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Un archevêque excommunié accuse : Monseigneur Carlo Maria Viganò affirme que Hillary Clinton a provoqué la démission de Benoît XVI

Benoit XVI ( Depositphotos)  - Hillary Clinton - DR
Benoit XVI ( Depositphotos) - Hillary Clinton - DR
Monseigneur Viganò développe une critique de fond, celle d’une Église qu’il estime de plus en plus exposée au risque de politisation

Excommunié pour schisme en 2024, l’ancien nonce apostolique Carlo Maria Viganò relance une thèse explosive : selon lui, Hillary Clinton et John Podesta auraient exercé une pression décisive sur Benoît XVI via un blocage des opérations bancaires du Vatican. Une accusation grave, dans un contexte de tensions persistantes entre l’Église et le pouvoir politique américain. Dans une déclaration publiée le 18 avril 2026, Mgr Carlo Maria Viganò, ancien nonce apostolique aux États-Unis aujourd’hui en rupture officielle avec Rome, a ravivé une controverse majeure autour des circonstances de la renonciation de Benoît XVI en 2013.

Selon lui, cette décision historique n’aurait pas été uniquement motivée par des raisons internes à l’Église, mais aurait été favorisée par des pressions extérieures, notamment politiques et financières. Au cœur de ses accusations figure un épisode bien connu mais jamais pleinement élucidé, le blocage temporaire des distributeurs automatiques du Vatican au début de l’année 2013. Mgr Viganò affirme que cette interruption des transactions bancaires, liée au réseau international SWIFT, aurait été provoquée sous l’influence de Hillary Clinton et de John Podesta. Cette situation aurait placé le Saint-Siège dans une position de fragilité financière telle qu’elle aurait contribué à accélérer la décision de Benoît XVI de renoncer à sa charge.

Aucune preuve nouvelle n’est toutefois apportée dans cette déclaration, qui reprend des hypothèses déjà évoquées par certains observateurs au fil des années.

Ces propos s’inscrivent dans une critique plus large développée par l’archevêque à l’encontre de l’évolution récente de l’Église. Monseigneur Viganò dénonce une imbrication croissante entre certaines autorités ecclésiastiques et des agendas politiques internationaux. Il évoque notamment les relations entre le Vatican et les administrations démocrates américaines, mais aussi l’influence de réseaux idéologiques qu’il juge incompatibles avec la mission spirituelle de l’Église.

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Dans cette perspective, il met également en cause des figures comme Theodore McCarrick, dont le rôle dans les relations entre Washington et Rome a été largement documenté. Les déclarations de Mgr Viganò interviennent alors que des tensions sont perceptibles entre le Vatican et l’administration de Donald Trump. Le pape Léon XIV, a récemment affirmé ne pas craindre le pouvoir politique et vouloir annoncer « avec courage » le message de l’Évangile.Mais pour l’ancien nonce, cette affirmation contraste avec ce qu’il décrit comme des silences ou des prudences passées face à d’autres administrations, en particulier lorsque celles-ci entretenaient des relations étroites avec certaines institutions catholiques.

Au-delà des personnes, Mgr Viganò développe une critique de fond, celle d’une Église qu’il estime de plus en plus exposée au risque de politisation.Il rejoint, sur ce point, certaines remarques formulées par Donald Trump lui-même, appelant le pape à se concentrer sur sa mission spirituelle. Excommunié pour schisme, Mgr Viganò reste une figure clivante dans le monde catholique. Ses prises de position sont rejetées par les autorités romaines, mais continuent de trouver un écho auprès de certains fidèles. Ses accusations concernant Benoît XVI, en l’absence d’éléments nouveaux vérifiables, devront être examinées avec une grande prudence. Elles n’en soulèvent pas moins une question sensible, celle de la liberté de l’Église dans un monde marqué par de fortes pressions politiques et économiques.

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