Prêtre des Missions Étrangères de Paris († 1839)
Né le 7 octobre 1803 à Marcoux, dans les Basses-Alpes, Jacques-Honoré Chastan appartient à cette génération de prêtres français du XIXᵉ siècle marquée par l’élan missionnaire. Ordonné en 1826, il rejoint dès l’année suivante Macao, point de passage obligé des missionnaires en partance pour l’Extrême-Orient. Sa route le conduit progressivement aux confins de la Corée, royaume alors fermé aux étrangers et où la foi chrétienne est proscrite sous peine de mort. À la fin de l’année 1836, il se tient à la frontière, dans l’attente de fidèles coréens appelés à faciliter son entrée clandestine. Le christianisme, introduit sans présence missionnaire permanente, y survit dans la clandestinité grâce à des communautés de laïcs. C’est au sein de ces groupes fervents que le père Chastan exerce son ministère pendant plusieurs années, dans des conditions précaires et sous la menace constante des persécutions.
Arrêté lors de la grande répression de 1839, il est exécuté par décapitation le 21 septembre de la même année. Son martyre s’inscrit dans une période particulièrement violente pour les chrétiens de Corée, où prêtres étrangers et fidèles locaux furent nombreux à périr pour leur foi. Plus d’un siècle plus tard, le 6 mai 1984, lors de son voyage apostolique à Séoul, Jean-Paul II proclame saint Jacques Chastan aux côtés de 102 autres martyrs coréens. Cette canonisation collective souligne l’enracinement ancien et le témoignage éprouvé de l’Église en Corée, née dans l’épreuve et portée par la fidélité de ses membres.
Les archives des Missions étrangères de Paris conservent de lui le souvenir d’un pasteur profondément attaché aux communautés qu’il servait. Dans une lettre évoquant son départ, il écrit :
« Si quelque chose pouvait diminuer la joie que nous éprouvons en ce moment de départ, ce serait de quitter ces fervents néophytes que nous avons eu le bonheur d’administrer pendant trois ans et qui nous aiment comme les Galates aimaient saint Paul, mais nous allons à une trop grande fête pour qu’il soit permis de laisser entrer des sentiments de tristesse dans son cœur. » Ces lignes traduisent, sans emphase, l’esprit dans lequel il envisageait sa mission : un attachement pastoral réel, conjugué à une disponibilité totale à l’appel de l’Évangile, jusque dans l’épreuve ultime.
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