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Chrétiens à haut risque en Irak

Les chrétiens d’Irak sont les héritiers d’une implantation religieuse très ancienne, antérieure à la naissance de l’islam au VIIe siècle. L’Église chrétienne s’établit très tôt comme religion en Irak : à partir de l’an 117, un évêque est présent à Kirkouk. Cependant, au XIIIe siècle, l’invasion mongole conduira les fidèles à se réfugier au Kurdistan.

Les chrétiens d’Irak ont conservé les dénominations des anciens Mésopotamiens : Assyriens pour les fidèles de l’Église de l’Orient et Chaldéens pour les catholiques.

Le rite chaldéen, appelé aussi « syrien oriental », coexiste avec cinq autres rites toujours pratiqués dans la région : latin, alexandrin, arménien, byzantin, et antiochien ou syrien occidental. Ce rite est issu de la doctrine nestorienne, émancipée de l’Eglise romaine (il n’est revenu dans le giron papal qu’au XIXe siècle). Considéré comme l’un des plus anciens rites du christianisme, il serait arrivé en Irak avec l’apôtre Thomas, quelques dizaines d’années après la résurrection du Christ.

En 1638, les Ottomans prennent Bagdad, avec un bataillon arménien autorisé à y construire une église. En 1932, les chrétiens représentaient 20% de la population.

Avec l’arrivée de Saddam Hussein, le pays a connu une première vague de départs, la population chrétienne n’est plus alors que de 10%.

En 2008, à l’issue des deux guerres du Golfe, ils ne sont plus que 2%.

Aujourd’hui on estime à 400.000 le nombre de chrétiens, soit 1 % de la population irakienne.

Lors des offensives djihadistes successives, des centaines de milliers de chrétiens ont dû fuir le pays ; le  risque d’un génocide est régulièrement évoqué par la communauté internationale.

 “La communauté chrétienne est une cible du fait de sa différence religieuse, et parce qu’assimilée à l’Occident”

Lors de son voyage œcuménique en mars 2021, le pape François a rendu visite aux communautés chrétiennes et avec émotion a déclaré :

« Si Dieu est le Dieu de la vie – et il l’est – il ne nous est pas permis de tuer nos frères en son nom. Si Dieu est le Dieu de la paix – et il l’est – il ne nous est pas permis de faire la guerre en son nom. Si Dieu est le Dieu de l’amour – et il l’est – il ne nous est pas permis de haïr nos frères. »

Pape François

Cependant, au quotidien, les chrétiens sont menacés, alors que la religion de chacun est inscrite sur la carte d’identité et la diaspora s’est constituée en partance vers les pays occidentaux, notamment en Amérique du Nord ou en Australie.  

Pour rappel, l’attentat en 2010 à Bagdad ; le 31 octobre, un commando d’Al-Qaida entre dans la Cathédrale Notre-Dame-du-Secours-Perpétuel et fait 46 morts.

A VOIR – visite du Pape en Irak-images KTO

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