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Qui est le nouveaux bienheureux Ján Havlík ?

Ján Havlík en détention - Wikipédia
Ján Havlík en détention - Wikipédia
La messe de béatification de Ján Havlík a eu lieu samedi 31 août en Slovaquie.

Samedi 31 août, au sanctuaire national de Šaštín, en Slovaquie, s’est déroulée la messe de béatification de Ján Havlík, un séminariste vincentien dont la vie a été marquée par la foi et la résistance face à l’oppression.

Né le 12 février 1928 à Dubovce, en Slovaquie, Ján Havlík grandit dans une famille modeste avec un père ouvrier. À l’âge de treize ans, ressentant l’appel de la vie religieuse, il commence son parcours au sein de la Congrégation de la Mission de la Société de Saint Vincent de Paul. En 1943, il intègre l’École Apostolique à Banská Bystrica, mais sa vocation sera rapidement entravée par les bouleversements politiques.

Ján Havlík en 1951 (crédit : Filles de la charité de Saint Vincent de Paul).

Le coup d’État de février 1948 sonne l’avènement du régime communiste en Tchécoslovaquie, et Ján ne termine ses études qu’en mai 1949. En août de la même année, il commence son noviciat, mais en avril 1950, il est arrêté lors de l' »Akce K », une opération visant à éradiquer les ordres religieux masculins. Après deux semaines de « rééducation », il est soumis au travail forcé. Libéré trois mois plus tard, il poursuit clandestinement sa formation théologique tout en travaillant dans la ville de Nitra, dans l’ouest de la Slovaquie.

Détention et torture

Le 29 octobre 1951, Ján est de nouveau arrêté avec d’autres séminaristes vincentiens. Il est détenu pendant quinze mois, torturé et accusé d’action anti-étatique. En février 1953, il est condamné à quatorze ans de travaux forcés pour haute trahison, peine réduite à 10 ans en appel.

Malgré les conditions inhumaines des camps où il est interné, Ján continue de témoigner de sa foi. Il passe des nuits à copier des ouvrages comme L’Humanisme Intégral, de Jacques Maritain pour les partager avec ses compagnons de détention. En 1958, il est accusé d’appartenir à une association clandestine de détenus, ce qui lui vaut une année supplémentaire de travaux forcés, en raison de ses activités évangéliques.

Il est finalement admis dans un hôpital psychiatrique en mai 1958, avant d’être transféré dans diverses prisons jusqu’à sa libération le 29 octobre 1962. Il consacre les dernières années de sa vie à l’écriture de deux carnets, Le Chemin de Croix des petites âmes et Journal, qui témoignent de son expérience spirituelle.

Une « source d’encouragement »

Décédé prématurément le 27 décembre 1965, à 37 ans, Ján Havlík est reconnu comme martyr, et sa cause de béatification est lancée le 9 juin 2013.

Après l’Angélus, ce dimanche 1er septembre, le pape François a évoqué le nouveaux bienheureux, formulant le souhait que « la persévérance de Ján Havlík à témoigner de sa foi dans le Christ soit une source d’encouragement pour ceux qui subissent encore aujourd’hui de telles épreuves« .

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