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« Jésus-Christ revient nous déclarer son amour et attend notre “oui” » : Léon XIV rappelle que Dieu invite l’homme à entrer dans sa joie

Léon XIV lors de l'Angelus du 11 octobre 2026  - capture
Léon XIV lors de l'Angelus du 11 octobre 2026 - capture
INTEGRALITE DU TEXTE : L’Église, épouse du Christ et demeure de la grâce, est appelée à manifester la fécondité de la vie nouvelle reçue au baptême. Une vie dont la joie véritable procède du salut offert par Jésus-Christ

Dimanche 11 octobre, devant les fidèles réunis place Saint-Pierre, Léon XIV a proposé une méditation sur l’une des paraboles les plus exigeantes de l’Évangile : celle des invités aux noces du fils du roi (Mt 22, 1-14). Derrière l’image familière d’un banquet se déploie tout le mystère du salut, depuis l’initiative gratuite de Dieu jusqu’à la réponse que chaque homme est appelé à lui donner. Pour éclairer ce passage, le Saint-Père s’est appuyé sur saint Thomas d’Aquin et cette formule fondamentale de la métaphysique chrétienne : « Bonum dicitur diffusivum sui », le bien tend à se communiquer lui-même. Dieu, souverain Bien, n’a nul besoin de la créature pour être parfaitement heureux. Pourtant, dans la liberté de son amour, il appelle l’homme à participer à sa propre béatitude.

La création, l’Incarnation et la Rédemption procèdent de cette générosité divine. Le banquet nuptial décrit par saint Matthieu n’est donc pas une simple image de convivialité : il annonce la communion éternelle à laquelle Dieu destine ceux qui accueillent sa grâce.

Léon XIV a rappelé que les premiers invités déclinent l’invitation du roi. Certains poursuivent leurs occupations, d’autres maltraitent et tuent ses serviteurs. Cette indifférence, qui devient parfois persécution, traverse toute l’histoire du salut. Le refus des invités manifeste le mystère redoutable de la liberté humaine. Dieu appelle, mais ne contraint pas. Sa grâce précède la réponse de l’homme sans abolir sa volonté. La tradition catholique enseigne précisément cette coopération entre l’initiative divine et le libre consentement de la créature.

Le pape souligne que le roi, malgré les refus, n’annule pas les noces. Il étend son invitation à ceux qui se trouvent sur les chemins. Cette ouverture annonce l’universalité du salut offert en Jésus-Christ et la mission de l’Église, envoyée vers toutes les nations.

Il convient cependant de ne pas oublier la conclusion de la parabole, que le Saint-Père n’a pas développée : l’homme entré sans vêtement de noces est exclu du banquet. L’appel universel à la grâce n’efface donc ni l’exigence de conversion ni celle d’une vie conforme à l’Évangile. Saint Grégoire le Grand voyait notamment dans ce vêtement la charité, sans laquelle l’appartenance extérieure à la communauté des croyants demeure insuffisante. Reprenant saint Jérôme, Léon XIV identifie le roi au Père céleste, l’époux au Christ et l’épouse à l’Église. Cette lecture patristique rejoint l’enseignement de saint Paul : le Christ aime l’Église et se livre pour elle afin de la sanctifier (Ep 5, 25-27).

« Le Fils du Roi, Jésus-Christ, revient nous déclarer son amour et attend notre “oui” », affirme le pape.

Cette parole exprime la dimension profondément nuptiale de la foi chrétienne. Croire ne consiste pas seulement à reconnaître des vérités, mais à adhérer personnellement à Celui qui est la Vérité, dans la communion de son Église. Léon XIV évoque également la « robe blanche du baptême » et les « joyaux des bonnes œuvres ». L’image rappelle que le baptême n’est pas un simple rite d’accueil communautaire : il remet les péchés, communique la grâce sanctifiante et incorpore réellement au Corps du Christ. Les bonnes œuvres, accomplies sous l’action de cette grâce, manifestent ensuite la fécondité de la vie nouvelle.

Enfin, le Saint-Père distingue la joie chrétienne d’un optimisme superficiel. Elle demeure possible au milieu des épreuves parce qu’elle trouve sa source dans le Christ ressuscité. Cette joie n’est ni une émotion passagère ni une consolation psychologique. Elle naît de l’espérance théologale et de la certitude que la mort n’a pas le dernier mot. En confiant à la Vierge Marie le soin de nous aider à annoncer cette joie « avec générosité, avec courage et avec foi », Léon XIV rappelle ainsi la vocation première des baptisés : répondre à l’amour du Christ et conduire les âmes vers les noces éternelles de l’Agneau.

PAPE LÉON XIV

ANGÉLUS

Place Saint-Pierre
Dimanche 11 octobre 2026

Chers frères et sœurs, bon dimanche !

Aujourd’hui, dans l’Évangile, Jésus évoque les noces organisées par un roi pour son fils (cf. Mt 22, 1-14).

