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« Homo et catho » : le grand mensonge

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" Faire rentrer l'homosexualité dans la doctrine de l'Église...l'idéologie LGBT veut tout déconstruire, on ment à tous ces gens par peur de dire la Vérité"

À travers le témoignage d’Henri, une question demeure : pourquoi tant de responsables ecclésiaux et certains médias catholiques taisent-ils la vérité de l’enseignement de l’Église ? Publié en vidéo par La Croix sous le titre « Homosexuel et catholique, j’ai compris que c’était compatible » est certainement l’expression sincère d’un parcours personnel. Mais c’est en fait un nouvel appel à « repenser la doctrine », un nouvel épisode d’une ligne éditoriale qui s’éloigne toujours davantage de l’enseignement de l’Église. Pour ce prêtre, qui a accepté de commenter cette vidéo, le but est clair : « faire rentrer l’homosexualité dans la doctrine de l’Église…l’idéologie LGBT veut tout déconstruire, on ment à tous ces gens par peur de dire la Vérité ».

Le témoignage présente Henri comme un jeune homme élevé dans une famille catholique traditionnelle, devenu enfant de chœur, avant de découvrir progressivement son attirance pour les personnes du même sexe. Le récit est touchant. La souffrance qu’il décrit est réelle et mérite d’être entendue. Aucune personne ne devrait être méprisée ou rejetée en raison de son orientation sexuelle. C’est d’ailleurs ce que rappelle explicitement le Catéchisme de l’Église catholique : les personnes ayant une tendance homosexuelle « doivent être accueillies avec respect, compassion et délicatesse » (CEC, n° 2358).

Mais le reportage franchit rapidement une autre étape : il ne s’agit plus seulement de raconter une souffrance, mais de suggérer que l’Église devrait reconnaître comme pleinement compatible avec sa doctrine une manière de vivre que son Magistère n’a jamais cessé de qualifier de contraire à la loi morale.

La première confusion apparaît dès le titre : « Homosexuel et catholique, j’ai compris que c’était compatible. » Pourtant le Catéchisme enseigne clairement que les actes homosexuels « sont intrinsèquement désordonnés » parce qu’ils « ferment l’acte sexuel au don de la vie » et « ne procèdent pas d’une complémentarité affective et sexuelle véritable » (CEC, n° 2357). Il ajoute que les personnes concernées sont appelées, comme tous les baptisés selon leur état de vie, à vivre la chasteté (CEC, n° 2359). Cette distinction essentielle disparaît entièrement du témoignage.

Le témoignage présente ensuite un couple de femmes comme la preuve qu’il est possible de vivre pleinement la foi tout en vivant une relation homosexuelle. Là encore, le registre du témoignage personnel ne peut tenir lieu de démonstration doctrinale. Le Magistère de l’Eglise a toujours distingué la dignité de la personne du jugement moral porté sur certains actes.

La sincérité d’une démarche spirituelle ne modifie pas, à elle seule, l’enseignement moral de l’Église.

Sur ce point, l’Écriture est constante. Dès la Genèse, le dessein de Dieu sur le mariage est présenté comme l’union de l’homme et de la femme : « L’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux ne feront qu’une seule chair » (Gn 2, 24). Le Lévitique condamne explicitement les relations sexuelles entre personnes du même sexe (Lv 18, 22 ; Lv 20, 13). Le Catéchisme de l’Église catholique rappelle d’ailleurs que, s’appuyant sur la Sainte Écriture, qui les présente comme de « graves dépravations », la Tradition a toujours déclaré que les actes homosexuels sont intrinsèquement désordonnés (CEC, n° 2357).

Dans le Nouveau Testament, saint Paul tient le même langage. Aux Romains, il évoque les relations homosexuelles comme contraires au dessein de Dieu (Rm 1, 26-27). Puis, dans sa première lettre aux Corinthiens, il avertit : « Ne vous y trompez pas : ni les impudiques, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les débauchés, ni les sodomites […] n’hériteront du Royaume de Dieu » (1 Co 6, 9-10).

Ces textes ne sont pas cités pour condamner des personnes, mais parce qu’ils fondent l’enseignement moral que l’Église affirme ne pas avoir autorité pour modifier.

Par ailleurs le témoignage évoque également la participation de l’association DUEC (Devenir Un en Christ) au « Jubilé de 2025 », présenté comme le premier accueil de la communauté LGBT à Rome. Précisons que ce rassemblement avait suscité de très vives réactions opposées de nombreux prêtres à Rome et en France. Présenter cet épisode comme une reconnaissance doctrinale serait aller bien au-delà de ce qu’il signifiait réellement.

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Même approximation lorsqu’il est affirmé que « l’Église bénit désormais les couples homosexuels ». Rappelons que la déclaration Fiducia supplicans rappelle expressément qu’aucune bénédiction ne peut être assimilée à une célébration d’union, ni laisser penser que l’Église reconnaîtrait moralement une relation homosexuelle comme équivalente au mariage entre un homme et une femme.

Ce qui frappe enfin dans cette vidéo, c’est moins ce qui est dit que ce qui ne l’est jamais. Les mots conversion, chasteté, combat spirituel, grâce, péché, renoncement ou sainteté sont pratiquement absents. Toute la dynamique du témoignage repose sur l’acceptation de soi. Or la vie chrétienne consiste précisément à laisser le Christ transformer notre existence. Cette vidéo s’inscrit ainsi dans une tendance plus large d’une partie de la presse catholique : privilégier le récit individuel, l’émotion et l’expérience personnelle idéologisée pour mieux effacer les repères doctrinaux. Écouter les personnes est une exigence évangélique. Mais l’Église n’est pas appelée à adapter la Révélation aux attentes de chaque époque. Sa mission est de transmettre fidèlement ce qu’elle a reçu du Christ. Comme l’écrivait saint Paul, les chrétiens sont appelés à « dire la vérité dans la charité » (Ep 4, 15).

Or la charité ne peut jamais être séparée de la vérité. Une charité qui tait la vérité cesse d’être une véritable charité. Si l’on affirme réellement aimer les personnes, pourquoi ne pas leur transmettre aussi l’intégralité de l’enseignement de l’Église ? Pourquoi leur cacher l’appel universel à la conversion, à la chasteté et à la sainteté ? La vérité peut parfois être exigeante, mais c’est elle qui rend libre (Jn 8, 32). La véritable charité consiste précisément à annoncer cette vérité avec délicatesse, compassion et espérance, sans jamais la taire.

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