C’est un acte d’une particulière gravité qui a frappé la communauté catholique de Lieusaint, dans le diocèse de Meaux, le jour même où l’Église célébrait solennellement l’Assomption de la Vierge Marie. Samedi 15 août dans l’après-midi, un individu s’est introduit dans l’église Saint-Quintien. Il a fracturé le tabernacle et dérobé une lunule contenant une hostie consacrée.

L’information a été rendue publique par le maire de Lieusaint, Michel Bisson, dans un message de solidarité adressé à la communauté catholique. « Hier après-midi, un individu s’est introduit dans l’église, a fracturé le tabernacle et a volé une lunule contenant une hostie consacrée », écrit l’élu, qui annonce également le dépôt d’une plainte et assure qu’il suivra l’enquête. La réaction de l’Église locale a été immédiate. Don Phil Schulze Dieckhoff, prêtre de la Communauté Saint-Martin et prêtre référent du secteur pastoral Sénart Centre, dont dépend Lieusaint, a fait afficher sur la porte de l’église un message sans ambiguïté : « Un acte grave a été commis, le tabernacle a été profané hier, samedi. Il n’y aura pas de messe ce dimanche […] Prions en réparation. »
Les fidèles ont ainsi été invités à rejoindre la messe célébrée dimanche à 11 h 15 à Moissy-Cramayel. Selon le maire, les célébrations resteront suspendues à Saint-Quintien jusqu’à la venue de l’évêque pour une messe dite « de réparation ». Dans son message, Michel Bisson a également exprimé son soutien à Don Charles-Édouard, qui a pris cet été la suite de Don Alexis.
La gravité de l’événement ne saurait être réduite à celle d’un simple vol dans un édifice religieux. Le tabernacle n’est pas un coffre contenant un objet symbolique. Il est le lieu où est conservé le Très Saint-Sacrement, c’est-à-dire les hosties consacrées dans lesquelles l’Église professe la Présence Réelle et substantielle du Christ.
Le vol d’une hostie consacrée touche donc au cœur même de la foi eucharistique. La notion de réparation prend dès lors tout son sens. Elle ne relève ni d’une purification magique du bâtiment ni d’une volonté de vengeance envers l’auteur. Dans la tradition catholique, elle exprime liturgiquement et spirituellement la gravité d’une atteinte portée à ce qui est consacré à Dieu et manifeste la volonté de rendre de nouveau au lieu le respect qui lui est dû avant la reprise ordinaire du culte.
Dans le cas de Lieusaint, la dimension eucharistique rend les faits plus douloureux encore : ce n’est pas seulement un édifice qui a été atteint ou un objet liturgique qui a été volé. Une hostie consacrée a été emportée et l’on ignore, à cette heure, ce qu’elle est devenue.
La date possède également une charge symbolique particulièrement forte. C’est le 15 août, solennité de l’Assomption, la plus grande fête mariale de l’année liturgique, que le tabernacle de Saint-Quintien a été fracturé.
Il appartiendra désormais à l’enquête d’établir l’identité et les motivations de l’auteur motivé par la haine antichrétienne. À Lieusaint, après la stupeur et la douleur, vient désormais le temps de la prière et de la réparation.


