Dans sa courte déclaration, le chef spirituel tibétain exprime explicitement son soutien au Saint Père : « J’apporte de tout cœur mon soutien à l’appel puissant en faveur de la paix lancé par le Saint-Père », saluant notamment « l’appel à déposer les armes et à renoncer à la violence ». Le texte met en avant une approche universelle des traditions religieuses. Le Dalaï Lama y affirme que celles-ci enseignent « l’amour, la compassion, la tolérance et la discipline personnelle », et que « la violence n’a pas sa place dans ces enseignements ». Il insiste également sur le fait que « la violence engendre seulement davantage de violence et ne constitue jamais un fondement durable pour la paix ».Dans cette perspective, il appelle à une résolution des conflits fondée sur « le dialogue, la diplomatie et le respect mutuel », évoquant notamment les crises au Moyen-Orient et entre la Russie et l’Ukraine. Il rappelle enfin qu’« au niveau le plus profond, nous sommes tous frères et sœurs », inscrivant son propos dans une vision de fraternité universelle.
Si cette lecture souligne des convergences éthiques réelles, elle appelle cependant une clarification sur le plan doctrinal. La foi chrétienne ne se limite pas à un corpus moral. Elle repose sur la révélation d’un Dieu personnel, créateur et sauveur, qui se manifeste dans l’histoire par l’Incarnation du Christ. Le salut y est compris comme une participation à la vie divine, offerte à l’homme. De son coté, la philosophie bouddhiste, s’inscrit dans une perspective différente. Elle ne repose pas sur la reconnaissance d’un Dieu créateur personnel, mais sur une analyse de la condition humaine marquée par la souffrance, dont la cause réside dans le désir. Le chemin proposé vise l’extinction de cet attachement et conduit au nirvana, compris comme libération.
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La notion de compassion, centrale dans les deux traditions, illustre à la fois un point de rencontre et une différence de fond. Dans le christianisme, elle découle de l’amour de Dieu révélé en Jésus-Christ et s’inscrit dans une relation personnelle. Dans le bouddhisme, elle procède d’une compréhension de la souffrance universelle et de l’interdépendance des êtres.
Ainsi, le message du Dalaï Lama met en lumière une convergence sur le plan moral, notamment dans le rejet de la violence et l’appel à la paix. Mais cette convergence s’inscrit dans des cadres doctrinaux très distincts, qui engagent des visions différentes de l’homme, du salut et du divin.
Texte intégral du Dalaï Lama (traduction française Tribune Chrétienne )
« « J’apporte de tout cœur mon soutien à l’appel puissant en faveur de la paix lancé par le Saint-Père, le pape Léon, lors de sa messe du dimanche des Rameaux. Son appel à déposer les armes et à renoncer à la violence a profondément résonné en moi, car il exprime l’essence même de ce qu’enseignent toutes les grandes religions.
En effet, que l’on considère le christianisme, le bouddhisme, l’islam, l’hindouisme, le judaïsme ou toute autre grande tradition spirituelle du monde, le message est fondamentalement le même : l’amour, la compassion, la tolérance et la discipline personnelle. La violence n’a pas sa place dans ces enseignements. L’histoire nous a montré à maintes reprises que la violence engendre seulement davantage de violence et ne constitue jamais un fondement durable pour la paix.
Une résolution durable des conflits, y compris ceux que nous voyons au Moyen-Orient ou entre la Russie et l’Ukraine, doit être enracinée dans le dialogue, la diplomatie et le respect mutuel, en étant guidée par la compréhension qu’au niveau le plus profond, nous sommes tous frères et sœurs.
J’exhorte et je prie pour que la violence et les conflits prennent bientôt fin. »
31 mars 2026″
Source compte X officiel du Dalaï Lama


