Dimanche 16 août, en fin de matinée, le chanoine Clément Meny a été victime d’un malaise au cours de la messe de la Saint-Roch célébrée dans l’église Sainte-Anne de Saint-Florent, en Haute-Corse. Âgé de 80 ans et officiellement à la retraite, le prêtre continuait à rendre service aux paroisses corses et à célébrer lorsque les besoins pastoraux l’exigeaient. Les personnes présentes ont immédiatement tenté de lui porter secours et de le ranimer. Malgré leur intervention, le chanoine Clément Meny est décédé.
L’émotion est particulièrement vive dans une Église de Corse où le prêtre était connu depuis de longues années. Originaire des Vosges, il avait exercé son ministère dans plusieurs paroisses de l’île, notamment à Lento, Moltifao, Propriano et Olmeto, avant de servir également à Notre-Dame-des-Victoires de Bastia. Retiré à Saint-Florent, il n’avait pas pour autant cessé son ministère sacerdotal et demeurait disponible pour célébrer auprès des fidèles.
Dans un communiqué publié ce dimanche, le diocèse d’Ajaccio a officiellement annoncé le « rappel à Dieu du chanoine Clément Meny ». Le cardinal François Bustillo, évêque d’Ajaccio pour la Corse, l’abbé Frédéric Constant, vicaire général, les prêtres et diacres, les consacrés du diocèse ainsi que sa famille, ses amis et ses anciens paroissiens « s’unissent dans la prière et le confient à la miséricorde du Seigneur ». Le diocèse invite ceux qui l’ont « connu, accompagné et aimé » à s’unir dans la prière « dans l’espérance de la Résurrection ».
La circonstance de sa mort ne peut évidemment laisser indifférent. Sans chercher à donner à un décès soudain une signification que nul ne peut connaître, il demeure saisissant qu’un prêtre âgé, ayant consacré sa vie au ministère sacerdotal, ait été rappelé à Dieu alors qu’il accomplissait encore ce pour quoi il avait été ordonné : célébrer les saints mystères au milieu du peuple chrétien. La liturgie catholique donne d’ailleurs à cet instant une profondeur particulière. La messe n’est pas seulement un rassemblement de la communauté : elle est le mémorial sacramentel de la mort et de la Résurrection du Christ, célébration de cette Pâque dans laquelle la mort elle-même est traversée par l’espérance de la vie éternelle.
Pour un prêtre, célébrer l’Eucharistie constitue le cœur même de son ministère. L’autel accompagne toute son existence sacerdotale, depuis les premières messes suivant son ordination jusqu’aux dernières années où, lorsque les forces le permettent encore, il continue de prononcer les paroles de la liturgie pour les fidèles qui lui sont confiés. La mort du chanoine Meny rappelle aussi, avec une particulière sobriété, la réalité quotidienne de nombreux prêtres âgés. Officiellement retirés de la responsabilité d’une paroisse, beaucoup continuent de célébrer, confesser, remplacer leurs confrères et assurer une présence sacerdotale dans des territoires où les prêtres sont moins nombreux.
Le corps du chanoine Clément Meny sera exposé à partir du mardi 18 août à 11 heures à la chapelle Notre-Dame-des-Victoires de Bastia. Ses obsèques seront célébrées jeudi 20 août à 10 heures en l’église Notre-Dame-des-Victoires de Bastia.


