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« Joyeux anniversaire à Léon XIV »: Le Saint Père fête ses 71 ans, l’étonnante histoire d’une vocation née dès l’enfance

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Né le 14 septembre 1955 à Chicago, Léon XIV fête ce lundi ses 71 ans. Bien avant le conclave et le trône de Pierre, Robert Francis Prevost était, selon ses frères, un enfant habité par une conviction étonnamment précoce : il serait prêtre

Dans la maison des Prevost, à Dolton, dans la banlieue sud de Chicago, personne ne pouvait imaginer que le plus jeune des trois garçons deviendrait un jour pape. Pourtant, lorsqu’ils évoquent aujourd’hui leur enfance, ses frères Louis et John décrivent une vocation sacerdotale dont les premières manifestations remontent presque aux premiers souvenirs familiaux. Robert grandit dans un foyer profondément catholique. Son père, Louis Marius Prevost, travaillait dans l’éducation et était engagé dans la paroisse ; sa mère, Mildred, bibliothécaire, participait activement à la vie de l’Église. Messe dominicale, bénédicité, histoires bibliques et rosaire faisaient partie de l’existence ordinaire.

John Prevost raconte que lorsque leurs parents récitaient le chapelet après le dîner, télévision et radio étaient éteintes. Les garçons n’étaient pourtant pas contraints de les rejoindre. « Ils ne nous ont jamais forcés », se souvient-il. Lorsqu’il cherche aujourd’hui l’origine de la vocation de son frère, il revient à cette évidence : « Je pense que cela commence à la maison. » Très tôt, quelque chose distingue cependant Robert. « Même lorsqu’il allait à l’école maternelle, il savait qu’il allait devenir prêtre », raconte John. Dans un autre entretien, il insiste : « Il l’a su tout de suite. Je ne pense pas qu’il l’ait jamais remis en question. Je ne pense pas qu’il ait jamais envisagé autre chose. » Et de résumer : « C’était une véritable vocation. »

Les souvenirs familiaux en offrent une illustration devenue célèbre depuis l’élection de Léon XIV. Vers cinq ou six ans, Robert jouait à célébrer la messe. Une planche à repasser recouverte d’un drap blanc devenait l’autel, un gobelet en plastique faisait office de calice et des pastilles Necco étaient distribuées en guise d’hosties. Le documentaire Leo from Chicago, consacré à ses jeunes années, apporte un détail supplémentaire : l’enfant reproduisait la liturgie en anglais mais aussi en latin et récitait certaines prières latines.

Louis Prevost se souvient d’un petit frère différent : « John et moi faisions les quatre cents coups, mais Rob était toujours le saint. » Tandis que les deux aînés préféraient jouer aux policiers et aux voleurs, Robert voulait jouer au prêtre. Ils le taquinaient : « Tu vas devenir pape. Tu es trop saint. » Louis confiera après l’élection : « Nous savions que l’Esprit Saint était en lui. »

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Une autre anecdote familiale prend aujourd’hui une résonance singulière. Robert avait environ six ans lorsqu’une voisine aurait annoncé qu’il deviendrait « le premier pape américain ». John Prevost s’en émerveille encore : « Elle l’avait senti à six ans. Comment a-t-elle fait ? Qui sait ? Cela a pris tout ce temps, mais le voilà, premier pape américain. » L’origine de sa vocation ne se réduit cependant pas à ces scènes d’enfance. Robert Prevost lui-même a raconté combien l’autel occupait déjà une place importante dans sa vie. Enfant de chœur dès l’âge d’environ six ans, il servait notamment la messe de 6 h 30 dans sa paroisse de Saint Mary of the Assumption.

On lui avait appris, expliquera-t-il plus tard, que Jésus était proche et que la messe constituait une manière privilégiée de demeurer auprès de lui. Avant même de pouvoir formuler intellectuellement ce qu’était une vocation, l’enfant avait donc découvert la proximité du Christ dans la liturgie. L’environnement familial compta également. Deux de ses tantes maternelles étaient religieuses et des prêtres fréquentaient régulièrement la famille, certains partageant même des vacances avec les Prevost. Le sacerdoce n’était donc pas une réalité lointaine : Robert connaissait des prêtres dans leur vie quotidienne, autour de la table familiale.

Progressivement, la question ne fut presque plus de savoir s’il deviendrait prêtre, mais comment il le deviendrait.

Plusieurs responsables des vocations appartenant à différents ordres religieux vinrent ainsi rencontrer la famille. Le sacerdoce diocésain était également envisagé. Robert savait qu’il voulait être prêtre, rapporte John ; il ignorait encore s’il serait religieux ou diocésain. Le futur Léon XIV révélera d’ailleurs avoir envisagé un temps les Salésiens avant de se tourner vers les Augustins. Sa vocation fut donc précoce, mais elle ne fut ni fabriquée par sa famille ni dispensée du discernement. « Rien ne lui a été imposé. C’était sa décision », insiste John. L’appel devait devenir une réponse libre.

À quatorze ans, Robert entra au petit séminaire augustinien. Après des études de mathématiques à l’université Villanova, il rejoignit l’Ordre de Saint-Augustin en 1977, prononça ses vœux solennels en 1981 et fut ordonné prêtre à Rome le 19 juin 1982. Missionnaire au Pérou, formateur, curé, supérieur général des Augustins puis évêque de Chiclayo, il fut ensuite appelé à Rome par François pour diriger le Dicastère pour les évêques et créé cardinal en 2023. Le 8 mai 2025, Robert Francis Prevost devenait Léon XIV, premier pape né aux États-Unis et premier souverain pontife issu de l’Ordre de Saint-Augustin.

Pour ses 71 ans, les souvenirs de ses frères permettent ainsi de regarder derrière la fonction pontificale. Avant Rome, le Pérou, l’épiscopat et le conclave, il y eut une famille où l’on priait sans contraindre, un enfant servant la messe à l’aube et un petit garçon transformant une planche à repasser en autel. Ses frères plaisantaient en lui disant qu’il finirait pape. Soixante-cinq ans plus tard, la plaisanterie familiale est devenue histoire de l’Église.

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