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[ Réponse à Sandrine Rousseau ] « L’Eglise est le plus grand boys club au monde  » : caricaturer l’Église,au nom de l’inclusion, c’est déjà exclure

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Qualifier l’Église de « boys club » c’est déjà, en soi, une manière volontairement péjorative de traiter un sujet qui relève du sacré. Derrière cette expression, il y a de facto une volonté assumée de provoquer

Les propos tenus récemment par Sandrine Rousseau sur Sud Radio illustrent une confusion fréquente et désormais volontaire : celle qui consiste à juger l’Église catholique comme on jugerait une organisation humaine ordinaire, soumise aux catégories politiques et aux revendications contemporaines. Or, l’Église ne se comprend pas d’abord comme une structure sociale. Elle est l’Épouse du Christ, c’est-à-dire une réalité spirituelle et sacrée, dont l’origine ne procède pas d’une construction humaine mais d’un mystère de foi.

Cette affirmation engage une compréhension radicalement différente de ce qu’est l’Église et de ce qu’elle peut ou ne peut pas être.

Cette dimension n’exclut pas l’existence d’une institution visible. Mais celle-ci repose sur un principe structurant : la continuité apostolique. Les évêques sont les successeurs des apôtres, et cette transmission ininterrompue remonte jusqu’au Christ lui-même. L’Église ne se conçoit donc pas comme une organisation libre de redéfinir ses règles au gré des évolutions sociales. Elle se comprend comme dépositaire d’un héritage qu’elle n’a pas le pouvoir de transformer à sa guise. Ce point explique pourquoi certaines positions, souvent perçues comme des choix, sont en réalité vécues comme des fidélités.

La question du sacerdoce s’inscrit précisément dans cette logique. Le Christ a choisi des apôtres hommes. Ce fait, que certains voudraient relativiser en le réduisant à un contexte historique, est un acte fondateur

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Il ne s’agit pas d’un détail contingent, mais d’un élément constitutif de sa structure sacramentelle. Dès lors, l’Église estime n’a pas autorité pour modifier ce qu’elle considère comme relevant de cette origine. Le sacerdoce réservé aux hommes ne procède pas d’une volonté d’exclusion ou d’un rapport de domination, mais d’une compréhension théologique précise de la mission reçue. Réduire cette réalité à une mise à l’écart des femmes est d’autant plus erroné que leur place dans l’Église n’a jamais été marginale. Elle est, au contraire, centrale et structurante. La figure de Marie , la très Sainte Vierge, médiatrice de toute grâce , occupe une place unique, au cœur même du mystère du salut. Par ailleurs , Marie-Madeleine est le premier témoin de la Résurrection, envoyée annoncer aux apôtres que le Christ est vivant, un rôle fondateur que nul ne peut qualifier de secondaire.

De plus, À travers les siècles, d’innombrables femmes ont marqué la vie de l’Église, jusqu’aux plus hautes expressions de sa pensée et de sa sainteté, à l’image de Thérèse de Lisieux, docteur de l’Église. Parler d’une institution qui reléguerait les femmes à un rôle marginal ne résiste pas à l’examen de son histoire et de sa réalité vivante.

Dans le même temps, la doctrine catholique affirme sans ambiguïté l’égalité de dignité entre l’homme et la femme. Cette égalité n’implique pas une identité de fonctions. La distinction des rôles dans l’Église ne se réduit pas à une hiérarchie sociale ; elle renvoie à une logique propre, qui échappe aux catégories modernes de revendication et de pouvoir. Refuser cette distinction au nom d’un principe d’égalité conçu exclusivement sur le modèle politique revient à plaquer sur le religieux une grille de lecture qui lui est étrangère.

C’est pourquoi le recours à des formules comme celle de « boys band » ne relève pas de la simple maladresse. Il s’agit d’une réduction qui remplace la compréhension par la caricature. En ramenant une réalité théologique complexe à une image triviale, on évacue d’emblée toute possibilité de débat sérieux.

La critique ne porte plus alors sur ce que l’Église est réellement, mais sur une représentation simplifiée et déformée de celle-ci.

On peut contester les positions de l’Église catholique. Cette contestation est légitime dans une société pluraliste. Mais encore faut-il accepter d’entrer dans la logique interne de ce que l’on critique. À défaut, le discours oscille entre l’erreur et la provocation. Et lorsque la provocation prend le pas sur la compréhension, elle n’éclaire pas le débat : elle l’appauvrit.

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