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Comment le diocèse de Paris compte-t-il accueillir et accompagner les nouveaux baptisés ?

Notre Dame de Paris - Depositphotos
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Les 10 et 11 octobre, l’Assemblée ecclésiale provinciale d’Île-de-France tiendra sa première session plénière à Paris. Face à l’afflux de catéchumènes et de nouveaux baptisés, les évêques et les délégués des diocèses réfléchiront aux moyens de mieux accueillir, former et accompagner ces nouveaux fidèles dans la durée

L’augmentation du nombre d’adultes demandant le baptême constitue l’une des évolutions les plus marquantes de la vie de l’Église catholique en France. Mais derrière la joie de voir des hommes et des femmes découvrir le Christ se pose une question pastorale essentielle : comment permettre à ces nouveaux chrétiens de trouver durablement leur place dans l’Église ? C’est l’un des enjeux du concile provincial d’Île-de-France, élargi en Assemblée ecclésiale provinciale, auquel participe le diocèse de Paris aux côtés des autres diocèses franciliens. Après une phase de consultation et une ouverture solennelle à Notre-Dame de Paris, le 31 mai dernier, cette démarche entre dans une nouvelle étape avec trois sessions plénières destinées à approfondir les orientations pastorales issues des consultations.

Léon XIV appelle à construire « une Église en état d’initiation »

Cette réflexion a reçu un encouragement particulier du pape Léon XIV lors de son voyage apostolique en France. Samedi 26 septembre, à l’Institut catholique de Paris, le souverain pontife avait rencontré les participants à l’Assemblée ecclésiale provinciale. Devant eux, il avait appelé à imaginer et incarner « une Église en état d’initiation, prenant soin des catéchumènes, des néophytes et de ceux qui recommencent leur cheminement ; en leur offrant, sur le temps, un solide soutien ».

Cette exhortation souligne une difficulté bien connue des communautés paroissiales : recevoir le baptême ne signifie pas avoir achevé sa formation chrétienne. Le sacrement ouvre au contraire une vie nouvelle, qui demande à être nourrie par l’Eucharistie, la prière, l’enseignement de la foi et l’intégration dans une communauté ecclésiale.

La tradition de l’Église accorde une place particulière à la mystagogie, cet approfondissement des mystères célébrés qui permet aux nouveaux baptisés de mieux comprendre les sacrements reçus. Dans une société largement déchristianisée, cette formation apparaît d’autant plus nécessaire que nombre de catéchumènes découvrent la foi sans avoir bénéficié d’une transmission familiale chrétienne.

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Samedi 10 octobre, ou dimanche 11 octobre avec l’accord de l’évêque, les communautés sont invitées à célébrer la messe prévue par le Missel romain pour un concile ou un synode. Une prière universelle commune est également proposée afin que les délégués réunis autour des évêques discernent les changements nécessaires à l’accueil des nouveaux fidèles. Le document recommande surtout de donner la parole à des personnes récemment baptisées ou confirmées, ainsi qu’aux accompagnateurs du catéchuménat. Ces témoignages doivent permettre de comprendre ce qui a conduit ces hommes et ces femmes vers le Christ, comment ils ont été accueillis et quelles difficultés ils ont rencontrées pour trouver leur place dans une paroisse.

Une question est notamment proposée : « Qu’est-ce qui m’a attiré vers le Christ et l’Église ? » Une autre invite les nouveaux baptisés à évoquer les obstacles rencontrés dans leur intégration à la communauté chrétienne. Cette démarche entend faire remonter des expériences concrètes, au-delà des seules réflexions institutionnelles.

Accueillir ne suffit pas : encore faut-il transmettre la foi

L’enjeu dépasse cependant la seule qualité de l’accueil. Une paroisse peut se montrer chaleureuse sans nécessairement offrir aux nouveaux baptisés les moyens d’approfondir leur foi. La connaissance de l’Écriture, l’enseignement du Catéchisme de l’Église catholique, la fréquentation régulière des sacrements et l’apprentissage de la prière constituent les fondements indispensables d’une vie chrétienne appelée à grandir. L’Assemblée ecclésiale provinciale devra ainsi réfléchir à la manière dont les communautés peuvent accompagner les néophytes après leur baptême, lorsque l’enthousiasme des premiers mois rencontre les exigences ordinaires de la fidélité chrétienne.

Le document préparatoire ne présente pas encore de décisions pastorales arrêtées. Il propose un cadre de prière, d’écoute et de discernement destiné à nourrir les travaux des prochaines sessions.

Pour le diocèse de Paris comme pour l’ensemble des diocèses franciliens, la question demeure fondamentale : comment faire en sorte que ceux qui demandent aujourd’hui à entrer dans l’Église y trouvent non seulement une communauté fraternelle, mais aussi une formation doctrinale solide et une véritable vie sacramentelle ? Car le renouveau que manifeste l’arrivée de nouveaux baptisés ne pourra porter durablement du fruit que si l’Église sait leur transmettre, dans toute sa richesse et son exigence, la foi qu’ils sont venus chercher.

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