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Comment le président des évêques allemands veut faire entrer « l’expérience » des couples homosexuels dans les débats au Vatican

Monseigneur Wilmer, président des évêques allemands (capture) - Depositphotos
Monseigneur Wilmer, président des évêques allemands (capture) - Depositphotos
À la veille de la rencontre consacrée aux dix ans d’Amoris laetitia, Monseigneur Heiner Wilmer annonce qu’il portera à Rome l’expérience de couples de même sexe

Du 7 au 14 octobre, le Vatican accueille une importante rencontre internationale consacrée aux dix ans d’Amoris laetitia, l’exhortation apostolique du pape François sur l’amour dans la famille. Parmi les participants figurera Monseigneur Heiner Wilmer, évêque de Hildesheim et président de la Conférence épiscopale allemande. Le prélat n’arrivera pas à Rome les mains vides. Pour préparer cette rencontre, Monseigneur Wilmer explique avoir échangé avec des couples vivant des situations très différentes, notamment desdes couples de même sexe. Il annonce qu’il portera leur « expérience » jusqu’à Rome. La formulation rapportée par le portail catholique allemand Katholisch.de est claire : « Deren Erfahrungen werde er nach Rom mitbringen », soit : « Il portera avec lui à Rome leurs expériences. »

C’est précisément ici que la démarche interroge. Écouter et accompagner pastoralement les personnes homosexuelles appartient évidemment à la mission de l’Église. Le Catéchisme demande qu’elles soient accueillies « avec respect, compassion et délicatesse ». Mais une autre question apparaît lorsque des couples homosexuels, considérés comme tels, deviennent porteurs d’une « expérience » appelée à nourrir une rencontre internationale consacrée au mariage et à la famille.

Car l’Église catholique est précise sur ce sujet , le mariage n’est pas une catégorie extensible en fonction des évolutions sociales. Il est l’alliance d’un homme et d’une femme, ordonnée par sa nature même au bien des époux ainsi qu’à la génération et à l’éducation des enfants.

Et sur ce point, Amoris laetitia elle-même ne laisse guère de place à l’ambiguïté. Au paragraphe 251, François écrit, en reprenant les Pères synodaux :

« En ce qui concerne le projet d’assimiler au mariage les unions entre personnes homosexuelles, il n’y a aucun fondement pour assimiler ou établir des analogies, même lointaines, entre les unions homosexuelles et le dessein de Dieu sur le mariage et la famille. »

Le paradoxe est donc manifeste : c’est précisément à l’occasion des dix ans d’un texte rappelant cette distinction fondamentale que le président des évêques allemands entend faire entrer dans les discussions « l’expérience » de couples homosexuels. La démarche est insidieuse : au nom de l’accueil et de l’accompagnement pastoral, elle tend à normaliser progressivement l’homosexualité dans la réflexion de l’Église sur le mariage et la famille. Sans modifier formellement la doctrine, on en déplace peu à peu les frontières : des couples que l’Église ne reconnaît pas comme des couples mariés deviennent des interlocuteurs dont « l’expérience » est appelée à nourrir précisément une réflexion sur la famille.

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Rappelons que ces dernières années, le Chemin synodal allemand a fait de la morale sexuelle, de l’homosexualité et de la bénédiction des couples de même sexe l’un des principaux terrains de tension avec Rome. Sous la pression des différentes associations et lobby gay, plusieurs de ses orientations ont suscité de fortes réserves du Saint-Siège?

De son coté, Léon XIV a choisi d’inscrire cet anniversaire dans la continuité du magistère sur la famille, rapprochant lui-même Amoris laetitia de Familiaris consortio de saint Jean-Paul II. La rencontre de Rome permettra de mesurer comment cette continuité sera concrètement comprise. Accueillir toute personne est une exigence évangélique. Faire progressivement entrer toutes les formes de couple dans une même réflexion sur le mariage et la famille en est une autre. C’est cette frontière essentielle que la démarche du président des évêques allemands vient mettre à l’épreuve.

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