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Monseigneur Jan Romeo Pawłowski, diplomate chevronné du Saint-Siège, envoyé par Léon XIV dans une Irlande profondément sécularisée

cathédrale Saint Patrick à Dublin ( Depositphotos) -  Monseigneur Jan Romeo Pawłowski ( wiki)
cathédrale Saint Patrick à Dublin ( Depositphotos) - Monseigneur Jan Romeo Pawłowski ( wiki)
Mercredi 7 octobre, Léon XIV a nommé Mgr Jan Romeo Pawłowski nonce apostolique en Irlande. Un diplomate expérimenté arrive dans une Église en pleine recomposition, dans un pays où la part des catholiques est tombée de 79 % à 69 % entre 2016 et 2022

Ce mercredi 7 octobre, Léon XIV a nommé Monseigneur Jan Romeo Pawłowski, jusqu’ici nonce apostolique en Grèce, nouveau nonce apostolique en Irlande. Derrière une nomination diplomatique en apparence classique, le choix mérite attention : le Pape envoie à Dublin un prélat qui connaît particulièrement bien les rouages de la diplomatie pontificale, dans un pays dont le paysage religieux s’est profondément transformé. La décision intervient seulement six jours après une rencontre entre les deux hommes. Jeudi 1er octobre, Léon XIV avait reçu Mgr Pawłowski en audience au Vatican, alors qu’il exerçait encore ses fonctions de nonce en Grèce.

Un homme du sérail diplomatique romain

Né en 1960 en Pologne et ordonné prêtre en 1985, Jan Romeo Pawłowski possède une longue expérience au service du Saint-Siège. Son parcours l’a conduit dans plusieurs représentations pontificales avant d’exercer d’importantes responsabilités à Rome. Son profil se distingue notamment par son passage au cœur de l’appareil diplomatique du Vatican. Avant son départ pour Athènes, il a été secrétaire pour les Représentations pontificales, fonction qui lui a donné une connaissance approfondie du réseau diplomatique du Saint-Siège. Jeudi 1er décembre 2022, le pape François l’avait nommé nonce apostolique en Grèce. Léon XIV lui confie désormais l’Irlande, où le poste était vacant depuis la renonciation de Mgr Luis Mariano Montemayor, acceptée par le Pape le 11 juillet dernier.

De 79 % à 69 % de catholiques en six ans

Les chiffres permettent de mesurer l’ampleur du bouleversement auquel l’Église irlandaise est confrontée. Selon le dernier recensement disponible, celui de 2022, 3,516 millions d’habitants de la République d’Irlande se déclaraient catholiques, soit 69 % de la population. En 2016, ils étaient encore 79 %. En six ans, le nombre de personnes se déclarant catholiques a diminué de plus de 180 000.

Dans le même temps, 736 210 personnes déclaraient n’avoir aucune religion, soit plus de 14 % de la population. Leur nombre a progressé de 63 % depuis 2016 et de 187 % depuis 2011. La situation est encore plus frappante dans la capitale. À Dublin, prise dans son ensemble, 59 % des habitants se déclaraient catholiques en 2022 ; dans la seule ville de Dublin, cette proportion tombait à 53 %. À l’inverse, elle atteignait encore 80 % dans le comté de Mayo. Ces chiffres ne signifient évidemment pas que le catholicisme aurait disparu d’Irlande : plus des deux tiers de la population continuaient à s’en réclamer en 2022. Mais ils témoignent de la rapidité exceptionnelle de la sécularisation d’un pays qui fut pendant des générations l’un des bastions du catholicisme européen.

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Une Église qui doit désormais transmettre à nouveau la foi

Le nouveau nonce arrive donc dans une Église confrontée non seulement à la baisse de la pratique et à la crise des vocations, mais à une question plus fondamentale : comment transmettre la foi lorsque le catholicisme ne constitue plus l’évidence culturelle qu’il fut autrefois ? La question éducative demeure elle-même sensible. Vendredi 22 mai, lorsque Léon XIV avait reçu le Premier ministre irlandais Micheál Martin, les discussions au Vatican avaient porté sur les relations entre l’Église et l’État irlandais, avec une « attention particulière » accordée précisément au domaine de l’éducation.

Dans ce contexte, la mission d’un nonce ne se réduit pas à celle d’un ambassadeur. Représentant du Saint-Siège auprès de l’État, il constitue aussi un lien essentiel entre Rome et l’Église locale. Son rôle est notamment important dans le processus conduisant aux nominations épiscopales, particulièrement déterminantes lorsqu’une Église traverse une période de profonde recomposition. Dans un pays où l’Église ne peut plus s’appuyer sur la position sociale qui fut longtemps la sienne, la mission devient plus directement missionnaire : non plus seulement accompagner un catholicisme hérité, mais annoncer de nouveau le Christ à une société qui s’en est largement éloignée.

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