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« Une atteinte à la dignité religieuse » : Le cardinal Pizzaballa dénonce la profanation d’une statue du Christ au Liban

cardinal Pierbattista Pizzaballa - DR
cardinal Pierbattista Pizzaballa - DR
L'Assemblée appelle à « des mesures disciplinaires immédiates et décisives », ainsi qu’à « un processus crédible de responsabilisation ».

La profanation d’une statue du Christ crucifié dans un village du sud du Liban a suscité une vive réaction des autorités catholiques locales. Dans une déclaration rendue publique le 20 avril 2026 à Jérusalem, l’Assemblée des Ordinaires catholiques de Terre Sainte exprime « sa profonde indignation et sa condamnation sans réserve » face à cet acte attribué à un soldat israélien. Ce geste s’inscrit dans une série d’incidents signalés ces derniers mois dans le sud du Liban, où des symboles chrétiens auraient été dégradés. Les évêques dénoncent « une grave offense à la foi chrétienne » et y voient le signe d’« une défaillance inquiétante dans la formation morale et humaine », soulignant que « même le respect le plus élémentaire du sacré et de la dignité d’autrui a été gravement compromis ».

Dans un contexte régional marqué par les affrontements continus entre Israël et le Hezbollah, et plus largement par l’instabilité chronique du Liban, cet événement ravive les inquiétudes des communautés chrétiennes locales, déjà fragilisées par l’exode et les difficultés économiques. Les Ordinaires catholiques rappellent que ces atteintes ne sont pas isolées et qu’elles contribuent à nourrir un climat de défiance et de peur.

Face à cette situation, l’Assemblée appelle à « des mesures disciplinaires immédiates et décisives », ainsi qu’à « un processus crédible de responsabilisation ». Elle demande également des garanties claires afin que « de tels comportements ne soient ni tolérés ni répétés ».

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Cependant, au-delà de la dénonciation, le texte s’inscrit dans une perspective religieuse. Les évêques précisent que « la Croix demeure inattaquable dans sa signification », citant saint Paul : « loin de moi la gloire, sinon dans la Croix de notre Seigneur Jésus Christ » (Ga 6,14). Ils rappellent que pour les fidèles catholiques , « la Croix demeure une source de dignité, d’espérance et de rédemption, et un appel à surmonter la violence par l’amour sacrificiel ». La déclaration évoque également les paroles du pape Léon XIV, selon lesquelles la paix véritable ne peut naître de la violence, mais doit être « désarmée », une paix qui invite à « remettre l’épée au fourreau ». Dans cette ligne, les Ordinaires catholiques réitèrent leur appel à mettre fin à un conflit qui « tourmente cette région depuis trop longtemps ».

Enfin, le texte insiste sur la nécessité d’un chemin fondé sur « la retenue, le dialogue, la responsabilité et le respect du sacré et de toute vie humaine ». Dans un Proche-Orient marqué par les fractures religieuses et politiques, cette déclaration se veut à la fois une dénonciation claire d’un acte de profanation et un rappel des exigences évangéliques face à la violence.Signée par le cardinal Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem et président de l’Assemblée, cette prise de position s’inscrit dans la continuité des appels répétés de l’Église en Terre Sainte à la paix, à la justice et à la protection des lieux et symboles religieux.

Texte intégral de la déclaration (traduction française TC ) :

« Nous, membres de l’Assemblée des Ordinaires catholiques de Terre Sainte, exprimons notre profonde indignation et notre condamnation sans réserve face à la profanation d’une statue du Christ dans le sud du Liban, acte attribué à un soldat israélien.

Un tel comportement constitue une grave offense à la foi chrétienne et une atteinte à la dignité religieuse de la communauté locale. Il révèle une défaillance inquiétante dans la formation morale et humaine, où même le respect le plus élémentaire du sacré et de la dignité d’autrui a été gravement compromis.

Nous sommes particulièrement préoccupés par les signalements répétés d’actes hostiles contre des symboles chrétiens dans la région. De tels incidents alimentent un climat de tension et de peur, et ne peuvent être ignorés.Nous appelons les autorités compétentes à prendre des mesures disciplinaires immédiates et décisives. Un processus crédible de responsabilisation est nécessaire afin de garantir que de tels comportements ne soient ni tolérés ni répétés.

Face à cette offense, nous réaffirmons que la Croix demeure inattaquable dans sa signification. Comme l’écrit saint Paul : “Loin de moi la gloire, sinon dans la Croix de notre Seigneur Jésus Christ” (Ga 6,14). Pour nous, la Croix reste une source de dignité, d’espérance et de rédemption, et un appel à surmonter la violence par l’amour sacrificiel.Nous rappelons également que la paix véritable ne peut naître de la violence, mais doit être désarmée, appelant chacun à remettre l’épée au fourreau. Il est urgent de mettre fin au cycle de violence qui tourmente cette région depuis trop longtemps.

Nous exhortons toutes les parties à emprunter un chemin fondé sur la retenue, le dialogue, la responsabilité et le respect du sacré et de toute vie humaine.

Jérusalem, le 20 avril 2026 »

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