Une vidéo mettant en scène Jeremstar, ce « phénomène » des réseaux sociaux qui compte plus d’un million d’abonnés …en invitant Kylian M’Bappé dans sa baignoire, suscite la consternation parmi les catholiques qui l’ont découverte. L’influenceur français, connu pour ses provocations et ses mises en scène extravagantes, apparaît dans un musée consacré aux phénomènes paranormaux, où il se livre à une séquence présentée comme humoristique, un crucifix à la main, tout en s’aspergeant d’eau bénite.
🔴Offensant, blasphématoire et ridicule : comment l'influenceur Jeremstar se moque de la religion catholique
— Tribune Chrétienne (@tribuchretienne) October 24, 2026
➡️" Quelle autre religion tolère ca ?"
➡️ La dérision a ses limites, particulièrement lorsqu’elle touche au sacré. Un crucifix à la main, s’aspergeant d’eau bénite,… pic.twitter.com/xjusmcKeIP
Le spectacle se veut manifestement comique. Il apparaît surtout déplacé. Car derrière cette mise en scène, ce sont des symboles profondément sacrés pour les catholiques qui deviennent les accessoires d’une plaisanterie.La liberté de faire rire n’interdit évidemment pas le mauvais goût. Mais lorsqu’elle prend pour objet les signes les plus fondamentaux d’une religion, elle soulève nécessairement la question du respect dû aux croyants.
La scène se déroule dans l’univers du célèbre musée des Warren, du nom d’Ed et Lorraine Warren, un couple américain connu pour ses enquêtes sur des phénomènes présentés comme paranormaux ou démoniaques. Le Warren Occult Museum, historiquement installé à Monroe, dans le Connecticut, rassemble des objets associés à des affaires de possessions présumées, de pratiques occultes et de manifestations inexpliquées. Parmi ses pièces les plus célèbres figure la poupée Annabelle, devenue mondialement connue grâce à la franchise cinématographique Conjuring, inspirée des récits du couple Warren.
Une présentation de cette collection existe également à Salem, dans le Massachusetts, sous le nom de Haunted Warren Museum. L’établissement présente plus d’un millier d’objets liés à l’occultisme et aux phénomènes surnaturels. Il ne s’agit cependant pas d’un musée catholique ni d’une institution reconnue par l’Église. Les récits de possessions et de manifestations paranormales qui entourent les objets exposés relèvent des affirmations de leurs propriétaires et ne constituent pas des faits scientifiquement ou ecclésialement établis.
Dans la vidéo, on distingue notamment une fontaine accompagnée d’une inscription en anglais précisant que son eau est régulièrement bénite par un prêtre. Les visiteurs sont invités à s’en servir avant de pénétrer dans le musée. c’est précisément devant cette installation que Jeremstar se livre à sa mise en scène.
Pour les catholiques, l’eau bénite n’est pas un simple liquide auquel on attribuerait des propriétés mystérieuses. Elle appartient aux sacramentaux de l’Église et rappelle notamment la grâce du baptême, la purification du péché et la protection divine invoquée dans la prière. Le Catéchisme de l’Église catholique rappelle, au paragraphe 1668, que les sacramentaux sont des signes sacrés institués par l’Église pour disposer les fidèles à recevoir la grâce. Quant au crucifix, il ne constitue pas un accessoire destiné à illustrer les histoires de fantômes. Il représente Jésus-Christ crucifié, mort pour la rédemption de l’humanité.
Transformer ces signes en instruments de dérision, c’est oublier qu’ils renvoient, pour des millions de fidèles, au mystère même du salut.
On peut naturellement contester les récits des Warren, sourire devant les objets présentés comme hantés ou dénoncer les excès de certaines croyances paranormales. Mais quel rapport cela entretient-il avec la nécessité de ridiculiser le crucifix et l’eau bénite ?
Le christianisme n’a jamais exigé que chacun partage sa foi. Il n’interdit pas davantage la critique, y compris vigoureuse, de ses doctrines. Mais il existe une différence entre discuter une croyance et traiter délibérément ses signes sacrés avec mépris. Le caractère prétendument humoristique d’une séquence ne dispense pas son auteur de toute responsabilité.
Il y aurait pourtant tant de sujets sur lesquels exercer son ironie, y compris dans l’univers des influenceurs et de leurs propres extravagances. Mais il est certainement plus facile de transformer le sacré en spectacle que de proposer un humour véritablement intelligent. La liberté d’expression, aussi fondamentale soit-elle, n’oblige personne à considérer comme drôle ce qui relève de la vulgarité ou de la dérision religieuse. Et lorsque la Croix du Christ devient un simple accessoire de divertissement, ce n’est pas la foi catholique qui devient ridicule. C’est le spectacle lui-même qui révèle ses limites.


