« On n’est pas attachés à une religion ! » Dans » Chacun son tour », sur France 2, Bruno Guillon a corrigé une candidate pour avoir simplement parlé de « chemin de croix » C’est toute l’expression d’une confusion entretenue qui finit par justifier l’effacement de toute l’histoire chrétienne de la France. Mais comment voulez-vous être respectés si vous niez à ce point votre identité ? Comment pouvez-vous vous dire inclusifs en rejetant ce qui vous a construits ? Et surtout, comment pouvez-vous attendre le respect de l’autre si vous commencez par vous renier vous-mêmes ?
🚨Le « chemin de croix » censuré, quand un animateur télé efface, en toute décontraction, une expression française héritée du christianisme
— Tribune Chrétienne (@tribuchretienne) May 5, 2026
🔴⚡️Mais comment voulez-vous être respectés si vous niez à ce point votre identité ?
Comment pouvez-vous vous dire inclusifs en rejetant… pic.twitter.com/5Ngc9qo4N2
Le chemin de croix n’est pas une image vague. Il désigne une dévotion chrétienne précise, qui retrace les étapes de la Passion du Christ, de la condamnation jusqu’à la mise au tombeau. C’est un parcours de souffrance, assumé, traversé, offert. Si l’expression s’est imposée dans la langue française, c’est parce qu’elle dit avec justesse ce qu’elle signifie, une succession d’épreuves lourdes, inévitables, que l’on endure jusqu’au bout. Elle ne doit rien au hasard, tout à une histoire. Au cœur de cette histoire, il y a la Croix. Non pas un signe parmi d’autres, mais le symbole même de la religion chrétienne à travers le monde. La Croix n’est pas seulement l’instrument d’un supplice, elle est, pour les chrétiens, le lieu du salut. C’est là que se joue la Passion, la mort et la résurrection du Christ, c’est-à-dire la victoire sur le péché et sur la mort. La théologie chrétienne ne contourne pas la Croix, elle s’y fonde. Elle y voit un mystère central, celui d’un Dieu qui assume la souffrance humaine pour la racheter. C’est pourquoi la Croix est dite salvatrice. Elle ne renvoie pas simplement à une épreuve, mais à une rédemption.
On comprend alors en quoi la suggestion d’un « chemin d’étoile » ou de « croissant » manque sa cible. Non pas parce que ces symboles seraient illégitimes, ils appartiennent à d’autres religions, respectables en tant que telles, mais parce qu’ils ne disent pas la même chose. Ils ne renvoient ni à la Passion, ni à cette idée d’un chemin de souffrance assumé jusqu’au salut. Les substituer dans ce contexte précis revient à effacer la singularité de ce que la langue exprime.
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Cette logique ne s’arrête pas aux mots. Nos demandes de campagne d’affichage ont suscité des refus de diffusion dans des espaces publics comme ceux de la RATP ou de la Mairie de Paris, au motif qu’elles mettaient en avant un symbole religieux explicite, la Croix. Là encore, la question posée est celle de la place accordée à une religion pourtant constitutive de l’histoire du pays. C’est aussi ce qui a justifié que lors des Jeux olympiques, où la présence visible de la croix sur le dôme des Invalides, qui abrite pourtant une église, a été supprimée. Ces choix, qu’ils soient techniques, esthétiques ou symboliques, participent d’un climat plus large où la référence chrétienne semble devoir être invisible.
La langue française, comme toute langue, porte une histoire. La sienne est profondément marquée par des siècles de christianisme. Cela ne relève pas d’une opinion, mais d’un constat. De nombreuses expressions en sont issues et continuent d’être employées sans arrière-pensée religieuse, parce qu’elles ont acquis un sens partagé par toute une population
Les corriger au nom d’une neutralité absolue, c’est traiter cet héritage comme un problème à résoudre plutôt que comme une réalité à comprendre.
La neutralité, dans son sens juste, n’implique pas de réécrire les mots ni d’effacer les symboles. Elle consiste à garantir que personne ne soit favorisé ou discriminé pour ses croyances. Elle n’exige pas que l’on gomme les traces du passé dans le langage courant ou dans l’espace culturel. À trop vouloir lisser et inclure, on en vient à exclure, volontairement ou involontairement, selon les cas, ce qui constitue le fondement de notre identité. Dès lors, on ne se respecte plus soi-même, alors comment attendre le respect de l’autre ?
Ce qui frappe, c’est une espèce de pensée dite politiquement correcte et inclusive qui s’impose sans état d’âme et pleinement revendiquée, sur des motifs contestables que peu osent remettre en cause. Comme l’avortement devenu un droit, ou l’eutahansie présentée comme un symbole de dignité… tout est faussé et assumé.