Le mariage d’un fils est un moment particulier pour toute famille, et ce père heureux souhaite partager sa joie avec tout le monde. Il offre un banquet et invite de nombreuses personnes. Saint Thomas d’Aquin dit, à ce sujet, que le bien tend par nature à se répandre : « Bonum dicitur diffusivum sui » (Summa theologiae, I, q. 5 a. 4, ad 2), et notre récit nous parle, dans un contexte particulier de la vie quotidienne, de cette réalité. Lorsqu’il se produit quelque chose de bon, une lumière s’allume qui incite à faire partager son bonheur aux autres.

Face à une offre aussi belle, cependant, les invités, au lieu de se joindre à la fête, se dérobent et préfèrent continuer à vaquer à leurs occupations. Certains, agacés, vont même jusqu’à insulter, voire à tuer, les messagers du roi. Cela arrive malheureusement aussi : le bien que nous offrons n’est pas toujours compris, reconnu, apprécié ; au contraire, il est parfois mal interprété et rejeté. Mais cela ne doit pas nous décourager. Face à ce refus, le roi n’annule pas les noces et ne met pas fin aux festivités ; au contraire, il étend son appel à un nombre encore plus grand de personnes, en envoyant ses serviteurs les appeler dans les rues, afin que la joie des mariés soit un cadeau pour tout le monde.

À ce stade, nous nous demandons : qui représentent les protagonistes de cette histoire ? Saint Jérôme identifie le roi au Père du Ciel, l’époux à Jésus et l’épouse à l’Église (cf. Commentaire sur Matthieu, Livre III, chap. 22). Parmi ces protagonistes, nous nous trouvons nous aussi, choisis par le Seigneur pour partager avec Lui notre existence et pour être, avec Lui, porteurs de vie. La fête des noces est la nôtre, et la salle du banquet, ce sont nos églises, nos maisons, les lieux où nous vivons, et où, chaque jour, le Fils du Roi, Jésus-Christ, revient nous déclarer son amour et attend notre « oui ». C’est là que nous Le rencontrons, revêtus, comme l’épouse, de la robe blanche du baptême et parés des joyaux des bonnes œuvres, qui nous rapprochent de Dieu et les uns des autres.

La joie que nous annonçons n’est pas artificielle, mais profonde, concrète, réelle, belle comme les visages des personnes que nous rencontrons, vraie comme le travail, les sourires, les larmes, les poignées de main, les gestes de bienveillance qui ponctuent nos journées. Et c’est un don de Dieu, pour le salut du monde.

Demandons donc à Marie, Mère du Seigneur, de nous aider à grandir dans cette joie et à l’annoncer toujours et partout, même là où elle n’est pas comprise, avec générosité, avec courage et avec foi.

À l’issue de l’Angélus

Chers frères et sœurs,

hier, à Mantoue, a été béatifiée Sœur Maria Ignazia Isacchi, fondatrice de la Congrégation des Sœurs Ursulines du Sacré-Cœur de Jésus. Entre la fin du XIXe siècle et les premières décennies du XXe siècle, elle s’est dévouée avec une charité courageuse au service des personnes nécessiteuses et défavorisées. Que son exemple ravive en chacun de nous le désir d’être, dans le monde, des témoins de l’amour évangélique envers tous.

La guerre qui ravage l’Ukraine continue de causer des souffrances bien au-delà de ses frontières, surtout dans les pays les plus pauvres, où beaucoup de personnes dépendent des importations de céréales. Je lance un appel pressant aux parties en conflit afin qu’elles permettent le transport en toute sécurité des céréales en mer Noire. Le pain quotidien de millions de personnes ne peut être pris en otage par la guerre.

C’est aujourd’hui en Italie la Journée des victimes d’accidents du travail. Je salue l’Association Nationale des Mutilés et Invalides du Travail et j’encourage les efforts de prévention.

Je vous souhaite à tous, Romains et pèlerins, une chaleureuse bienvenue !

Je salue les membres de la Hermandad del Señor de los Milagros à Rome et tous ceux qui ont participé à la procession avec l’icône vénérée du Crucifié. Merci pour vos prières en vue de la visite pastorale que j’effectuerai au Pérou.

J’accueille avec joie les fidèles de l’éparchie grecque-catholique de Mukacevo en Ukraine, accompagnés de leur évêque ; l’Asociación de fieles Hakuna ; les Antiguas Alumnas Jesús Maria España ; le chœur et l’école de chant choral de la cathédrale de Haarlem, aux Pays-Bas ; ainsi que les fidèles venus de Vienne.

Je salue les jeunes du vicariat de Chiaravalle, dans le diocèse de Senigallia ; les membres de l’AIDO de la province de Belluno ; le groupe « Ars Enotria » de Cosenza ; et l’équipe féminine de football de l’hôpital de Biella.

Chers amis, récemment, à l’occasion de certains examens, les médecins ont trouvé un nodule circonscrit au poumon. Il a été détecté à un stade très précoce et est bien localisé. Les médecins estiment qu’il convient d’intervenir et, suivant leurs conseils, j’ai décidé de subir une intervention chirurgicale pour le retirer. Cette intervention est déjà programmée dans les prochains jours. Je vous remercie pour votre soutien spirituel et je m’en remets à vos prières.

Merci et bon dimanche à tous !

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