Le diocèse de Nancy-Toul, déjà critiqué pour l’affaire de la vente controversée de la chapelle de Chaligny, continue de faire parler de lui avec la mise en vente de l’église Notre-Dame-de-Franchepré à Jœuf.
Le 15 juillet 2024, l’annonce de la vente de cet édifice, construit en 1910 par la famille De Wendel, a provoqué une vive réaction au sein de la population de Jœuf. Comme l’indique France 3 Régions, les habitants, fortement attachés à cet édifice, se mobilisent activement pour tenter de préserver ce symbole de leur passé ouvrier. Cette église de l’exaltation de la Sainte Croix , dont la capacité d’accueil est de 1.500 personnes, a été un lieu de mémoire et de rassemblement important pour la communauté, dont de nombreux membres ont été baptisés et mariés dans ses murs.
L’édifice est particulièrement cher aux habitants car il est profondément lié à leur histoire. L’église a servi pour les obsèques d’Aldo Platini, le père de Michel Platini, le 19 décembre 2017, comme le rappelle André Corzani, maire de Jœuf. France 3 Régions précise que la vente a suscité une mobilisation significative de la part des Joviciens et des autorités locales, qui réclament la préservation du bâtiment et de son mobilier riche et unique, comprenant un chemin de croix en émaux de Limoges et un orgue précieux.
Face à l’inquiétude croissante concernant le sort du mobilier de l’église, Roger Martinois, président du Cercle pour la Promotion de l’Histoire de Jœuf, exprime ses craintes sur la possible dispersion de ces éléments précieux. Selon France 3 Régions, des efforts sont faits pour garantir que ces objets ne soient pas simplement entreposés ou, pire, vendus, mais qu’ils soient respectés dans leur intégrité.
En réaction à cette situation, la municipalité et les habitants de Jœuf plaident pour que l’église soit cédée à la ville pour un euro symbolique, en reconnaissance des 500.000 euros d’argent public investis dans sa restauration en 2002. André Corzani insiste sur le fait que cette démarche est justifiée par les investissements précédents de la communauté et de donateurs extérieurs.
« Nous avons sauvé l’église une fois, nous allons tout faire pour la sauver à nouveau », assure Roger Martinois
De son coté, Monseigneur Pierre-Yves Michel, évêque du diocèse, a exprimé le souhait que le futur usage du bâtiment respecte « le lieu et son histoire » ( centre culturel, café à thème.. ? ) , mais cette déclaration semble insuffisante pour calmer les inquiétudes locales.
Après la controverse liée à la vente de la chapelle de Chaligny, la décision de vendre l’église de Jœuf accentue encore la perception d’une gestion déconnectée des réalités et des aspirations des fidèles par le diocèse.
La question de savoir si la foi sera effectivement prise en compte dans les décisions futures reste en suspens. Les priorités matérielles du diocèse de Nancy-Toul semblent parfois vouloir sacrifier l’héritage spirituel et sacré sur l’autel des considérations financières…