Une nouvelle affaire embarrassante secoue l’archidiocèse de Chicago, l’un des plus importants des États-Unis. Le cardinal Blase Cupich, archevêque de Chicago depuis 2014 et figure influente de l’épiscopat américain, a annoncé le retrait temporaire du ministère public du père Samson Mukundi, curé de la paroisse Blessed Sacrament, située dans le quartier de McKinley Park.
Selon une lettre officielle datée du 31 octobre 2026 et rendue publique par l’archidiocèse, le prêtre fait l’objet d’accusations de « contacts physiques inappropriés » et de « violations des limites relationnelles » impliquant une personne adulte. Le cardinal Cupich a tenu à préciser que les accusations ne concernent aucun mineur. Il estime néanmoins que les faits signalés sont suffisamment sérieux pour nécessiter une intervention immédiate. Le père Mukundi a donc été provisoirement retiré de ses fonctions sacerdotales publiques et doit désormais se soumettre à une période d’évaluation.
À ce stade, aucune conclusion définitive n’a été rendue publique concernant les accusations. La nature exacte des gestes reprochés, les circonstances dans lesquelles ils auraient été commis et leur éventuelle qualification juridique demeurent inconnues. La présomption d’innocence du prêtre doit donc être pleinement respectée.
L’affaire ne se limite pas à la seule paroisse Blessed Sacrament. L’archidiocèse a également adressé des courriers à plusieurs communautés dans lesquelles le père Mukundi avait précédemment exercé son ministère, notamment Saint Gilbert, Saint Benedict the African, Jesus, Bread of Life et Saint John Neumann. Cette démarche vise notamment à permettre à d’éventuelles autres personnes concernées de se manifester auprès des autorités ecclésiastiques. Le parcours du prêtre s’inscrit dans plusieurs années de responsabilités pastorales. Il avait notamment exercé à Saint Gilbert entre 2007 et 2012, puis à Saint Sylvester et Jesus, Bread of Life avant de rejoindre Blessed Sacrament.
Pour assurer la continuité de la vie paroissiale, le cardinal Cupich a confié provisoirement l’administration de Blessed Sacrament au père Deogratias Mbonyumugenzi, actuellement curé de Saint Elizabeth of the Trinity.
Une précédente affaire avait déjà secoué l’archidiocèse en mai
Cette nouvelle décision intervient dans un contexte particulièrement sensible pour l’Église de Chicago. En mai 2026, un autre prêtre, le père José Molina, exerçant à la paroisse Saint-François-d’Assise, avait été écarté de son ministère à la suite d’accusations portant sur des conversations et des comportements inappropriés impliquant des femmes adultes et des mineurs. Le cardinal Cupich avait alors assuré que l’archidiocèse coopérait à l’enquête et proposait un accompagnement aux personnes concernées.
Ces deux affaires sont distinctes et ne sauraient être assimilées sans éléments supplémentaires. Leur succession, à quelques mois d’intervalle, soulève néanmoins des interrogations sur la vigilance pastorale, la prévention des comportements abusifs et les mécanismes de contrôle au sein de l’archidiocèse.
La situation est d’autant plus délicate que le cardinal Cupich occupe une place importante dans l’Église américaine. Créé cardinal par le pape François en 2016, il a longtemps été considéré comme l’un des principaux représentants de l’orientation pastorale du précédent pontificat aux États-Unis.
Au-delà des situations individuelles, ces affaires rappellent une exigence fondamentale de la vie ecclésiale : l’autorité sacerdotale ne peut jamais être dissociée de la responsabilité morale de celui qui l’exerce. Le prêtre, appelé à agir au nom du Christ et à servir les fidèles, reçoit une mission qui exige une conduite exemplaire, particulièrement dans les relations pastorales où peuvent exister des situations de confiance, de dépendance ou de vulnérabilité.
Le droit canonique rappelle d’ailleurs, au canon 384, que l’évêque diocésain doit veiller à ce que les prêtres remplissent fidèlement les obligations propres à leur état. Cette responsabilité suppose à la fois de protéger les personnes, de garantir les droits des prêtres mis en cause et de rechercher la vérité. À Chicago, les décisions prises par le cardinal Cupich témoignent d’une volonté affichée de traiter les signalements. Reste à connaître les conclusions des investigations et les suites qui leur seront données. Car pour les fidèles, la question essentielle demeure celle de la confiance. Une confiance qui ne peut reposer uniquement sur des déclarations d’intention, mais exige des procédures justes, des décisions transparentes et une véritable responsabilité pastorale.
Source : communiqué officiel de l’archidiocèse de Chicago


