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États-Unis : la justice autorise l’affichage des Dix Commandements dans les écoles du Texas

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Entre héritage chrétien assumé et défense de la séparation entre l’Église et l’État, l’affaire pourrait désormais être portée devant la Cour suprême

Une cour d’appel fédérale américaine a autorisé l’État du Texas à imposer l’affichage des Dix Commandements dans les salles de classe des écoles publiques. La décision, rendue le 21 avril par la Cour d’appel du 5ᵉ circuit, marque un tournant dans un débat ancien aux États-Unis sur la place de la religion dans l’espace public. Les juges ont estimé que la loi texane ne contrevenait pas au Premier amendement de la Constitution, qui protège la liberté religieuse tout en interdisant à l’État d’imposer une religion. En conséquence, le Texas est désormais en droit d’exiger la présence des Dix Commandements dans les classes.

Cette décision est perçue comme une victoire importante pour les responsables politiques conservateurs, qui militent depuis plusieurs années pour une réaffirmation des références religieuses dans la société américaine. Le procureur général du Texas, Ken Paxton, a salué une « grande victoire pour le Texas et nos valeurs morales », affirmant que les Dix Commandements ont profondément influencé la nation et qu’ils constituent un repère essentiel pour les jeunes générations. La loi, entrée en vigueur le 1er septembre, représente l’une des initiatives les plus ambitieuses aux États-Unis en matière d’intégration de symboles religieux dans les écoles publiques. Bien que certains tribunaux fédéraux aient initialement suspendu son application dans plusieurs districts scolaires, de nombreuses écoles avaient déjà affiché les Dix Commandements, parfois grâce à des financements privés ou à des dons.

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La décision de la cour d’appel ne met toutefois pas fin à la controverse. Des organisations de défense des libertés civiles, dont l’American Civil Liberties Union (ACLU), ont vivement critiqué le jugement. Elles estiment qu’il va à l’encontre des principes fondamentaux du Premier amendement, notamment la séparation entre l’Église et l’État, et qu’il porte atteinte à la liberté des familles de décider de l’éducation religieuse de leurs enfants. Le débat s’inscrit dans un contexte politique plus large, marqué par la volonté de responsables républicains, dont le président Donald Trump, de renforcer la place du religieux dans les institutions publiques. Pour les partisans de la loi, les Dix Commandements ne sont pas seulement un texte religieux, mais aussi un fondement historique et moral ayant contribué à façonner le droit américain.

Cette décision pourrait ouvrir la voie à un affrontement juridique de plus grande ampleur. Une saisine de la Cour suprême des États-Unis est désormais envisagée, ce qui pourrait conduire à une clarification définitive sur la constitutionnalité de telles mesures. Au-delà de l’aspect juridique, cette affaire révèle une tension persistante au sein de la société américaine : celle entre l’affirmation d’un héritage chrétien et la défense d’une stricte neutralité religieuse de l’État. Un débat profond, qui dépasse le cadre du Texas et pourrait durablement marquer l’avenir du pays.

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