L’affaire Francis Michel connaît un nouveau développement dans le diocèse d’Évreux. Le 29 septembre, Monseigneur Olivier de Cagny est de nouveau intervenu au sujet de l’ancien curé de Thiberville, figure d’un conflit qui dure depuis plus de quinze ans avec l’autorité diocésaine. Cette nouvelle intervention est directement liée à une cérémonie annoncée pour le dimanche 11 octobre 2026 à Thiberville.
Selon les informations rendues publiques, Aurélien Rivière doit y recevoir ce qui est présenté comme une « ordination diaconale » dans l’« oratoire Saint-Joseph », où se poursuit une activité cultuelle autour de Francis Michel. La cérémonie serait conférée par Dominique Philippe, présenté comme appartenant à une structure appelée « Église catholique gallicane », qui n’est pas en communion avec l’Église catholique romaine. Pour le diocèse d’Évreux, le risque de confusion pour les fidèles justifie donc une nouvelle mise au point.
Francis Michel a longtemps exercé son ministère dans le secteur de Thiberville. À partir de 2009-2010, un profond conflit l’oppose à l’évêque d’Évreux de l’époque, Monseigneur Christian Nourrichard, dans le contexte d’une réorganisation territoriale des paroisses et du départ annoncé du prêtre. Une solution intervient en 2011 avec sa nomination comme recteur du Planquay. Mais le conflit reprend. En 2016, Francis Michel est frappé d’une suspense a divinis, lui interdisant l’exercice du ministère sacerdotal. Il continue néanmoins à célébrer. L’affaire est finalement portée à Rome.
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Le 6 avril 2020, la Congrégation pour le clergé prononce son renvoi définitif de l’état clérical. Il faut ici distinguer deux réalités. Le sacrement de l’ordre imprime, selon la doctrine catholique, un caractère qui ne peut être effacé. Mais le renvoi de l’état clérical interdit à celui qui en fait l’objet d’exercer normalement le ministère attaché à l’ordination. Le canon 292 prévoit ainsi que celui qui perd l’état clérical perd les droits qui lui sont propres, est privé de ses offices et charges et se voit interdire l’exercice du pouvoir d’ordre, sauf exception prévue par le droit.
Le 30 décembre 2025, Monseigneur Olivier de Cagny avait déjà rappelé publiquement que Francis Michel n’avait « plus le droit de célébrer aucun acte du culte catholique » ni de prononcer une homélie. L’évêque précisait que les sacrements célébrés par lui étaient illicites et que les mariages et confessions seraient invalides. L’annonce du 11 octobre fait franchir une nouvelle étape à cette affaire. Il ne s’agit plus uniquement de célébrations poursuivies par Francis Michel malgré son renvoi de l’état clérical. Une cérémonie présentée comme une ordination doit désormais avoir lieu avec l’intervention d’un ministre appartenant à une communauté extérieure à la communion avec Rome.
Dans son intervention du 29 septembre,, Monseigneur de Cagny rappelle que Dominique Philippe n’est pas reconnu par l’Église catholique comme évêque ou prêtre habilité à conférer les ordres en son sein. La cérémonie annoncée ne saurait donc faire d’Aurélien Rivière un diacre de l’Église catholique.
La question de la validité sacramentelle d’une ordination célébrée en dehors de l’Église catholique exige par ailleurs un examen canonique précis, notamment de la succession épiscopale du ministre, de son ordination, de la matière, de la forme et de l’intention. Elle ne doit donc pas être tranchée sur la seule appellation utilisée par le groupe concerné. Une chose est en revanche certaine : une éventuelle cérémonie célébrée le 11 octobre ne conférerait à Aurélien Rivière aucune mission ni aucun ministère dans l’Église catholique. La date du 11 octobre sera donc particulièrement suivie. Derrière le contentieux ancien autour de Francis Michel se pose désormais une question beaucoup plus fondamentale : celle de la communion avec l’évêque diocésain et avec l’Église catholique.


