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« Pour que le monde ait la vie » : Pourquoi Léon XIV ne visitera-t-il pas une unité de soins palliatifs ?

@Eglise catholique
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À Lourdes, Léon XIV écoutera des victimes d'abus commis dans l'Église. Mais dans une France marquée par la légalisation en cours de l'aide à mourir, beaucoup s'interrogent : pourquoi aucun geste comparable envers les soins palliatifs ?

Par Philippe Marie

Le programme officiel de la visite de Léon XIV en France est désormais arrêté. Le pape rencontrera le président de la République, se rendra à l’UNESCO, présidera une grande veillée au Stade de France, visitera la Maison Bakhita, priera à Notre-Dame de Paris, pèlerinera à Lourdes et célébrera la messe place de la Concorde. Personne ne contestera ces étapes. La visite de la Maison Bakhita s’inscrit dans une longue tradition de l’Église qui appelle à accueillir les personnes migrantes et les plus fragiles. Elle est pleinement cohérente avec la doctrine sociale catholique.Mais précisément parce que ce choix était attendu, une question demeure.

Pourquoi, dans la France de 2026, marquée par l’adoption d’une loi sur la fin de vie que les évêques de France ont qualifiée de « rupture grave », le Successeur de Pierre ne rencontrera-t-il pas celles et ceux qui, chaque jour, incarnent une autre réponse à la souffrance : les médecins, les infirmières, les aides-soignants, les bénévoles et les aumôniers des unités de soins palliatifs ? Une telle visite n’aurait pourtant pas été un meeting politique. Elle n’aurait nécessité aucun discours contre le gouvernement, aucune déclaration polémique, aucune prise de position partisane. Elle aurait simplement été un geste pastoral.

Un pape priant auprès de personnes en fin de vie, remerciant ceux qui les accompagnent avec compétence et humanité jusqu’à leur dernier souffle, aurait adressé au monde un message d’une force extraordinaire : toute vie humaine mérite d’être entourée, aimée et accompagnée jusqu’à son terme naturel.

Certains répondront que le Saint-Siège souhaite éviter toute récupération politique. L’argument mérite d’être entendu. La diplomatie pontificale est une réalité ancienne et nécessaire. Elle permet à l’Église de dialoguer avec les États, d’ouvrir des portes et parfois de désamorcer des conflits. Mais la diplomatie ne peut devenir une finalité.

Un pape n’est pas d’abord un diplomate, Il est avant tout le Successeur de Pierre, chargé de confirmer ses frères dans la foi et de rendre témoignage à l’Évangile « à temps et à contretemps ».

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L’histoire de l’Église montre que les Souverains pontifes qui ont le plus marqué leur époque ne furent pas ceux qui recherchèrent avant tout le consensus, mais ceux qui eurent le courage de proclamer la vérité. Saint Jean-Paul II en demeure l’un des plus éclatants exemples. Face au totalitarisme communiste, il n’a jamais accepté les compromis avec une idéologie qui niait Dieu et opprimait les peuples. Son pèlerinage en Pologne en 1979, son appel à « ne pas avoir peur » et son soutien spirituel au mouvement Solidarnosc ont profondément contribué à l’effondrement du bloc soviétique. Son autorité morale ne venait pas de la diplomatie, mais de la force de sa foi et de son témoignage chrétien.

Pourquoi, dès lors, ne pas poser aujourd’hui un geste aussi simple que puissant envers les soins palliatifs ?

Beaucoup de fidèles se demandent si, dans les circonstances actuelles, un signe adressé aux plus fragiles n’aurait pas été plus éloquent qu’une photographie officielle supplémentaire. La devise choisie pour ce voyage apostolique est magnifique : « Pour que le monde ait la vie » (Jn 10, 10). Elle rappelle que le Christ est venu apporter la vie en plénitude. C’est précisément pourquoi certains catholiques auraient souhaité que cette devise trouve aussi une expression concrète auprès des personnes en fin de vie et de ceux qui les accompagnent.

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