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Nativité de la Vierge Marie : en elle commence à poindre l’aurore du salut

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En célébrant la naissance de la Vierge Marie, l’Église contemple bien davantage qu’un anniversaire : elle reconnaît l’entrée dans le monde de celle que Dieu a choisie, préparée et sanctifiée pour devenir la Mère de son Fils. Toute la grandeur de Marie vient du Christ et conduit au Christ

La naissance de la Vierge Marie appartient au mystère du salut. Elle ne constitue pas encore l’Incarnation, mais elle en prépare immédiatement l’accomplissement. Celle qui vient au monde en ce jour est la femme dont le Fils éternel de Dieu recevra sa véritable humanité. En Marie, la promesse faite à Israël approche de sa réalisation : la « fille de Sion » paraît, celle en qui le Verbe prendra chair pour habiter parmi les hommes.

L’Église ne sépare jamais la doctrine mariale du mystère du Christ. « Ce que la foi catholique croit au sujet de Marie se fonde sur ce qu’elle croit au sujet du Christ », enseigne le Catéchisme de l’Église catholique. Si Marie est honorée d’une manière unique, ce n’est pas en raison d’une grandeur indépendante, mais parce qu’elle est la Theotokos, la Mère de Dieu. Celui qu’elle concevra et mettra au monde est une personne divine, le Fils éternel du Père, vrai Dieu et vrai homme. Marie n’est donc pas seulement la mère de la nature humaine du Christ : elle est véritablement la Mère de la personne de Jésus-Christ, Dieu fait homme.

Dès sa conception, célébrée le 8 décembre, Marie a été préservée du péché originel par une grâce singulière de Dieu, en considération des mérites futurs de la Passion du Christ. L’Immaculée Conception ne soustrait donc pas Marie à la Rédemption : elle en constitue au contraire le fruit le plus parfait. Comme tous les descendants d’Adam, elle est sauvée par le Christ, mais elle l’est d’une manière préventive et suréminente. La grâce du Calvaire lui est appliquée dès le premier instant de son existence.

La Nativité célébrée le 8 septembre manifeste ainsi au grand jour celle que Dieu a déjà comblée de grâce. Marie naît immaculée, entièrement ordonnée à la volonté divine, sans que sa liberté soit supprimée.

Dieu ne fait pas d’elle un instrument passif. Le concile Vatican II rappelle qu’elle coopère au salut « dans la liberté de sa foi et de son obéissance ». Toute sa vie sera appelée à devenir une réponse libre au don premier de Dieu. Cette coopération atteindra son sommet lors de l’Annonciation. À la parole de l’ange, Marie répondra : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. » Son fiat permettra l’accomplissement du mystère de l’Incarnation. Il ne s’agit pas d’un consentement secondaire ou simplement biologique, mais d’un acte de foi total par lequel elle accueille, au nom de l’humanité, le dessein rédempteur de Dieu. Saint Irénée dira que le nœud de la désobéissance d’Ève a été dénoué par l’obéissance de Marie.

La liturgie voit donc dans la naissance de la Vierge l’apparition de la nouvelle Ève. Là où la première femme avait écouté la parole du serpent, Marie écoutera la parole de Dieu. Là où Ève avait laissé entrer la désobéissance, Marie ouvrira au Sauveur la porte de notre humanité. Cette comparaison ne place nullement Marie au même rang que le Christ, unique Rédempteur et unique Médiateur : elle manifeste la manière dont Dieu associe réellement une créature à son œuvre, dans une dépendance totale à l’égard de la grâce.

Marie est également la figure et le commencement de l’Église. En elle, l’Église est déjà sainte, immaculée, disponible à la Parole et féconde par l’action de l’Esprit Saint. Ce que Marie est personnellement, l’Église est appelée à le devenir : une demeure pour le Christ, une servante du dessein divin et une mère donnant au monde la vie de la grâce.

La naissance de Marie annonce enfin la restauration de la dignité humaine. Après le long règne du péché, une créature apparaît totalement transparente à Dieu. Elle demeure pleinement humaine, mais l’humanité en elle retrouve la beauté voulue par le Créateur. Sa petitesse n’est pas effacée par sa vocation : elle devient le lieu même où se déploie la puissance de Dieu.

En ce 8 septembre, l’Église salue donc en Marie l’aurore précédant le Soleil de justice. Sa naissance annonce silencieusement que le Sauveur est proche. Tout en elle vient de sa grâce, demeure sous son autorité et conduit à lui. La joie mariale est toujours, au plus profond, une joie christologique : en célébrant la naissance de la Mère, l’Église se prépare déjà à adorer le Fils.

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