« Je vous encourage à continuer de mettre l’innovation technologique au service de la dignité humaine, de la sauvegarde de la Création et du bien commun. » C’est par cette exhortation que le pape Léon XIV a rappelé, ce mercredi 28 octobre, aux dirigeants de Mercedes-Benz la responsabilité morale qui accompagne le progrès technologique. Recevant les représentants du constructeur automobile allemand à l’occasion de l’exposition « Un siècle de Papamobile », le souverain pontife a évoqué les liens historiques unissant l’entreprise au Saint-Siège, tout en soulignant la contribution de ses ingénieurs et de ses ouvriers à la mission pastorale des successeurs de Pierre.
« Cette relation de longue date a commencé en 1930, lorsque le pape Pie XI a reçu la première automobile Mercedes-Benz, et s’est poursuivie à travers les pontificats successifs », a rappelé Léon XIV. Le Pape a exprimé sa gratitude aux nombreuses générations de concepteurs, d’ingénieurs et d’ouvriers dont le savoir-faire a permis de maintenir cette collaboration pendant près d’un siècle. Il a également souligné que l’exposition constituait une occasion de mesurer les progrès considérables de l’industrie automobile, mais aussi de réfléchir à la signification profonde des voyages accomplis par les souverains pontifes.
L’histoire de Mercedes-Benz remonte à la naissance même de l’automobile. En 1886, Carl Benz dépose le brevet de son véhicule à moteur, tandis que Gottlieb Daimler développe parallèlement ses propres innovations. Le prénom Mercedes, donné à une gamme de voitures dès 1901, est celui de la fille de l’homme d’affaires Emil Jellinek, associé au développement commercial des automobiles Daimler. La marque Mercedes-Benz naît officiellement en 1926, à la suite de la fusion des deux entreprises allemandes.
Sous le régime nazi, Daimler-Benz participa activement à l’effort de guerre du IIIe Reich et recourut massivement au travail forcé, notamment à celui de détenus des camps de concentration. En 1944, près de la moitié de ses effectifs étaient constitués de travailleurs forcés, de prisonniers de guerre ou de détenus concentrationnaires, un passé qui donne une résonance particulière à l’appel de Léon XIV à mettre la technologie au service de la dignité humaine. Mais c’est surtout sur la vocation particulière de la Papamobile que Léon XIV a souhaité attirer l’attention de ses interlocuteurs.
« Au fil des décennies, la Papamobile est passée d’un simple moyen de transport à un instrument de rencontre, permettant au Pontife de se rapprocher des fidèles lors des visites pastorales et des célébrations publiques. »
Cette transformation est particulièrement significative. Initialement conçue pour faciliter les déplacements du souverain pontife, la voiture papale est progressivement devenue un instrument de proximité avec les fidèles. Les véhicules découverts ou dotés de larges surfaces vitrées permettent au Pape d’être vu, de saluer les foules et de bénir les personnes rassemblées sur son passage.
Léon XIV a ainsi souligné que le travail des équipes de Mercedes-Benz avait contribué à faciliter la mission de l’Église, appelée à rejoindre les personnes et à porter au monde « un message de foi, d’espérance et de charité ». Derrière cette reconnaissance adressée à un constructeur automobile apparaît une conception profondément chrétienne de la technique. L’Église ne condamne pas le progrès matériel ; elle rappelle qu’il doit être ordonné au bien de la personne humaine. L’innovation trouve sa véritable valeur lorsqu’elle favorise la rencontre, protège la vie et sert le bien commun.
Cette approche s’inscrit dans la continuité de la doctrine sociale de l’Église, particulièrement attentive aux responsabilités des acteurs économiques et industriels. Le développement technique ne peut être dissocié des exigences éthiques qui doivent orienter son utilisation. À travers cette audience, Léon XIV a donc donné une portée spirituelle à une rencontre qui aurait pu demeurer strictement protocolaire. Depuis Pie XI jusqu’aux pontificats contemporains, les véhicules Mercedes-Benz ont accompagné les successeurs de Pierre dans leurs déplacements et leurs rencontres avec les peuples.
Près d’un siècle après la première automobile livrée au Vatican, la Papamobile demeure ainsi le symbole d’une technique mise au service d’une mission qui la dépasse : permettre au successeur de Pierre de rejoindre les fidèles et de leur annoncer l’Évangile.


