« Le sacerdoce, c’est l’amour du cœur de Jésus », enseignait saint Jean-Marie Vianney. Cette parole, devenue l’une des plus célèbres du Curé d’Ars et reprise par Benoît XVI dans sa lettre du 16 juin 2009 pour l’ouverture de l’Année sacerdotale, éclaire toute la signification de la visite de Jean-Paul II, le 6 octobre 1986, dans ce petit village de l’Ain devenu l’un des grands sanctuaires sacerdotaux du monde catholique. En venant se recueillir sur les lieux où l’humble prêtre avait consacré sa vie au salut des âmes, le pape polonais rappelait à l’Église que la grandeur du sacerdoce ne réside ni dans les honneurs ni dans les responsabilités, mais dans la configuration du prêtre au Christ.
Quarante ans plus tard, la paroisse et le sanctuaire d’Ars s’apprêtent à faire revivre le souvenir de cette journée exceptionnelle. Du vendredi 30 octobre au dimanche 1er novembre 2026, un programme spirituel et culturel réunira les fidèles autour de la mémoire du pape polonais et de l’héritage toujours vivant de saint Jean-Marie Vianney.

Jean-Paul II à Ars : un hommage à la grandeur du sacerdoce
En venant à Ars, Jean-Paul II ne souhaitait pas seulement rendre hommage à une figure illustre de l’histoire de l’Église. Il entendait rappeler la grandeur du sacerdoce catholique à travers l’exemple d’un humble curé de campagne qui avait consacré son existence à l’Eucharistie, à la confession et au salut des âmes. Entre le pape polonais et saint Jean-Marie Vianney existait une profonde proximité spirituelle. Tous deux avaient placé le Christ au centre de leur ministère et reconnu dans la miséricorde divine une dimension essentielle de la mission de l’Église. Le Curé d’Ars avait passé d’innombrables heures au confessionnal, attirant des pénitents venus de toute la France. Jean-Paul II, marqué par l’expérience des persécutions communistes, connaissait lui aussi le prix de la fidélité sacerdotale.
Cette visite conserve aujourd’hui une résonance particulière, alors que l’Église de France traverse une crise des vocations et que de nombreux prêtres exercent leur ministère dans des conditions difficiles. Ars rappelle que la fécondité du sacerdoce repose avant tout sur la sainteté personnelle, la prière et le don de soi.
Trois journées de célébrations autour de la Toussaint
Les commémorations débuteront vendredi 30 octobre à 20 heures avec le spectacle Monument de rencontre – 40 ans après, présenté au Foyer sacerdotal d’Ars. Écrit par Jean Philippe Coumel et mis en scène par Thierry Morales, il sera également joué samedi 31 octobre à 20 heures et dimanche 1er novembre à 17 h 30.
Samedi 31 octobre, les célébrations liturgiques comprendront la bénédiction des cimetières de Savigneux et de Villeneuve à 17 heures, les premières vêpres de la Toussaint à 17 h 30 à la basilique, puis les messes anticipées à 18 heures. Le point culminant de cet anniversaire aura lieu dimanche 1er novembre, sous la présidence de Mgr Ettore Balestrero, nonce apostolique et observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations unies à Genève. Dès 9 heures, les fidèles pourront vénérer les reliques de saint Jean-Paul II au Carmel d’Ars. À 10 heures, celles-ci seront portées en procession depuis le Carmel, accompagnées d’enfants costumés en saints. À 11 heures, une messe solennelle sera célébrée à l’église Notre-Dame-de-la-Miséricorde. L’après-midi se poursuivra avec l’adoration du Saint-Sacrement à 14 heures, puis, à 15 heures, les témoignages de personnes ayant participé à la journée du 6 octobre 1986. Les vêpres solennelles seront célébrées à 16 heures.
Quarante ans après, un message toujours actuel pour l’Église
Au-delà de la commémoration, cet anniversaire rappelle combien le message porté par Jean-Paul II à Ars demeure essentiel pour l’Église contemporaine. Le pape avait voulu montrer au monde un modèle de prêtre dont la grandeur ne reposait ni sur les honneurs ni sur les responsabilités, mais sur une vie entièrement donnée à Dieu. Saint Jean-Marie Vianney n’avait pas cherché à transformer l’Église par de grandes réformes. Il avait simplement vécu jusqu’à l’héroïsme les exigences de son sacerdoce, célébrant la messe, confessant et enseignant inlassablement la foi catholique. Son rayonnement spirituel avait pourtant dépassé les frontières de la France.
En associant la mémoire de Jean-Paul II à la solennité de la Toussaint, le sanctuaire d’Ars rappellera que la sainteté demeure la véritable force de renouvellement de l’Église. Quarante ans après la visite du pape polonais, le témoignage du Curé d’Ars continue d’indiquer aux prêtres comme aux fidèles le chemin d’une foi exigeante, enracinée dans les sacrements et tournée vers le salut des âmes.


