Lancé il y a près de trois mois, le vaste chantier de restauration des quatre tours de Notre-Dame de Fourvière mobilise artisans, architectes et mécènes autour d’un même objectif : préserver l’un des plus grands symboles du catholicisme français. Une opération d’envergure qui témoigne aussi de l’attachement des Lyonnais à leur basilique. Depuis la fin du mois de mars 2026, d’imposants échafaudages ont commencé à entourer les tours de la basilique Notre-Dame de Fourvière. Dominant Lyon depuis plus de 150 ans, ce monument emblématique fait aujourd’hui l’objet d’une restauration majeure destinée à assurer sa conservation pour les décennies à venir.
Perchée sur la colline de Fourvière, la basilique est bien davantage qu’un monument historique. Haut lieu spirituel dédié à la Vierge Marie, elle accueille chaque année plus de trois millions de visiteurs et demeure l’un des symboles les plus reconnaissables de la capitale des Gaules. Mais le temps a laissé son empreinte. Construites à partir de 1872, les quatre tours d’angle ont été fortement éprouvées par plus d’un siècle et demi d’exposition aux vents, à la pluie et aux variations climatiques. Un diagnostic complet réalisé entre novembre 2023 et juillet 2024 a mis en évidence de nombreuses dégradations : fissures, détérioration des joints, encrassement des pierres, infiltrations d’eau et corrosion de certains éléments métalliques.
Face à ces constats, la Fondation Fourvière, propriétaire du sanctuaire, a décidé d’engager un chantier estimé à 5,2 millions d’euros. Les travaux se dérouleront jusqu’à la fin de l’année 2027 selon un calendrier précis. La première phase, actuellement en cours, concerne les deux tours occidentales, la tour de la Justice et la tour de la Force. À partir du printemps 2027, les équipes interviendront sur les deux tours orientales, celles de la Prudence et de la Tempérance. Derrière ces noms se cache toute une symbolique chrétienne. Les quatre tours incarnent en effet les vertus cardinales qui occupent une place centrale dans la tradition catholique. Leur restauration dépasse donc la seule préservation d’un ouvrage architectural : elle participe à la transmission d’un héritage spirituel qui continue de marquer l’identité de Lyon.
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Le chantier mobilise de nombreuses entreprises spécialisées dans les métiers du patrimoine. Maçons, tailleurs de pierre, charpentiers, couvreurs, restaurateurs de sculptures, peintres décorateurs et maîtres verriers travaillent de concert afin de redonner aux tours leur solidité et leur éclat d’origine. Un travail qui associe les techniques les plus modernes d’analyse et de suivi à des savoir-faire artisanaux parfois transmis depuis plusieurs générations.Comme lors de la construction de la basilique au XIXe siècle, la générosité populaire joue un rôle essentiel dans cette aventure. Lancée à la fin de l’année 2025, la campagne de dons a déjà permis de récolter près de 200 000 euros auprès de particuliers. Une mobilisation qui confirme le lien profond unissant les Lyonnais à ce sanctuaire. « La basilique de Fourvière fait partie de l’âme de Lyon. Depuis plus de 150 ans, elle veille sur la ville et rassemble les Lyonnais », a déclaré Philippe Castaing, président de la Fondation Fourvière.
À l’heure où de nombreux édifices religieux français souffrent du manque de moyens nécessaires à leur entretien, le chantier de Fourvière apparaît comme un signe encourageant. Il rappelle que la sauvegarde du patrimoine chrétien demeure possible lorsque fidèles, mécènes, collectivités et artisans s’unissent autour d’une même volonté de transmission.Pendant toute la durée des travaux, la basilique reste ouverte aux pèlerins et aux visiteurs, poursuivant sa mission spirituelle au cœur de Lyon, tandis que ses quatre tours retrouvent peu à peu la force nécessaire pour continuer à veiller sur la ville.


