À l’Angélus de ce dimanche 4 octobre, place Saint-Pierre, Léon XIV a livré une méditation qui touche au cœur de la vie chrétienne et de la mission de l’Église. Partant de la parabole des vignerons homicides, le Pape a contemplé le mystère du Christ rejeté par les hommes mais établi par Dieu comme pierre d’angle. « Celui qui est venu apporter le salut est condamné ; Celui qui veut donner la vie est mis à mort », a rappelé Léon XIV. Le paradoxe chrétien est là : le refus du Fils ne met pas en échec le dessein de Dieu. Au contraire, Dieu fait surgir de ce rejet même l’œuvre de la Rédemption.
Reprenant les paroles du psaume citées par Jésus, « La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle », le Saint-Père a insisté sur cette souveraineté de Dieu dans l’histoire : « C’est précisément ce rejet qui devient le fondement qui soutient tout. » Et il en tire une affirmation d’une grande force : « Dieu ne rejette jamais notre vie ! » Cette phrase constitue sans doute le cœur spirituel de cet Angélus. La foi chrétienne ne promet pas une existence préservée de toute chute, de toute souffrance ou de tout rejet. Elle affirme que rien de ce qui est remis à Dieu n’est définitivement perdu. Là où l’homme ne voit parfois que l’échec, Dieu peut encore ouvrir un chemin de salut.
Léon XIV a ensuite donné à la parabole une dimension directement ecclésiale : « La vigne à cultiver avec justice, c’est l’Église que nous construisons ou détruisons par nos choix. » Le propos mérite d’être entendu dans toute sa force. L’Église n’est pas une réalité extérieure que les catholiques pourraient observer à distance, commenter ou prétendre réformer sans se convertir eux-mêmes. Chacun contribue, par sa fidélité ou ses renoncements, sa charité ou ses divisions, à l’édification de cette vigne confiée par Dieu.C’est précisément à cet endroit que le Pape a fait entrer saint François d’Assise dans sa méditation, en ce huitième centenaire de sa mort. Il rappelle l’appel reçu par le Poverello : « réparer son Église ».
Mais Léon XIV prend soin de préciser la nature de cette réparation. François ne commence ni par un programme de gouvernement ni par une contestation de l’institution. « Inspiré par le Crucifié, François a d’abord bâti sa propre vie sur le fondement du Christ, en partageant sa pauvreté, sa joie et ses souffrances, jusqu’au signe mystique des stigmates. »
C’est une conception profondément catholique de la réforme qui apparaît ici. L’Église se renouvelle lorsque ses membres se laissent eux-mêmes transformer par le Christ. Avant de réparer les murs, François accepte que Dieu réforme François. Le Pape le formule clairement : « Saint François l’a restaurée par sa foi dans le Seigneur Jésus, en comblant les fissures de la discorde par le témoignage de l’amour fraternel. » Huit siècles après la mort du saint d’Assise, cette leçon demeure singulièrement actuelle. Une réforme authentiquement ecclésiale ne peut consister à adapter indéfiniment la foi aux catégories du temps. Elle commence par la sainteté, la prière, l’ascèse et le retour au Christ. François n’a pas renouvelé l’Église en s’éloignant de son centre, mais en revenant radicalement à Celui qui en est la pierre d’angle.
Après Lourdes, le Rosaire pour la paix
À l’issue de l’Angélus, Léon XIV est également revenu sur son récent voyage en France. « Dimanche dernier, à Lourdes, j’ai invité à prier le saint Rosaire durant ce mois d’octobre, avec l’intention particulière que cessent les guerres et que s’instaure la paix », a-t-il rappelé. Le Pape a notamment salué l’initiative « Un million d’enfants récitent le Saint Rosaire », portée par l’Aide à l’Église en détresse, avant d’appeler l’ensemble des fidèles à suivre leur exemple. « Prions en particulier pour la Terre Sainte et pour les victimes innocentes de la violence », a-t-il demandé. Enfin, Léon XIV a annoncé la prochaine rencontre organisée au Vatican à l’occasion du dixième anniversaire d’Amoris laetitia. Le Pape y a convoqué les chefs des Églises catholiques orientales et les présidents des Conférences épiscopales du monde entier. Il s’agira, a-t-il expliqué, d’un « moment de discernement synodal » destiné à déterminer comment « annoncer l’Évangile aux familles et aux jeunes générations ».
Une annonce dont il faudra suivre attentivement les développements. Mais en ce dimanche marqué par la mémoire de saint François, Léon XIV a déjà indiqué le principe qui précède toute méthode pastorale : l’Église ne porte véritablement du fruit que lorsqu’elle demeure bâtie sur le Christ.
PAPE LÉON XIV
ANGÉLUS
Place Saint-Pierre
Dimanche 4 octobre 2026
« Chers frères et sœurs, bon dimanche !
La parabole évangélique proclamée lors de la liturgie de ce dimanche évoque la vie de Jésus et met en lumière le sens de sa mission (cf. Mt 21, 33-43). Il est le Fils de Dieu envoyé dans le monde, mais il est rejeté par ceux qui auraient dû l’accueillir à bras ouverts. Celui qui est venu apporter le salut est condamné ; Celui qui veut donner la vie est mis à mort. Tout en nous invitant à réfléchir aux nombreuses cruautés qui ravagent le monde et l’histoire des peuples, l’enseignement du Christ révèle la miséricorde infinie de son Père.
