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[Exclusif] Cardinal Christophe Pierre : « Le vœu de Louis XIII pour la France n’est pas une histoire oubliée : j’appelle tous les Français qui ont la foi à renouveler cela »

Cardinal Christophe Pierre - DR / @tribunechretienne
Cardinal Christophe Pierre - DR / @tribunechretienne
À l’occasion de la solennité de l’Assomption, le cardinal Christophe Pierre a présidé, samedi 15 août, la grande procession mariale autour de Notre-Dame de Paris. Pour Tribune Chrétienne, le prélat français revient sur le sens de l’Assomption, le vœu de Louis XIII et la nécessité, pour les catholiques français, d’inscrire leur histoire dans une dimension de transcendance

Cardinal français né à Rennes en 1946, Christophe Pierre est l’une des grandes figures de la diplomatie du Saint-Siège. Ordonné prêtre en 1970, entré au service diplomatique pontifical en 1977, il a notamment été nonce apostolique en Haïti, en Ouganda et au Mexique. En 2016, le pape François le nomme nonce apostolique aux États-Unis, avant de le créer cardinal lors du consistoire du 30 septembre 2023.

Sa présence à Notre-Dame de Paris, pour la solennité de l’Assomption, revêtait une dimension particulière. Samedi 15 août, le cardinal Pierre a présidé la procession partie du parvis de la cathédrale autour de la Vierge à l’Enfant. Elle s’est achevée par le retour à Notre-Dame pour les vêpres solennelles et la proclamation du vœu de Louis XIII.

Interrogé par Tribune Chrétienne sur le sens profond de l’Assomption, le cardinal rappelle d’abord que cette fête mariale révèle la destinée ultime de l’homme :

« L’Assomption est l’aboutissement de toute vie commencée en Jésus-Christ et qui se termine dans le Ciel. Marie a été choisie par Dieu pour pouvoir offrir au monde Celui qui s’est incarné, et le Seigneur est venu pour nous amener avec Lui. C’est donc un nouveau destin pour l’humanité. Je souhaite que ce destin soit accueilli par le plus grand nombre de Français, pour qu’eux-mêmes puissent communiquer autour d’eux cette Bonne Nouvelle. »

Le cardinal Christophe Pierre revient ensuite sur le vœu de Louis XIII, dont la proclamation demeure intimement liée à la célébration de l’Assomption en France. Pour lui, il ne s’agit pas d’une page morte du passé ni d’un simple héritage patrimonial :

« Le vœu de Louis XIII n’est pas une histoire oubliée, car l’histoire est l’histoire. »

Et d’ajouter :

« À ce moment difficile de l’histoire, il y avait des Français qui avaient la foi et qui étaient capables de faire ce vœu. Aujourd’hui, j’appelle donc tous les Français qui ont la foi à renouveler cela. C’est pour cette raison que, dans mon homélie, j’ai parlé de “circonstances nouvelles”, comme par exemple l’intelligence artificielle et les difficultés qu’il y a aujourd’hui à pouvoir vivre le Magnificat dans un contexte où certains voudraient exercer leur puissance jusqu’au bout. »

Le cardinal a également été marqué par la dimension universelle de cette manifestation publique de la foi catholique au cœur de la capitale. Français lui-même, mais nonce apostolique aux États-Unis depuis dix ans, il souligne notamment la participation des étrangers à la vie et à la renaissance de Notre-Dame :

« Paris est une ville cosmopolite : le monde entier était là. Il y avait des Parisiens, mais aussi beaucoup d’étrangers. En tant que Français, j’étais fier de participer à une procession en l’honneur de la Vierge Marie autour de Notre-Dame de Paris, une cathédrale en grande partie reconstruite grâce à la foi de beaucoup de Français, mais aussi d’étrangers, et en particulier des Américains. Je sais à quel point les Américains ont contribué à la reconstruction de Notre-Dame de Paris. »

Derrière l’émotion suscitée par la procession et la beauté retrouvée de la cathédrale apparaît surtout, dans les paroles du cardinal Pierre, une question essentielle : celle de la présence de Dieu au cœur de l’histoire humaine. La Vierge Marie ne renvoie pas seulement le chrétien vers le passé. Par son « oui », elle manifeste l’entrée de Dieu dans l’histoire et rappelle à l’homme que sa destinée ne s’épuise pas dans les seules réalités terrestres.

C’est précisément sur cette dimension que le cardinal conclut :

« L’histoire de la Vierge est l’incarnation de Dieu dans notre histoire. Notre histoire prend sens quand Dieu est présent dans cette histoire. C’est notre appel, c’est notre vocation : permettre à notre histoire de ne pas se perdre sur elle-même et d’être ouverte sur une dimension d’absolu, sur une transcendance. »

Ainsi, au cœur de Paris et sous les voûtes retrouvées de Notre-Dame, le cardinal Christophe Pierre aura voulu rappeler que l’Assomption ne relève ni du souvenir ni du folklore religieux. Elle désigne une espérance et une destinée. Et en appelant les Français qui ont la foi à renouveler aujourd’hui l’esprit du vœu de Louis XIII, le cardinal les invite surtout à ne pas laisser leur histoire se refermer sur elle-même : pour le chrétien, elle ne trouve pleinement son sens qu’ouverte à Dieu et à l’éternité.

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