Ce Mardi 13 octobre 2026, le Saint-Siège a annoncé la nomination de Monseigneur Miguel Ángel Martínez Méndez, 67 ans, comme évêque coadjuteur du diocèse de Huehuetenango, dans l’ouest du Guatemala, à proximité de la frontière mexicaine. Jusqu’à présent responsable du vicariat apostolique d’Izabal, le prélat est appelé à seconder le cardinal Álvaro Leonel Ramazzini Imeri, qui dirige ce diocèse depuis 2012 et a atteint l’âge de 75 ans en juillet dernier.
Cette nomination prépare donc une succession importante dans l’épiscopat guatémaltèque. Selon le droit canonique, un évêque coadjuteur dispose du droit de succéder automatiquement à l’évêque diocésain lorsque son siège devient vacant. Contrairement à un évêque auxiliaire, il est ainsi appelé à prendre lui-même la direction du diocèse. Né le 5 mai 1959 à Yupiltepeque, dans le département de Jutiapa, Mgr Miguel Ángel Martínez Méndez a étudié la philosophie et la théologie au Grand Séminaire national de La Asunción, au Guatemala. Ordonné prêtre le 18 janvier 1986 pour le diocèse de Jalapa, il a exercé pendant plusieurs décennies des responsabilités paroissiales dans différentes régions du pays.
Entre 1995 et 1997, il a poursuivi des études de droit canonique à l’Université pontificale de Salamanque, en Espagne. Il a également été vicaire général du diocèse de Jalapa entre 2010 et 2015, avant de poursuivre son ministère à Jutiapa. Le 23 décembre 2022, le pape François l’avait nommé à la tête du vicariat apostolique d’Izabal. Sa consécration épiscopale avait eu lieu le 18 mars 2023. Moins de quatre ans après son accession à l’épiscopat, Léon XIV lui confie donc une nouvelle mission.
Le Guatemala, une terre profondément chrétienne
L’histoire du christianisme au Guatemala remonte au XVIe siècle, avec l’arrivée des missionnaires espagnols, notamment dominicains et franciscains. Malgré les bouleversements politiques et les persécutions anticléricales qui ont marqué certaines périodes de son histoire, l’Église catholique a conservé une présence importante dans la société guatémaltèque.
Aujourd’hui, le pays compte près de 19 millions d’habitants. Selon les données présentées par le ministère français des Affaires étrangères, environ 47 % de la population se déclare catholique et 40 % appartient aux communautés protestantes évangéliques.
La progression des Églises évangéliques constitue l’une des grandes transformations religieuses du pays. Longtemps très largement majoritaire, le catholicisme doit désormais composer avec des communautés protestantes particulièrement dynamiques, dont l’implantation s’est considérablement renforcée au cours des dernières décennies. L’Église catholique conserve néanmoins un rôle majeur à travers ses paroisses, ses établissements éducatifs, ses œuvres sociales et ses traditions populaires, particulièrement vivantes dans les communautés indigènes. La liberté religieuse y est constitutionnellement garantie, même si l’Église doit affronter les difficultés sociales, la pauvreté et les conséquences des migrations.
Notons que la situation guatémaltèque contraste avec celle du Nicaragua, autre pays d’Amérique centrale, où l’Église catholique subit depuis plusieurs années une répression particulièrement sévère. Le Guatemala ne connaît pas une situation comparable. L’enjeu principal de cette nomination demeure donc pastoral : assurer la continuité du gouvernement diocésain et accompagner une population dont la vie religieuse évolue rapidement.


