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[ Interview Exclusive ] « Le mal ne prévaudra pas !  » : Monseigneur Bozo au pèlerinage du Mont Saint Michel

Monseigneur Pierre-Antoine Bozo - DR
Monseigneur Pierre-Antoine Bozo - DR
" Il est bon de prendre du temps, d’être disponible, pour écouter, rencontrer, encourager et aussi confesser et bénir au long du chemin"

Du 8 au 10 mai 2026, environ un millier de pèlerins venus de toute la France s’élanceront vers le Mont Saint-Michel à l’occasion de la deuxième édition du pèlerinage de toute la France à Saint-Michel, organisé entre Saint-Malo et l’abbaye normande.

Trois jours de marche, de prière et de formation sous le patronage de l’Archange pour devenir miquelot : un miquelot, c’est tout simplement un pèlerin du Mont Saint-Michel, et ce depuis la fin du premier millénaire. Les « chemins du paradis », qui conduisaient au sanctuaire, parcouraient toute la France et toute l’Europe. Pour devenir miquelot, il suffit de participer au trois jours de marche à pied et en bivouac ( source pelesaintmichel.fr).

C’est pour cette occasion exceptionnelle que Monseigneur Pierre-Antoine Bozo, évêque coadjuteur de La Rochelle et membre permanent du conseil de la Conférence des évêques de France, a choisi d’accompagner les pèlerins sur la route, a répondu à Tribune Chrétienne.

Gabriel Larralde : Qu’est-ce qui vous a amené à rejoindre la route de ce pèlerinage ?

Mgr Antoine Bozo : Je rejoins ce pèlerinage parce que Monseigneur Grégoire Cador, évêque de Coutances et Avranches m’y a invité. En fils de la Normandie (car le Mont-Saint-Michel est normand !), j’ai répondu joyeusement à cette invitation.

G.L. : Pourquoi accompagner les pèlerins trois jours durant ?

Mgr A.B : La réponse a minima aurait consisté à présider la messe dominicale à l’abbatiale. Mais d’abord, je suis moi aussi un pauvre disciple du Seigneur, un baptisé, un pèlerin. J’ai besoin de bénéficier des grâces d’un pèlerinage, qui passe par les pieds, la fatigue du chemin, l’orientation vers la destination finale. Et puis comme pasteur, il est bon de prendre du temps, d’être disponible, pour écouter, rencontrer, encourager et aussi confesser et bénir au long du chemin.

G.L. : Comment voyez-vous le succès de ce tout jeune pèlerinage d’envergure nationale, qui renoue avec la tradition des Miquelots ? Qu’est-ce que cela dit de l’Église de France, et des sanctuaires pétris d’histoire ?

Mgr A.B : Cela dit que la foi de ceux qui nous ont précédés, qui ont bâti « la Merveille » et initié ce pèlerinage des Miquelots au Moyen Âge n’a rien perdu de son actualité. Comme nos prédécesseurs, nous cherchons du sens et dans le Christ, Chemin, Vérité et Vie, nous trouvons une réponse, une clef pour déchiffrer le sens de nos vies et de l’histoire, spécialement en ce moment où elle est si mouvementée.

Crédit Photo Valentin Prost

G.L. : Le 8 mai, cela fera exactement un an que le pape aura été élu, qu’est-ce qui a changé dans l’Église selon vous ?

Mgr A.B : Un an, c’est peu pour mesurer la fécondité d’un pontificat. Cependant, la personnalité du Saint-Père marque peu à peu les esprits. On découvre en Léon XIV un précieux équilibre humain, fondé dans une foi profonde, nourrie de la pensée inépuisable de Saint Augustin. On perçoit qu’il est un homme de paix, respectueux des autres, des institutions. Il poursuit à sa manière l’œuvre des Papes qui l’ont précédé, le sillon du Pape François, avec une paisible détermination et un vrai courage, comme l’on s’en est aperçu lors de son long périple africain.

G.L. : Dans une société liquide, aux innombrables mirages, comment Saint Michel Archange peut-il guider les catholiques ?

Mgr A.B : Comme Archange, il ouvre le cœur et l’intelligence au monde invisible, nous évitant ainsi de nous engluer dans les préoccupations exclusivement terrestres : nous sommes faits pour le Ciel ! Il signifie aussi le triomphe sur les puissances du mal. Le mal ne prévaudra pas ! Ne négligeons pas sa puissance maléfique, mais surtout n’ayons pas peur !

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