Après quinze mois au Vatican , Léon XIV avance avec prudence dans la recomposition de la Curie. Le cardinal Pietro Parolin, 71 ans, demeure secrétaire d’État et rien n’annonce officiellement son départ. Mais à Rome, la question de sa succession prend désormais suffisamment de consistance pour que plusieurs noms circulent.
Samedi 5 septembre, le quotidien italien Il Tempo affirme sous la plume du vaticaniste Francesco Capozza que trois diplomates italiens figureraient parmi les hommes considérés pour prendre, à terme, la succession de Parolin. Le favori serait Monseigneur Piero Pioppo, 65 ans, nonce apostolique en Espagne et en Andorre. Les deux autres noms avancés sont Monseigneur Gabriele Giordano Caccia et Monseigneur Paolo Rudelli. Dès le 19 août, il signore Capozza affirmait que Léon XIV pourrait conserver le cardinal Parolin « au moins douze mois » avant de choisir son successeur parmi des diplomates qu’il connaît et apprécie.
Le remplacement du cardinal constituerait l’une des décisions les plus importantes du pontificat : le secrétaire d’État est le premier collaborateur du pape dans le gouvernement central de l’Église et occupe une place essentielle dans les relations diplomatiques du Saint-Siège.
Le profil de Monseigneur Piero Pioppo correspond particulièrement bien à cette fonction. Né à Savone le 29 septembre 1960, docteur en théologie dogmatique, il est entré dans le service diplomatique du Saint-Siège en 1993. Il a servi en Corée et au Chili avant de travailler à la section pour les Affaires générales de la Secrétairerie d’État. Il connaît donc déjà de l’intérieur l’institution qu’il pourrait être appelé à diriger. Il parle italien, français, anglais et espagnol. Son parcours comporte une autre étape romaine notable : de 2006 à 2010, il fut prélat de l’Institut pour les œuvres de religion (IOR). Benoît XVI le nomma ensuite archevêque et nonce apostolique au Cameroun et en Guinée équatoriale. Il fut envoyé en Indonésie en 2017, puis accrédité auprès de l’ASEAN l’année suivante, avant d’être nommé nonce en Espagne et en Andorre le 15 septembre 2025.
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Son arrivée à Madrid avait suscité des spéculations sur les réticences du gouvernement de Pedro Sánchez face à son profil réputé conservateur. L’existence d’un veto formel n’ayant toutefois jamais été officiellement établie, la prudence reste nécessaire sur cet épisode. Face à Mgr Pioppo, le nom de Mgr Paolo Rudelli mérite une attention particulière. Le 30 mars dernier, Léon XIV l’a lui-même nommé substitut pour les Affaires générales de la Secrétairerie d’État, après avoir envoyé son prédécesseur Mgr Edgar Peña Parra comme nonce en Italie. Le prélat Rudelli se trouve donc désormais au cœur de l’appareil de gouvernement pontifical, une position qui pourrait peser dans la perspective d’une succession.
Le troisième nom révélé ce samedi par Il Tempo est celui de Mgr Gabriele Giordano Caccia, autre représentant de la grande école diplomatique vaticane. La présence de trois diplomates parmi les candidats supposés laisse entrevoir, si l’information se confirme, la volonté de Léon XIV de conserver à la tête de la Secrétairerie d’État un homme rompu aux relations internationales.
Reste Monseigneur Parolin. À 71 ans, son départ n’a rien d’imminent juridiquement. Il Tempo évoque cependant une autre hypothèse : son accession future au décanat du Collège cardinalice. Là encore, rien n’est officiel. L’enjeu dépasse donc la simple compétition entre trois noms. Léon XIV gouverne encore largement avec une Curie héritée de François. Choisir le successeur de Pietro Parolin serait l’occasion de placer l’un de ses hommes au poste le plus stratégique du gouvernement pontifical. Et, si les informations venues de Rome se confirment, Monseigneur Piero Pioppo aurait aujourd’hui une longueur d’avance.


