À Brindisi, dans le sud de l’Italie, un événement suscite une profonde inquiétude parmi de nombreux fidèles catholiques. Ce mercredi 15 avril 2026, la paroisse Saint-Laurent, située dans le quartier Sant’Elia, ouvre ses portes à une initiative pour le moins troublante, un imam y est invité à prendre la parole depuis la chaire même de l’église pour présenter l’islam aux paroissiens. L’évêque du diocèse de Brindisi-Ostuni, Giovanni Intini, ne se contente pas d’y assister. Il est officiellement associé à la rencontre et doit en prononcer la conclusion, manifestant ainsi son soutien explicite à cette initiative.
Selon les informations diffusées par le diocèse, cette rencontre s’inscrit dans une démarche de dialogue interreligieux. Intitulée « Connais-tu l’islam ? », elle entend favoriser une meilleure compréhension entre catholiques et musulmans.
L’imam Khaled Bouchelaghem, représentant de la communauté islamique locale, est ainsi chargé d’exposer les fondements de sa religion aux fidèles catholiques rassemblés dans l’église. Mais derrière cette volonté affichée de dialogue, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer une confusion grave des missions. Car il ne s’agit pas ici d’un échange équilibré, mais bien d’une prise de parole unilatérale, depuis un lieu consacré, où la foi catholique est censée être annoncée, transmise et défendue.
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Le trouble est d’autant plus grand que cet événement s’inscrit dans une continuité. L’an dernier déjà, une paroisse de Brindisi avait accueilli un repas de rupture du jeûne du Ramadan à l’intérieur même d’une église. Ce précédent apparaissait comme un premier signe d’une ouverture sans discernement. Aujourd’hui, un nouveau seuil est franchi, celui de l’enseignement religieux islamique au sein même d’une structure ecclésiale. Le choix de la paroisse Saint-Laurent n’est pas anodin. Ce lieu, marqué par l’histoire chrétienne, porte le nom d’un saint lié à la défense de la foi face à l’expansion ottomane. Voir aujourd’hui cette église devenir le cadre d’une présentation de l’islam suscite une profonde incompréhension chez de nombreux fidèles attachés à l’héritage spirituel de l’Église.
La présence active de l’évêque renforce encore le malaise. En cautionnant une telle initiative, il semble valider une approche du dialogue interreligieux où la proclamation de la foi catholique s’efface au profit d’un discours d’ouverture devenu, pour certains, une fin en soi.
Certains observateurs s’interrogent alors, que reste-t-il de la mission première de l’Église, celle d’annoncer Jésus-Christ comme unique Sauveur, lorsque ses propres lieux de culte deviennent des tribunes offertes à d’autres religions ? Le risque évoqué est celui d’un « prosélytisme inversé », où les fidèles ne sont plus formés dans leur foi, mais exposés à une autre doctrine, sans mise en perspective claire.
Ajoutons que la question de la réciprocité est également soulevée. Dans de nombreux pays à majorité musulmane, il serait impensable pour un prêtre de venir enseigner la foi chrétienne dans une mosquée. Pourquoi une telle asymétrie semble-t-elle aujourd’hui acceptée dans certains diocèses européens ?


