Depuis 2000 ans

Face à une France en crise, les évêques se réunissent à Lourdes : quelles réponses peuvent-ils apporter ?

@tribunechretienne
@tribunechretienne
Du 3 au 8 novembre 2026, les évêques de France se retrouvent à Lourdes pour leur assemblée plénière, consacrée notamment à la crise sociale, à l'éducation, à la fin de vie et aux violences dans l'Église

Ce mardi 3 novembre 2026, les évêques de France ouvriront à Lourdes leur assemblée plénière d’automne, sous la présidence du cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille et président de la Conférence des évêques de France (CEF). Pendant six jours, ils examineront plusieurs dossiers majeurs pour l’avenir de l’Église et de la société française, dans un climat politique et social particulièrement tendu.

La réunion intervient alors que la France traverse une période de profondes interrogations sur son avenir institutionnel, ses équilibres sociaux et ses valeurs fondamentales. Dans ce contexte, la parole des évêques est attendue, non pour se substituer aux responsables politiques, mais pour rappeler les exigences morales et spirituelles qui doivent éclairer les décisions publiques.

La comparaison avec la Pologne mérite d’être soulignée. Le 31 octobre, la Conférence épiscopale polonaise a exprimé sa « grande inquiétude » devant l’aggravation de la crise institutionnelle dans son pays, avertissant que les divisions politiques conduisaient à « une profonde crise de l’État ». Les évêques polonais ont appelé à la réconciliation nationale et invité les fidèles à prier pour leur patrie. Une intervention qui rappelle que l’Église peut prendre publiquement la parole lorsque l’unité d’une nation paraît menacée.

En France, l’assemblée débutera par une relecture du voyage apostolique du pape Léon XIV, effectué en septembre dernier. Les évêques reviendront sur les fruits spirituels et pastoraux de cette visite historique, marquée notamment par les rassemblements de Paris et de Lourdes. Il s’agira de mesurer comment cet événement peut nourrir durablement la mission de l’Église dans un pays confronté à la sécularisation.

L’un des moments importants interviendra mercredi 4 novembre avec l’intervention du politologue Jérôme Fourquet, consacrée à « La France dans la perspective de l’élection présidentielle ». Cette analyse du paysage français permettra aux évêques de mieux appréhender les transformations sociologiques, culturelles et politiques du pays à l’approche de l’échéance présidentielle de 2027. Autre sujet majeur : l’enseignement catholique. Trois séances lui seront consacrées jeudi 5 novembre, alors que son financement et son avenir suscitent de fortes inquiétudes. Les récents débats parlementaires sur les crédits de l’enseignement privé sous contrat donnent à cette réflexion une actualité particulièrement sensible. Au-delà des questions budgétaires, c’est aussi la liberté de l’enseignement et la place de l’école catholique dans la société française qui sont en jeu.

Lire aussi : https://tribunechretienne.com/finistere-lune-des-plus-importantes-paroisses-historiques-du-departement-retrouve-son-eglise-apres-dix-ans-de-travaux/

Les évêques examineront également mercredi les suites du vote sur la loi relative à la fin de vie. Ce dossier touche directement à la conception chrétienne de la dignité humaine, à la protection des personnes vulnérables et au refus de considérer la mort provoquée comme une réponse à la souffrance.

La lutte contre les violences sexuelles dans l’Église occupera également une place importante, avec des échanges sur les dispositifs destinés aux adultes et le lancement de l’INIAVE. Les questions éducatives, la solidarité avec les plus pauvres et les finances ecclésiales compléteront ces travaux.

Enfin, une conférence théologique du père David Rabourdin, intitulée « Éduquer à l’école du Christ », viendra rappeler que la mission de l’Église ne saurait se réduire à la gestion de ses institutions.L’assemblée s’achèvera dimanche 8 novembre par les conclusions du cardinal Aveline et une messe retransmise par Le Jour du Seigneur.

Au-delà des travaux internes, une question demeure : quelle parole les évêques français adresseront-ils à une société traversée par des divisions croissantes ? L’exemple récent de leurs confrères polonais montre qu’un épiscopat peut exprimer publiquement son inquiétude sans pour autant entrer dans les affrontements partisans. À Lourdes, lieu de prière et d’espérance, les évêques auront ainsi l’occasion de rappeler que l’Église ne peut demeurer indifférente aux inquiétudes d’un pays, ni renoncer à sa mission première : annoncer le Christ et éclairer les consciences à la lumière de l’Évangile.

Recevez chaque jour notre newsletter !