La vidéo a fait le tour des réseaux sociaux. Plusieurs adolescents se filment à l’intérieur de l’église Saint-Hilaire de Soullans, en Vendée, transformant un lieu consacré au culte catholique en décor pour leurs provocations. Certains montent sur l’autel tandis qu’est diffusé un morceau de rap faisant référence à plusieurs figures du terrorisme. Une profanation qui a provoqué une vive émotion dans la paroisse et conduit à la fermeture de l’église jusqu’à nouvel ordre. La messe de réparation sera célébrée le lundi 12 octobre à 19 heures en présence de Monseigneur Renauld de Dinechin, évêque de Luçon.
Les faits se sont produits dimanche 4 octobre, dans l’après-midi, quelques heures après la messe dominicale. Selon le maire de Soullans, Vincent Jolly, une dizaine de mineurs seraient concernés et le plus âgé n’aurait que 14 ans. L’affaire a rapidement pris une autre dimension lorsque les images ont commencé à circuler sur les réseaux sociaux. Les parents des jeunes concernés ont alors conduit eux-mêmes leurs enfants à la gendarmerie, où ils ont été entendus.
Une enquête pour apologie du terrorisme
Le contenu sonore de la vidéo est au cœur de l’affaire. Les adolescents ont diffusé le morceau « MRH » du rappeur Boro700, dont les paroles multiplient les références à Mohamed Merah, Salah Abdeslam ou encore aux attentats du Bataclan. Le parquet de La Roche-sur-Yon a ouvert une enquête pour apologie du terrorisme. La mairie de Soullans a également déposé plainte. À l’intérieur de l’église, des objets et du mobilier ont été renversés et des traces de brûlures ont été constatées sur des bancs. Les dégâts matériels apparaissent toutefois limités. La gravité de l’affaire est ailleurs : dans l’atteinte portée à un lieu sacré et, tout particulièrement, à l’autel autour duquel est célébré le Saint Sacrifice de la messe.
Le diocèse de Luçon confirme la profanation
Mardi 6 octobre, le diocèse de Luçon a publié un communiqué ne laissant aucune ambiguïté sur la qualification des faits : « Une vidéo circulant sur les réseaux sociaux laisse voir la profanation de l’église Saint-Hilaire de Soullans par plusieurs jeunes qui y ont notamment diffusé de la musique faisant l’apologie du terrorisme. » Le diocèse exprime « sa tristesse et sa réprobation devant ces actes, qui constituent une atteinte grave à un lieu de culte et à la sérénité de la communauté paroissiale ». Une église n’est en effet pas un bâtiment ordinaire. Elle est un lieu consacré à Dieu, destiné à la célébration des sacrements et particulièrement de l’Eucharistie. Porter volontairement atteinte à son caractère sacré constitue donc bien davantage qu’une simple incivilité.
L’église fermée jusqu’à la réparation liturgique
La conséquence est immédiate. « Par mesure de précaution et dans l’attente de la réparation liturgique, l’église est fermée jusqu’à nouvel ordre », indique le diocèse. Toutes les célébrations qui devaient s’y tenir sont suspendues. Une messe de réparation devra être célébrée avant le retour à une vie liturgique normale. Cette réparation répond à la nature même de l’offense : lorsqu’un lieu sacré est gravement profané, l’Église prévoit une célébration pénitentielle destinée à réparer l’outrage et à rétablir le lieu dans sa destination au culte divin.
La mairie et la gendarmerie travaillent désormais avec la paroisse et le diocèse afin que « toute la lumière soit faite sur ces faits ». Le diocèse appelle néanmoins les fidèles à ne céder ni à la colère ni à la vengeance. Mercredi 7 octobre, en la fête de Notre-Dame du Rosaire, il rappelle l’appel lancé par Léon XIV depuis Lourdes à prier le Rosaire pour la paix durant le mois d’octobre.La réponse chrétienne à la profanation demeure ainsi la vérité sur la gravité de l’acte, la justice quant aux responsabilités, mais aussi la prière et la réparation. À Soullans, cette réparation prendra une forme très concrète : tant qu’elle n’aura pas été accomplie, les portes de l’église Saint-Hilaire resteront closes.
communiqué du diocèse de Luçon



