Le conflit opposant l’abbaye Notre-Dame de Wisques à Vanessa Tulejova connaît un nouveau développement judiciaire. L’ancienne aspirante accuse depuis plusieurs mois la communauté bénédictine de mauvais traitements lors de son séjour au monastère, des accusations contestées par les religieuses, qui demandent désormais à la justice le retrait de plusieurs contenus publiés sur les réseaux sociaux et l’interdiction de nouvelles publications les visant.
Le différend qui oppose Vanessa Tulejova aux bénédictines de l’abbaye Notre-Dame de Wisques, dans le Pas-de-Calais, se poursuit désormais sur le terrain judiciaire. L’affaire avait été rendue publique cet été. Vanessa Tulejova avait découvert l’abbaye en 2021, alors qu’elle avait 21 ans. Après une première retraite, elle avait effectué un séjour de plusieurs semaines en clôture avant de poursuivre un discernement en vue d’une éventuelle vocation religieuse. Elle quittera finalement la communauté quelques mois plus tard. Depuis, la jeune femme affirme avoir subi de mauvais traitements au cours de son passage à Wisques et dit avoir été victime de « harcèlement ». Elle a progressivement rendu son témoignage public, notamment à travers des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux.
Ces accusations sont contestées par la communauté bénédictine et ne doivent donc pas être présentées comme des faits judiciairement établis. Les bénédictines reprochent de leur côté à Vanessa Tulejova la publication de plusieurs vidéos consacrées à son expérience au monastère, particulièrement sur TikTok. Selon les éléments rapportés par Mediacités, les religieuses ont demandé à la justice le retrait de plusieurs vidéos ainsi que l’interdiction de nouvelles publications les visant. RCF rapporte de son côté que les bénédictines demandent à l’ancienne aspirante de mettre en pause son activité TikTok concernant l’abbaye.
Cette procédure constitue un nouvel épisode d’un conflit devenu particulièrement exposé sur les réseaux sociaux. Elle doit cependant être distinguée du fond des accusations formulées par Vanessa Tulejova : demander le retrait de publications ne signifie pas, en soi, que la justice se soit prononcée sur la réalité des faits qu’elle affirme avoir vécus. De la même manière, les accusations portées publiquement contre la communauté demeurent à ce stade des accusations contestées.
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L’abbaye Notre-Dame de Wisques appartient à la Congrégation de Solesmes. Les premières moniales de Sainte-Cécile de Solesmes se sont installées à Wisques en 1889. La vie de la communauté s’inscrit dans la tradition bénédictine, structurée notamment autour de la prière, du travail et de la vie communautaire. L’abbesse, mère Anne-Laetitia Derreumaux, avait déjà répondu aux accusations lors de leur médiatisation cet été. Elle rappelait notamment que les séjours proposés aux jeunes femmes souhaitant discerner une éventuelle vocation « ne constituent ni un engagement religieux, ni une entrée définitive dans la communauté ». Selon elle, ils doivent permettre de vérifier librement si la vie monastique correspond réellement à la vocation de la personne concernée.
L’affaire est d’autant plus sensible qu’elle confronte deux récits profondément divergents : celui d’une ancienne aspirante affirmant avoir été maltraitée au cours de son discernement et celui d’une communauté religieuse qui conteste ces accusations et considère certaines publications la concernant comme préjudiciables. La procédure judiciaire devra désormais permettre de déterminer ce qui relève juridiquement de la liberté de témoigner et ce qui pourrait éventuellement porter atteinte aux droits de la communauté ou de ses membres.= Dans un dossier aussi conflictuel, une règle demeure essentielle : ne tenir pour établis que les faits qui peuvent l’être, distinguer les témoignages des constatations judiciaires et laisser à la justice le soin de se prononcer sur les demandes dont elle est saisie.


