Le cardinal Marc Ouellet prend la parole après le jugement rendu en sa faveur dans la procédure en diffamation qu’il avait engagée au Québec contre Paméla Groleau. Dans une déclaration datée de Rome du 1er septembre 2026 et personnellement transmise à Tribune Chrétienne, l’ancien archevêque de Québec revient sur les accusations d’agression sexuelle dont il avait fait l’objet et annonce la destination des dommages qui lui ont été accordés par la justice. Le cardinal ne conservera pas les 100 000 dollars canadiens obtenus. « Je m’engage d’ailleurs à verser la somme de 100 000 $ qui m’a été octroyée en dommages par le Tribunal à des organismes luttant contre les abus sexuels subis par les Autochtones au Canada », annonce-t-il. Une décision particulièrement significative au regard de la nature même de l’affaire.
Les accusations remontaient à 2022. Paméla Groleau, ancienne agente de pastorale, avait mis en cause Marc Ouellet dans le cadre d’une action collective visant l’archidiocèse de Québec. Elle l’accusait de gestes à caractère sexuel qui auraient été commis entre 2008 et 2010, alors que celui-ci était archevêque de Québec. Le cardinal avait toujours contesté ces allégations et avait finalement saisi la justice pour diffamation.
Dans le communiqué, il souligne aujourd’hui la portée de la décision rendue : « Je prends acte avec gratitude que la justice civile de mon pays a reconnu que les allégations d’agression sexuelle portées contre moi étaient fausses et formulées avec “une très grande témérité équivalant à de la malice”, et que la personne en cause soit tenue responsable des “propos infamants” et diffamatoires portés contre moi et largement relayés à l’échelle mondiale. » Ces termes sont particulièrement forts. Le cardinal ne présente pas la décision comme la simple conclusion d’une procédure dans laquelle les faits n’auraient pu être établis. Il se réfère explicitement aux conclusions de la justice civile québécoise sur les allégations qui avaient été formulées à son encontre.
L’affaire avait pris une dimension internationale dès août 2022. Le nom de Marc Ouellet, alors préfet du Dicastère pour les évêques et l’un des cardinaux les plus connus de la Curie romaine, avait été associé dans de très nombreux médias à des accusations d’agression sexuelle. Quatre ans plus tard, le cardinal remercie ceux qui ont participé à l’établissement des faits devant la Cour. « Je remercie mes avocats de LCM Avocats ainsi que les nombreux témoins entendus, dont les témoignages ont aidé la Cour à établir les faits et à faire prévaloir la vérité », écrit-il.
Mais la partie probablement la plus significative de sa déclaration intervient ensuite. Son Eminence Marc Ouellet prend soin de distinguer sa propre affaire de la question générale des abus sexuels dans l’Église. « Je m’engage à continuer la lutte dans l’Église et dans la société contre toute forme d’abus, sexuel en particulier, et j’appuie sans réserve les victimes avérées dans leur quête d’une justice réparatrice. » Le cardinal établit ainsi une distinction entre deux exigences qui ne sont pas contradictoires : soutenir les personnes réellement victimes d’abus et garantir à une personne mise en cause la possibilité de défendre sa réputation lorsque les accusations sont fausses.
Le reversement des 100 000 dollars donne à cette position une traduction concrète. La somme accordée au cardinal à titre de dommages ne sera pas conservée par celui-ci mais destinée à des organismes engagés dans la lutte contre les abus sexuels subis par les Autochtones au Canada.
Cette décision intervient dans un contexte canadien particulièrement sensible, où les violences et abus subis par des populations autochtones, notamment dans le système des pensionnats, ont fait l’objet depuis plusieurs années d’un important travail historique, judiciaire et ecclésial.
Déclaration intégrale du cardinal Marc Ouellet
« Rome, le 1er septembre 2026
« Je prends acte avec gratitude que la justice civile de mon pays a reconnu que les allégations d’agression sexuelle portées contre moi étaient fausses et formulées avec “une très grande témérité équivalant à de la malice”, et que la personne en cause soit tenue responsable des “propos infamants” et diffamatoires portés contre moi et largement relayés à l’échelle mondiale.
Je remercie mes avocats de LCM Avocats ainsi que les nombreux témoins entendus, dont les témoignages ont aidé la Cour à établir les faits et à faire prévaloir la vérité.
Je m’engage à continuer la lutte dans l’Église et dans la société contre toute forme d’abus, sexuel en particulier, et j’appuie sans réserve les victimes avérées dans leur quête d’une justice réparatrice.
Je m’engage d’ailleurs à verser la somme de 100 000 $ qui m’a été octroyée en dommages par le Tribunal à des organismes luttant contre les abus sexuels subis par les Autochtones au Canada. »
Cardinal Marc Ouellet«


