bout, et c’est ainsi que saint Carlo Acutis a vécu son chemin de sainteté, laissant un sillage de lumière même dans le monde du web.
Chers jeunes, n’ayez pas peur de tout donner, votre temps, vos énergies, à Dieu et à vos frères ; de vous dépenser sans compter pour le Seigneur et pour les autres. C’est ainsi seulement que vous trouverez une saveur toujours nouvelle et un sens toujours plus profond à la vie. Le monde a besoin de votre témoignage pour surmonter les dérives de notre époque et en affronter les défis, et surtout pour redécouvrir la douce saveur de l’amour de Dieu et du prochain.
À vous, jeunes catéchumènes, qui vous préparez au baptême, et à vous qui avez déjà reçu ce don de grâce, j’adresse mes vœux les plus chaleureux : puissiez-vous vivre dans le Christ une vie pleine et authentique. Puissiez-vous être, pour le bien de tous, dans la foi, l’espérance, la justice et la charité, des artisans de paix. Vous êtes le visage jeune de cette Église et de cet État. Monaco est un petit pays, mais il peut être un grand laboratoire de solidarité, une fenêtre d’espérance. Portez l’Évangile dans vos choix professionnels, dans votre engagement social et politique, pour donner la parole à ceux qui ne l’ont pas, en diffusant la culture de l’attention aux autres. Vivez tout comme une mission et faites de toute chose un don à Dieu qui vous veut les uns pour les autres amis dans le Christ, et fidèles compagnons de route.
Je vous confie à l’intercession de Marie notre Mère, de sainte Dévote et de saint Carlo Acutis. Et je vous donne de tout cœur ma bénédiction. »
Source Vatican


