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[ Diocèse d’Agen] Que se passe-t-il à Saint-Robert ? Une église transformée en salle de concert électro malgré l’opposition du curé

L'abbé Gilles N'Goran - image Facebook
L'abbé Gilles N'Goran - image Facebook
Les 7, 8 et 9 août prochains, l'église de Saint-Robert, toujours consacrée et affectée au culte catholique, doit accueillir un festival de musique électronique. L'abbé Gilles N'Goran dénonce une « profanation » et affirme n'avoir jamais été consulté

À une quinzaine de kilomètres d’Agen, dans le paisible village de Saint-Robert (Lot-et-Garonne), une vive polémique agite la paroisse. Les 7, 8 et 9 août prochains, l’église du village, toujours consacrée et affectée au culte catholique, doit accueillir plusieurs concerts organisés dans le cadre du festival « L’Affinité des sols », dont une programmation de musique électronique. Une perspective qui scandalise l’abbé Gilles N’Goran, curé de la paroisse, lequel n’hésite à dénoncer une « profanation ».

Le prêtre n’a jamais été consulté sur cette utilisation de l’église. Il affirme également que le diocèse n’a pas donné son accord à l’organisation de ces concerts.

Contacté par téléphone le service communication du diocèse d’Agen nous a confirmé que le diocèse est opposé à la tenue de ce concert dans l’église catholique romane. Il nous a également indiqué qu’un communiqué de presse serait publié dans la journée afin de réaffirmer officiellement cette position.

Tribune Chrétienne a également tenté de joindre la mairie de Saint-Robert afin de recueillir sa version des faits et de connaître les conditions dans lesquelles l’église a été mise à disposition des organisateurs. Malgré plusieurs tentatives, nos appels sont restés sans réponse, le répondeur de la mairie se déclenchant systématiquement.

Cette affaire dépasse largement le cadre d’un simple désaccord entre une municipalité, une association culturelle et une paroisse. Elle pose la question du respect de la destination des églises encore affectées au culte.

En droit français, la plupart des églises construites avant la loi de séparation de 1905 appartiennent aux communes. Mais leur propriété ne signifie nullement que leur usage soit libre. Elles demeurent juridiquement « affectées au culte » et sont mises à la disposition de l’Église catholique pour l’exercice de sa mission. Cette affectation impose le respect de leur vocation religieuse. Le droit canonique est tout aussi explicite. Le canon 1214 définit une église comme un édifice sacré destiné au culte divin. Quant au canon 1210, il précise que « seuls sont admis dans un lieu sacré les actes qui servent ou favorisent l’exercice, la piété ou la religion ; est interdit tout ce qui ne convient pas à la sainteté du lieu ».

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L’Église n’interdit pas absolument les concerts dans les églises, mais ils demeurent exceptionnels et sont soumis à des conditions très strictes. Dès 1987, la Congrégation pour le Culte divin rappelait qu’une église « n’est pas un lieu ordinaire destiné à des manifestations quelconques ». Les concerts éventuellement autorisés doivent respecter le caractère sacré du lieu, tant par leur nature que par leur déroulement. L’objectif ne peut jamais être de transformer un lieu de culte en salle de spectacle.C’est précisément ce qui est aujourd’hui reproché aux organisateurs de cette manifestation. Pour l’abbé Gilles N’Goran, une programmation de musique électronique dans une église toujours consacrée est incompatible avec la vocation spirituelle de ce lieu où les fidèles viennent célébrer l’Eucharistie, recevoir les sacrements et prier.

Cette polémique intervient dans un contexte où de nombreux catholiques s’inquiètent de voir certaines églises progressivement considérées comme de simples bâtiments patrimoniaux susceptibles d’accueillir toutes sortes d’événements culturels, parfois sans véritable considération pour leur caractère sacré.

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