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[Vidéo] Canada : dans la cathédrale d’Ottawa, une cérémonie de « réconciliation » tourne à la profanation

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Présentée comme une messe de réconciliation avec les peuples autochtones, la célébration du 30 septembre à Notre-Dame d’Ottawa a intégré fumigation, « plantes sacrées » et prière aux esprits aux quatre directions. Plus qu’une réconciliation, c’est un rite spirituel étranger au culte catholique auquel des membres du clergé se sont soumis avant la célébration de l’Eucharistie

Les images sont choquantes pour n’importe quel catholique conscient de ce qu’est une cathédrale et de ce qui se célèbre sur son autel. Dans la cathédrale de Notre-Dame d’Ottawa, de la fumée provenant de plantes présentées comme « sacrées » est dirigée à l’aide d’une plume vers des membres du clergé. Des gestes de purification sont accomplis, puis une prière aux quatre directions prend place. La messe catholique se poursuit ensuite jusqu’à l’Eucharistie.

Mercredi 30 septembre, à 19 heures, cette scène s’est déroulée dans la basilique-cathédrale Notre-Dame d’Ottawa à l’occasion de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation. L’archidiocèse d’Ottawa-Cornwall avait annoncé que des membres des peuples autochtones partageraient leur « culture et leur spiritualité ».

La messe était présidée par le père Daryold Winkler, prêtre catholique d’origine ojibwée. Le Kateri Native Ministry of Ottawa et l’Akwesasne Mohawk Choir participaient également à la célébration. La chronologie est essentielle. Après la procession et le chant d’entrée est intervenu le « smudging », rite traditionnel autochtone de purification. De la fumée provenant de plantes considérées comme sacrées a été éventée à l’aide d’une plume, tandis que des gestes de purification étaient accomplis. Une prière aux quatre directions a également été intégrée à la cérémonie, avec notamment du foin d’odeur, du cèdre, de la sauge et du tabac. Ces plantes ne constituent pas de simples éléments folkloriques : elles sont présentées dans certaines traditions autochtones comme des « médecines sacrées » auxquelles est attachée une signification spirituelle.

Des membres du clergé se sont donc soumis à ce rite païen avant que la messe ne se poursuive jusqu’à la célébration de l’Eucharistie. C’est cet enchaînement qui rend la scène particulièrement grave : un rite de purification appartenant à une autre tradition spirituelle, puis le Saint Sacrifice de la messe.

Une cathédrale n’est pas un espace spirituel neutre

Une cathédrale catholique n’est pas un espace où différentes conceptions du sacré peuvent être successivement mises en œuvre. Elle est consacrée. Le canon 1210 dispose que, dans un lieu sacré, ne doit être admis que « ce qui sert ou favorise le culte, la piété ou la religion » et interdit ce qui ne convient pas « à la sainteté du lieu ».

Le canon 1211 donne à la profanation un sens canonique précis et réserve à l’Ordinaire le jugement permettant de déterminer si une atteinte au lieu sacré nécessite une réparation. Mais théologiquement, la question posée par Ottawa est limpide : introduire dans le sanctuaire un rite possédant une finalité spirituelle de purification étrangère au christianisme porte atteinte au caractère exclusivement chrétien du lieu consacré.

L’Esprit Saint n’est ni une énergie naturelle ni une puissance spirituelle parmi d’autres. Il est Dieu, troisième Personne de la Sainte Trinité.

De même, la purification chrétienne ne vient pas d’une plante investie d’une puissance sacrée. Le chrétien est lavé par le baptême, réconcilié dans le sacrement de pénitence et sanctifié par la grâce du Christ. La comparaison avec l’encens catholique serait trompeuse. L’encens n’est pas doté d’un pouvoir spirituel autonome : il est un signe de la prière qui monte vers Dieu. Le prêtre catholique ne demande pas à une plante de purifier son âme. Et l’autel n’est pas une table cérémonielle commune aux différentes spiritualités. Il est consacré au Christ. C’est là que se célèbre l’Eucharistie et que, selon la foi catholique, le pain et le vin deviennent réellement le Corps et le Sang du Seigneur.

L’Église n’est nullement hostile aux cultures. Sacrosanctum Concilium affirme le respect dû aux traditions des différents peuples. Mais Vatican II pose une limite : ces éléments ne doivent pas être « indissolublement liés à des superstitions et à des erreurs » et doivent s’harmoniser avec « les principes d’un véritable et authentique esprit liturgique ». C’est toute la différence entre inculturation et syncrétisme.

Une langue autochtone peut devenir langue de prière chrétienne. Une musique traditionnelle peut chanter le Christ. Une forme artistique propre à un peuple peut représenter la Vierge ou les saints. L’inculturation accueille ce qu’une culture possède de vrai et de beau pour l’ordonner au Christ. Le syncrétisme commence lorsque rites et croyances provenant d’univers religieux différents sont mélangés au point d’en brouiller les frontières. L’acculturation, elle, désigne simplement les transformations produites par la rencontre entre plusieurs cultures.

La véritable réconciliation passe par le Christ

Les souffrances vécues par les peuples autochtones doivent être reconnues. Les fautes commises par des catholiques, lorsqu’elles sont établies, doivent être regardées en face et les victimes écoutées. Mais la repentance chrétienne ne commande jamais de relativiser la foi. La véritable réconciliation passe par le Christ. Saint Paul l’affirme : « C’est lui, le Christ, qui est notre paix » (Ep 2, 14). Et Jésus dit : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix » (Jn 14, 27).

La réconciliation possède un nom : Jésus-Christ. La vraie Paix possède un visage : Jésus-Christ. Elle possède un Esprit : l’Esprit Saint. Elle possède un sacrifice : celui du Calvaire, rendu sacramentellement présent dans l’Eucharistie. À Ottawa, cette frontière a été brouillée. Des membres du clergé se sont soumis à un rite païen de purification avant de poursuivre la messe. Sous couvert de réconciliation, l’inculturation a laissé place à la confusion religieuse. Et lorsque cette confusion pénètre jusque dans le sanctuaire, devant l’autel consacré au Christ, il faut avoir le courage catholique de la nommer : une profanation.

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