Ce rejet violent ne brise pas la volonté de Dieu qui, dans son infinie justice, transforme le mal en rédemption : « La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle » (Mt 21, 42 ; cf. Ps 118, 22). Jésus lui-même rappelle ces paroles du psaume qui célèbrent l’œuvre merveilleuse accomplie par le Seigneur : c’est précisément ce rejet qui devient le fondement qui soutient tout. Voilà comment le Tout-Puissant guide l’histoire en nous secourant dans toutes nos chutes. Dieu ne rejette jamais notre vie !
Selon l’image utilisée dans la parabole, la vigne à cultiver avec justice, c’est l’Église que nous construisons ou détruisons par nos choix. À cet égard, aujourd’hui même, en ce huitième centenaire de sa mort, je souhaite évoquer un ouvrier qui a œuvré avec fruit dans la vigne du Seigneur : saint François d’Assise, à qui Jésus demanda de réparer son Église. Inspiré par le Crucifié, François a d’abord bâti sa propre vie sur le fondement du Christ, en partageant sa pauvreté, sa joie et ses souffrances, jusqu’au signe mystique des stigmates. Homme de prière ardente, plein de charité envers tous, il a été un exemple pour les premiers frères qui ont partagé son ascèse, comme condition authentique de la réforme de l’Église. Saint François l’a restaurée par sa foi dans le Seigneur Jésus, en comblant les fissures de la discorde par le témoignage de l’amour fraternel.
Chers amis, le charisme de saint François porte encore ses fruits aujourd’hui, après huit siècles : en témoignent non seulement la grande et vivante famille franciscaine, mais aussi les nombreux dons que son héritage spirituel répand au sein du Peuple de Dieu. Alors que nous célébrons l’année jubilaire franciscaine, demandons avec persévérance le don de la paix et engageons-nous sincèrement à construire la concorde entre les peuples.
Que l’intercession de la Très Sainte Vierge Marie, notre Mère, nous accompagne toujours dans cette œuvre ; c’est vers elle que nous nous tournons maintenant, spirituellement unis aux fidèles rassemblés au sanctuaire de Pompéi, pour élever la Supplique à la Vierge du Saint Rosaire.
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À l’issue de l’Angélus
Chers frères et sœurs,
dimanche dernier, à Lourdes, j’ai invité à prier le saint Rosaire durant ce mois d’octobre, avec l’intention particulière que cessent les guerres et que s’instaure la paix. Les enfants ont été parmi les premiers à le mettre en pratique et continuent de le faire : du 1er au 7 octobre, la Fondation « Aide à l’Église en détresse » promeut l’initiative « Un million d’enfants récitent le Saint Rosaire », pour la paix et l’unité dans le monde. Je remercie de tout cœur tous les petits garçons et toutes les petites filles qui, dans de nombreuses régions du monde, se joignent à cette prière. Suivons tous leur exemple, en invoquant l’intercession de la Vierge Marie pour que les peuples soient libérés du fléau de la guerre. Prions en particulier pour la Terre Sainte et pour les victimes innocentes de la violence.
Dans les prochains jours, à l’occasion du dixième anniversaire de l’Exhortation apostolique Amoris laetitia, se tiendra au Vatican une rencontre à laquelle j’ai convoqué les chefs des Églises catholiques orientales et les présidents des Conférences épiscopales du monde entier. Ce sera un moment de discernement synodal pour identifier les pas à accomplir afin d’annoncer l’Évangile aux familles et aux jeunes générations. Je confie à votre prière cet engagement et surtout les familles qui, avec l’aide de Dieu, sont un signe d’espérance et une richesse inestimable pour l’Église et pour la société.
Je me réjouis des nombreuses initiatives célébrant le huitième centenaire de la mort de saint François d’Assise. Je pense notamment à celles qui se sont déroulées à Assise, en présence des plus hautes autorités de l’État italien. Je salue également les radioamateurs d’Assise et de Foligno qui diffusent le message de paix de saint François.
J’adresse maintenant mes salutations à vous tous qui êtes aujourd’hui présents sur cette place Saint-Pierre !
Je souhaite la bienvenue aux participants à la International Week of Sacred Music, organisée par l’Institut pontifical de musique sacrée ; ainsi qu’aux fidèles de Puente Alto à Santiago du Chili ; aux enseignants et aux élèves du Gymnasium Sankt Bonaventura de Dillingen, en Allemagne.
Je salue les confirmands de Pinerolo ; les fidèles de Fasana Polesine ; les jeunes du Val Brembana qui ont parcouru la Via Francigena de Viterbe à Rome ; l’association FIABA qui mène des campagnes pour améliorer l’accessibilité des lieux publics ; le groupe “Mamme che regalano un sorriso” de Tarente ; et l’association “Studenti con le Stellette” de Lurago d’Erba.
Je bénis de tout cœur les fidèles qui, aujourd’hui, partiront de cette place en pèlerinage vers le sanctuaire de la Vierge de la Révélation, sur la Via Laurentina, perpétuant ainsi la tradition instaurée par le Pape Pie XII.
Je vous souhaite à tous un bon dimanche ! »
Source Vatican


