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JD Vance : l’encyclique de Léon XIV sur l’intelligence artificielle sera « un document très important »

JD Vance- capture écran
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"Je pense que lorsque le pape publiera une encyclique sur l'intelligence artificielle, cela aura une certaine influence..."

En saluant la future encyclique du pape Léon XIV sur l’intelligence artificielle ( « Magnifica Humanitas », prevue pour le 25 mai) , le vice-président américain souligne la portée historique d’un pontificat qu’il rapproche déjà de celui de Léon XIII. Interrogé lors d’un échange avec la presse sur l’influence que pourrait exercer l’encyclique du Saint-Père sur l’intelligence artificielle, JD Vance a répondu : « Je pense que lorsque le pape publiera une encyclique sur l’intelligence artificielle, cela aura une certaine influence (…) et je suis sûr qu’elle contiendra beaucoup d’idées profondes, dont certaines je serai probablement d’accord, d’autres peut-être pas. Mais je pense que ce sera un document très, très important. »

Cette déclaration mérite d’être relevée. À une époque où tant de responsables politiques considèrent les questions religieuses comme secondaires ou purement privées, le vice-président des États-Unis reconnaît ouvertement qu’un document du magistère catholique peut apporter une contribution significative à l’un des débats les plus cruciaux du XXIe siècle. Et le vice-président de rajouter « L’une des choses que je trouve fascinantes chez le pape Léon, c’est qu’il a choisi le nom de Léon XIV, ce qui bien sûr fait référence à Léon XIII. Léon XIII était pape à une époque où une incroyable transformation industrielle a conduit à l’essor du fascisme et du communisme en Europe. »

Au-delà de l’approximation historique contenue dans cette formulation, l’intuition du vice-président est juste. Léon XIII demeure dans l’histoire comme le grand pape de Rerum Novarum, l’encyclique publiée en 1891 qui posa les fondements de la doctrine sociale moderne de l’Église face aux bouleversements de la révolution industrielle. Face à la montée des idéologies matérialistes, il rappela avec force la dignité du travailleur, le rôle essentiel de la famille, le droit de propriété et la nécessité d’ordonner l’économie au bien commun. C’est précisément dans cet héritage que s’inscrit aujourd’hui le pape Léon XIV. Dès les premiers jours de son pontificat, il a expliqué que le choix de son nom n’était pas anodin. Comme son illustre prédécesseur avait répondu aux défis de la première révolution industrielle, lui entend répondre aux défis de la révolution numérique et de l’intelligence artificielle : « En notre temps, l’Église offre à tous le trésor de sa doctrine sociale en réponse à une nouvelle révolution industrielle et aux développements de l’intelligence artificielle qui posent de nouveaux défis pour la défense de la dignité humaine, de la justice et du travail. » ( Léon XIV)

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Tout est contenu dans ces quelques mots. L’Église n’est pas hostile au progrès. Elle ne craint ni la science ni la technologie. Mais elle rappelle que tout progrès authentique doit demeurer au service de l’homme et non l’inverse. Une société qui placerait l’efficacité technologique au-dessus de la personne humaine finirait inévitablement par perdre son âme.

Les déclarations récentes de JD Vance montrent d’ailleurs que cette préoccupation pour la dignité humaine dépasse largement la seule question de l’intelligence artificielle. Le vice-président américain a également condamné avec fermeté toute violence commise au nom de la religion : « Vous commettez un acte contre cette idée fondamentale selon laquelle les gens sont créés à l’image de Dieu…Nous sommes tous enfants de Dieu, nous sommes tous dotés de certains droits (…) vous violez ces droits lorsque vous commettez de la violence contre une autre personne. » Avant d’ajouter : « Vous ne pouvez forcer personne à emprunter un chemin vers Dieu. Ils doivent le faire par leur propre libre arbitre. »

Ces paroles rejoignent directement l’enseignement constant de l’Église catholique. La foi ne s’impose jamais par la contrainte. Elle s’adresse à des consciences libres. Toute violence religieuse constitue donc une contradiction profonde avec l’Évangile et avec la dignité de la personne créée à l’image de Dieu. Ces déclarations interviennent alors que le président Donald Trump lui-même multiplie les références à l’importance du christianisme dans la vie publique américaine. Lors d’une récente intervention, il s’est félicité de ce qu’il considère comme un renouveau religieux aux États-Unis : « Ce pays a été construit sur la religion. Le christianisme est une chose formidable pour notre pays. » Le président américain a également insisté sur le rôle historique du christianisme dans la formation de la nation américaine : « Les succès que nous avons eus étaient basés sur le christianisme… Les églises aujourd’hui sont pleines. » Avant de conclure : « La religion fait un retour en force formidable. »

Quelles que soient les interprétations que l’on puisse donner à ces propos, un constat s’impose : la question religieuse retrouve aujourd’hui une visibilité nouvelle dans le débat public américain. Alors que beaucoup annonçaient depuis des décennies le déclin inexorable du christianisme, de plus en plus de responsables politiques assument désormais ouvertement l’importance de l’héritage chrétien dans la construction de la civilisation occidentale.

C’est dans ce contexte que la future encyclique du pape Léon XIV est attendue avec une attention particulière. Face aux bouleversements engendrés par l’intelligence artificielle, le Saint-Père entend rappeler que la personne humaine ne peut jamais être réduite à une donnée, à un algorithme ou à une variable économique. Comme Léon XIII en son temps, il semble vouloir offrir une boussole morale à une époque de transformations profondes.En saluant à l’avance ce texte comme un document « très, très important », JD Vance reconnaît implicitement que les grandes questions de notre temps ne pourront être résolues par la seule technique. Elles exigent également une réflexion sur la nature de l’homme, sa dignité, sa liberté et sa destinée. C’est précisément sur ce terrain que l’enseignement social de l’Église conserve aujourd’hui toute son actualité.

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