Le XVe Congrès national italien de l’Association internationale des exorcistes (AIE), organisé au centre Fraterna Domus de Sacrofano, a permis aux participants de partager leurs expériences pastorales et d’approfondir les fondements spirituels de leur ministère. Plusieurs interventions ont notamment porté sur des cas de possession présumée, le chant sacré et la place de la Vierge Marie dans le combat contre le démon. Le frère Benigno Palilla, exorciste de l’archidiocèse de Palerme, a rapporté le cas d’une jeune femme qu’il affirme avoir accompagnée pendant deux ans et demi avant sa délivrance, survenue, selon lui, le jour de la mémoire liturgique de saint Padre Pio. Le père Michele Tenzon, ancien exorciste du diocèse de Vintimille-Sanremo, a évoqué une Sud-Américaine qui aurait été « offerte aux esprits » par sa famille. Ces témoignages, dont la nature surnaturelle ne peut être établie indépendamment, ont été l’occasion de rappeler l’importance du discernement, de la vie sacramentelle et de la prière.
Le père Giuseppe Grassi, exorciste et directeur du bureau de musique sacrée de l’archidiocèse de Brindisi-Ostuni, a souligné la place des psaumes, du chant grégorien et des cantiques traditionnels en l’honneur de la Vierge Marie. Loin de toute conception magique, la musique sacrée accompagne la prière de l’Église et élève l’âme vers Dieu.
La Vierge Marie, protectrice dans le combat contre le mal
Le père Salvatore Perrella, religieux des Servites de Marie et ancien doyen de la faculté pontificale Marianum, a consacré son intervention à la place de la Mère de Dieu dans les exorcismes. Il a rappelé que Marie, intimement associée au mystère de l’Incarnation et à l’œuvre rédemptrice de son Fils, occupe une place singulière dans le combat spirituel. Son intercession, invoquée depuis les premiers siècles par les chrétiens, demeure pour l’Église un recours privilégié contre les puissances du mal. Cette place de la Sainte Vierge trouve ses fondements dans l’Écriture. Dès le livre de la Genèse, après la chute d’Adam et Ève, Dieu annonce l’hostilité entre le serpent et la femme, entre leurs descendances respectives (Gn 3, 15). Ce passage, traditionnellement appelé le Protévangile, a été interprété par la tradition chrétienne comme une première annonce de la victoire du Christ sur Satan, à laquelle Marie est associée d’une manière unique.
Cette dimension apparaît également dans le chapitre 12 de l’Apocalypse, où saint Jean décrit une Femme « enveloppée du soleil, la lune sous ses pieds et une couronne de douze étoiles sur sa tête », affrontée au Dragon. Si cette figure renvoie d’abord au peuple de Dieu et à l’Église, la tradition catholique y reconnaît également une dimension mariale. Marie, nouvelle Ève, apparaît ainsi dans l’histoire du salut comme celle dont le consentement à la volonté divine a permis l’Incarnation du Rédempteur.
La puissance de son intercession ne relève donc d’aucune force autonome ou magique. Elle découle entièrement de son union au Christ. Préservée du péché originel dès sa conception, la Vierge Marie est celle qui a répondu sans réserve à la grâce divine, là où le démon s’est définitivement détourné de Dieu. Cette opposition entre l’humilité de Marie et l’orgueil de Satan traverse toute la tradition spirituelle catholique.
Dans le ministère de l’exorcisme, le recours à la Sainte Vierge prend ainsi tout son sens. Les prières mariales, le Rosaire et les invocations à la Mère de Dieu accompagnent la supplication de l’Église, sans jamais se substituer au rite d’exorcisme lui-même, réservé aux prêtres expressément autorisés par leur évêque. Au-delà des témoignages rapportés lors de ce congrès, les interventions des exorcistes rappellent une vérité que l’Église n’a jamais cessé d’enseigner : Satan n’est pas une simple représentation symbolique du mal, mais un ange déchu dont l’action demeure réelle, bien que limitée par la toute-puissance divine. Face à lui, la foi catholique ne propose ni superstition ni recherche du spectaculaire, mais la prière, les sacrements et la confiance dans la victoire définitive du Christ.
C’est dans cette victoire que s’inscrit la mission maternelle de Marie. Celle qui s’est tenue debout au pied de la Croix demeure, selon la foi de l’Église, une mère attentive aux combats spirituels de ses enfants.
En rappelant la puissance de son intercession, les prêtres exorcistes ont ainsi remis au cœur de leur ministère une conviction profondément enracinée dans la tradition catholique : là où le démon cherche à séparer l’homme de Dieu, la Vierge Marie ne cesse de le conduire vers son Fils, seul Sauveur et vainqueur du mal.


