À Notre-Dame-du-Lys, la rentrée devait marquer la fin de plusieurs mois d’incertitude. Cet été, la Fondation Jean-Léon Le Prevost, propriétaire de cette chapelle du XVe arrondissement de Paris et de son patronage, annonçait la poursuite des activités avec l’arrivée des Missionnaires de la Miséricorde Divine, en accord avec le diocèse de Paris. Les messes doivent reprendre ce dimanche 6 septembre : à 9h30 selon le missel actuel et à 11 heures selon l’ancien missel.

Une incompréhension demeure pourtant. KTsens, association de formation catholique pour étudiants et jeunes professionnels, annonce qu’elle ne pourra pas faire sa rentrée, prévue lundi 7 septembre, à Notre-Dame-du-Lys. Dans un communiqué publié sur ses réseaux sociaux, elle affirme que « les autorités diocésaines n’autorisent pas le patronage Notre-Dame-du-Lys, ni les paroisses environnantes, à héberger nos activités ». La situation surprend pour une œuvre bien installée dans le paysage catholique parisien. Fondée en 2011 dans le sillage de l’appel de Benoît XVI aux jeunes lors des JMJ de Madrid, KTsens s’adresse aux 20-35 ans et propose formation doctrinale, adoration et temps fraternels. Notre-Dame-du-Lys, au 7 rue Blomet, est depuis quinze ans le lieu de ses rencontres du lundi soir. L’association entend approfondir la foi à la lumière du Magistère et de l’enseignement de saint Thomas d’Aquin. Son aumônerie est assurée par des prêtres de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre (FSSP).
Notons que la situation intervient surtout à un moment singulier pour le diocèse de Paris
Le 25 septembre, plus de 80 000 jeunes de 17 à 35 ans sont attendus au Stade de France autour de Léon XIV. Le site officiel de la visite évoque une jeunesse « aux multiples visages » et assigne à cette soirée une ambition claire : « l’Église manifestera son unité dans sa diversité ». Une formule qui prend un relief particulier lorsque l’on sait que KTsens s’adresse précisément à cette génération. De son coté Monseigneur Laurent Ulrich lui-même soulignait, le 3 septembre dans Paris Notre-Dame, l’importance de cette jeunesse.
Pour l’archevêque de Paris, elle représente non seulement « l’avenir », mais aussi « le présent de l’Église ». Évoquant un « renouveau permanent », il reprenait cette formule de Paul VI : « Une génération nouvelle, c’est un continent nouveau à évangéliser. »
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Le rapprochement s’impose sans qu’il soit nécessaire d’en tirer des conclusions hâtives. Si l’Église veut accueillir les multiples visages de cette génération et manifester son unité dans la diversité, la question posée par KTsens mérite au moins d’être entendue : comment une œuvre qui rassemble depuis quinze ans de jeunes catholiques autour de la formation, de l’adoration et de la vie sacramentelle pourrait-elle ne plus trouver de lieu pour poursuivre son activité ? L’interrogation est d’autant plus légitime que Notre-Dame-du-Lys vient d’être préservée comme lieu d’évangélisation. Cet été, le père Gilles Morin, supérieur provincial des Religieux de Saint-Vincent-de-Paul et président de la fondation propriétaire, se réjouissait de pouvoir poursuivre dans cette maison « cette belle œuvre de mission, d’évangélisation et d’éducation ». Le départ de KTsens apparaît donc difficile à comprendre au moment même où une nouvelle page s’ouvre pour le lieu.
Pour autant, l’heure n’est pas à l’affrontement. KTsens indique que son bureau « étudie toutes les options afin de trouver une alternative » et confie la situation à la prière. Les discussions en cours avec le diocèse doivent pouvoir se poursuivre sereinement.
Reste une question simple : pourquoi KTsens ne pourrait-il plus être accueilli à Notre-Dame-du-Lys ni, selon son communiqué, dans les paroisses environnantes ? La sensibilité traditionnelle de l’œuvre et la présence de prêtres de la Fraternité Saint-Pierre dans son aumônerie ne sauraient, à elles seules, expliquer cette situation. La question se pose d’autant plus que la nouvelle organisation de Notre-Dame-du-Lys prévoit elle-même, le dimanche, la célébration selon les deux missels.
Il faut donc souhaiter que le dialogue permette de lever rapidement l’incompréhension. Derrière les questions de locaux et d’organisation diocésaine, l’enjeu est finalement assez simple : permettre à des jeunes catholiques de se former, d’adorer le Saint-Sacrement et d’approfondir leur foi. À l’heure où l’Église se réjouit du réveil spirituel d’une partie de la jeunesse, leur présence devrait d’abord être regardée comme une chance. KTsens annonce une neuvaine à saint Joseph et assure ses membres de son « dévouement ». Le dialogue reste donc ouvert. À chacun désormais de faire en sorte qu’une œuvre présente depuis quinze ans auprès des jeunes catholiques parisiens puisse poursuivre sa mission.


