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Vatican : Le pape Léon XIV confie la basilique Saint-Pierre à Monseigneur Viola, artisan d’une application stricte des restrictions contre la messe traditionnelle

Monseigneur Vittorio Francesco Viola - capture
Monseigneur Vittorio Francesco Viola - capture
Samedi 10 octobre 2026, Léon XIV a nommé Mgr Vittorio Francesco Viola archiprêtre de la basilique Saint-Pierre, vicaire général pour la Cité du Vatican et président de la Fabrique de Saint-Pierre. Ce franciscain, proche collaborateur du cardinal Arthur Roche et acteur de l'application de Traditionis custodes, succède au cardinal Mauro Gambetti

La nomination de Monseigneur Vittorio Francesco Viola à la tête de la basilique Saint-Pierre constitue l’un des mouvements les plus significatifs de cette semaine au Vatican. Le pape Léon XIV confie trois responsabilités majeures à un prélat qui occupait jusqu’ici le poste de secrétaire du Dicastère pour le culte divin et la discipline des sacrements, au cœur des décisions romaines concernant la liturgie. Le choix est d’autant plus notable que Monseigneur Viola a participé directement à l’application des restrictions décidées sous François concernant la célébration de la messe selon le missel de 1962. Son arrivée à Saint-Pierre intervient alors que la question de la liturgie traditionnelle demeure un sujet sensible dans l’Église.

Un successeur au cardinal Mauro Gambetti

Le 3 octobre, Léon XIV avait nommé le cardinal Mauro Gambetti archevêque métropolitain de Chieti-Vasto, dans les Abruzzes. Ce franciscain conventuel, créé cardinal par François en novembre 2020, dirigeait depuis février 2021 la basilique Saint-Pierre, la Fabrique de Saint-Pierre et le vicariat général pour la Cité du Vatican. Son départ a donc libéré trois fonctions qui concentrent d’importantes responsabilités spirituelles, administratives et patrimoniales. L’archiprêtre veille à la vie de la basilique édifiée sur la tombe de l’apôtre Pierre. Le président de la Fabrique supervise sa conservation, son entretien et son fonctionnement. Le vicaire général exerce, au nom du Souverain Pontife, une autorité pastorale sur la Cité du Vatican.

Un franciscain formé à Assise et spécialiste de la liturgie

Né le 4 octobre 1965 à Biella, dans le Piémont, Vittorio Francesco Viola appartient à l’Ordre des Frères mineurs. Il a prononcé ses vœux solennels le 14 septembre 1991 et reçu l’ordination sacerdotale le 3 juillet 1993, dans la basilique Sainte-Marie-des-Anges, à Assise. Après ses études théologiques, il s’est spécialisé à l’Institut pontifical liturgique Saint-Anselme, à Rome, où il a obtenu un doctorat en liturgie sacrée en février 2000. Son parcours est profondément marqué par Assise. Il a été responsable du couvent de la Portioncule, puis gardien du couvent de la basilique Sainte-Claire. Il a également dirigé l’office liturgique régional d’Ombrie et enseigné la liturgie, notamment à Saint-Anselme. Le 15 octobre 2014, François l’avait nommé évêque de Tortona.

Sept ans plus tard, le 27 mai 2021, il l’appelait à Rome comme secrétaire de la Congrégation pour le culte divin, aux côtés de Mgr Arthur Roche, nommé préfet le même jour. C’est précisément cette période qui donne à la nomination actuelle une portée particulière. En juillet 2021, François promulguait Traditionis custodes, restreignant les possibilités de célébrer la liturgie selon le missel romain de 1962. Le texte rompait avec l’approche plus favorable à la coexistence des deux formes du rite romain établie par Benoît XVI dans Summorum Pontificum. Le 18 décembre 2021, la Congrégation pour le culte divin publiait des Responsa ad dubia, accompagnés de notes explicatives, afin de préciser l’application de ces restrictions. Mgr Viola signait officiellement ce document en qualité d’archevêque secrétaire. Les réponses concernaient notamment l’utilisation des églises paroissiales, les autorisations nécessaires et certaines conditions imposées aux célébrations traditionnelles. Elles ont contribué à renforcer l’encadrement romain de cette liturgie.

Il serait excessif d’attribuer personnellement à Mgr Viola l’ensemble de cette politique, décidée par François et conduite sous l’autorité du cardinal Roche. Mais sa signature engageait sa responsabilité institutionnelle dans la mise en œuvre de ces dispositions. Pour les fidèles attachés à la liturgie traditionnelle, cette nomination ne saurait donc être considérée comme un simple changement administratif.

Le même jour, Léon XIV a nommé Mgr Aurelio García Macías secrétaire du Dicastère pour le culte divin, en remplacement de Mgr Viola. Jusqu’ici sous-secrétaire, ce prélat espagnol avait lui aussi été appelé à cette institution par François en mai 2021. Le cardinal Arthur Roche demeure préfet. La promotion de son ancien sous-secrétaire confirme ainsi la continuité de l’équipe dirigeante, sans annoncer de réorientation doctrinale ou disciplinaire. À Saint-Pierre, Mgr Viola hérite désormais d’une responsabilité qui dépasse les débats liturgiques. La basilique vaticane est un lieu central de la communion catholique, où la célébration des sacrements, la dignité du culte et l’accueil des pèlerins doivent manifester la foi de l’Église universelle.

Sa nomination ne préjuge pas des décisions futures de Léon XIV concernant Traditionis custodes. Elle révèle néanmoins un choix significatif : le Pape confie l’un des sanctuaires les plus importants de la chrétienté à un prélat étroitement associé à la politique liturgique du pontificat précédent. Reste à observer comment Mgr Viola exercera cette nouvelle charge, dans un lieu où l’unité de l’Église doit trouver une expression particulièrement visible.

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