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Honte à cette association de victimes qui veut faire annuler la messe du pape Léon XIV à Paris

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Le combat contre la pédocriminalité n’autorise pas à salir toute l’Église

Un tel amalgame, loin de servir la cause légitime des victimes, la décrédibilise de facto en faisant peser sur toute une Église les crimes commis par certains. Il existe une limite que la souffrance elle-même ne peut autoriser à franchir : celle qui sépare l’exigence de justice de la mise en accusation collective. Arnaud Gallais, président et cofondateur de Mouv’Enfants, est lui-même une victime. Les violences sexuelles qu’il a subies dans son enfance, notamment de la part d’un prêtre, sont abominables. Les prêtres criminels doivent être jugés, ceux qui ont couvert leurs actes doivent répondre de leurs responsabilités et l’Église doit poursuivre sans relâche son travail d’écoute, de prévention et de réparation. Mais l’Église catholique n’est ni une mafia, ni une organisation criminelle.

Le 26 août 2026, Mouv’Enfants a déposé deux requêtes devant le tribunal administratif de Paris contre l’autorisation de la messe que Léon XIV doit célébrer le 26 septembre entre la place de la Concorde et les Champs-Élysées : un recours en annulation pour excès de pouvoir et un référé-suspension destiné à obtenir la suspension de la célébration avant le jugement au fond.

Que cherche-t-on à empêcher ce jour-là ? Un rassemblement de criminels ? Une réunion de prêtres condamnés ? Une assemblée de responsables ayant protégé des prédateurs ? Non. Une messe.

Des familles, des jeunes, des personnes âgées, des prêtres, des religieux et des milliers de fidèles viendront simplement prier et participer à une célébration présidée par le pape. Aucun d’entre eux n’a à porter la culpabilité des criminels qui ont trahi leur ministère et leur Église. Or les mots employés par Arnaud Gallais sont sans ambiguïté. Sur son propre compte LinkedIn, il écrit : « 330 000 victimes de pédocriminalité dans l’Église en 70 ans, 13 enfants par jour […] L’Église Catholique est une organisation mafieuse qui met en danger des enfants ! » (publication LinkedIn d’Arnaud Gallais).

Une telle phrase ne vise plus seulement les criminels. Elle ne vise même plus ceux qui auraient protégé ou couvert leurs actes. Elle vise l’Église catholique elle-même. Une mafia est une organisation structurée autour d’activités criminelles. L’Église, elle, est fondée sur l’annonce du Christ, la célébration des sacrements et le service du prochain. Des criminels l’ont souillée et des responsables ont parfois trahi leur mission par des silences coupables. Cela ne transforme pas l’Église en organisation mafieuse.

Derrière le mot « Église », il y a des millions de fidèles, des centaines de milliers de prêtres et de religieux, des missionnaires, des enseignants, des soignants, des bénévoles et des hommes et des femmes qui consacrent leur existence aux pauvres, aux malades, aux prisonniers ou aux mourants.

On ne peut pas salir impunément tous ces innocents avec les crimes de quelques-uns.

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Savoir si Arnaud Gallais s’est converti à l’islam ( Arnaud Gallais, J’étais un enfant, Flammarion, 2023, p. 100.) au cours de son parcours personnel n’est pas le problème : sa liberté religieuse doit être respectée comme celle de chacun. Ses autres engagements militants ne sont pas davantage le sujet. Le sujet est beaucoup plus simple : peut-on combattre des crimes en fabriquant une culpabilité collective ? Non.

Les violences sexuelles existent malheureusement dans l’Église comme dans l’école, le sport, les familles ou les structures accueillant des mineurs. À Paris même, deux anciens animateurs du périscolaire de l’école publique Saint-Dominique ont été mis en examen pour viols et agressions sexuelles, tandis que des familles interrogent la manière dont certaines alertes ont été traitées. En conclut-on que l’école publique est une « organisation mafieuse » ? Cherche-t-on à empêcher ses enseignants de se réunir ? Les rend-on collectivement responsables ? Évidemment non. Pourquoi ce raisonnement élémentaire disparaîtrait-il lorsqu’il s’agit des catholiques ?

Une messe n’est pas un crime. Un prêtre n’est pas un pédocriminel par nature. Un catholique n’est pas comptable des crimes commis par un autre catholique.

L’Église a reconnu l’ampleur des crimes commis en son sein et mis en place des dispositifs permanents de prévention, de signalement, d’écoute, d’accompagnement et de réparation. Ce travail doit continuer sans aucune complaisance. Mais reconnaître ses fautes ne signifie pas devoir accepter toutes les accusations collectives.

Le paradoxe est enfin saisissant. Le 10 août, Mouv’Enfants demandait qu’Arnaud Gallais puisse rencontrer Léon XIV afin de l’interroger sur la protection des enfants. Seize jours plus tard, l’association saisissait la justice pour tenter de faire suspendre sa messe parisienne. Rencontrer le pape pour lui demander des comptes ? C’est légitime. Exiger justice ? Nécessaire. Combattre les silences ? Évidemment. Mais qualifier toute l’Église d’« organisation mafieuse » et prendre pour cible une messe réunissant des fidèles innocents, non.

Les victimes méritent mieux que ces amalgames. L’Église doit répondre de ses fautes, mais elle a également le droit d’être défendue lorsqu’elle est injustement mise en accusation dans son ensemble. On ne réparera jamais les crimes commis contre des enfants en désignant des millions de catholiques à l’opprobre.

Communiqué intégral de Mouv’Enfants

COMMUNIQUÉ

« MOUV’ENFANTS a déposé le 26 août 2026 deux requêtes devant le Tribunal administratif de Paris afin d’annuler et de suspendre l’autorisation accordée pour la tenue de la messe organisée entre la place de la Concorde et l’avenue des Champs-Élysées le 26 septembre 2026, à l’occasion de la venue du pape Léon XIV.

La première requête demande l’annulation pour excès de pouvoir de cette décision. Une seconde, déposée en référé-suspension, demande sa suspension dans l’attente du jugement au fond, compte tenu de l’imminence de l’événement.

Cette démarche s’inscrit dans la mission de l’association de défense, d’écoute et de soutien des personnes concernées par les violences sexuelles.

Mouv’Enfants poursuivra son action avec détermination afin que la parole des victimes soit entendue et que les décisions publiques tiennent pleinement compte de leur situation. »

https://www.linkedin.com/posts/arnaud-gallais-b687b812b_330000-victimes-de-pedocriminalit%C3%A9-activity-7358173962171830276-ct4T/?utm_source=chatgpt%2Ecom&originalSubdomain=fr

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