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Léon XIV : « Jésus voit les blessures des guerres et la vacuité du consumérisme »

Le pape Léon XIV lors de l'Angelus du 14 juin 2026 - capture écran
Le pape Léon XIV lors de l'Angelus du 14 juin 2026 - capture écran
Entre diagnostic spirituel et analyse de la société contemporaine, Léon XIV montre comment l’Évangile éclaire les blessures invisibles d’un monde marqué par le vide de sens, l’isolement et la perte des repères. ( intégralité du texte)

En commentant l’Évangile de saint Matthieu, Léon XIV invite les fidèles à considérer le regard que Jésus porte sur l’humanité. Son commentaire s’articule autour de la compassion du Christ face à des foules « désemparées et abattues ». « Le Christ, voyant les foules, fut saisi de compassion envers elles parce qu’elles étaient désemparées et abattues. » Pour Léon XIV, cette compassion ne relève pas seulement de la proximité humaine. Elle exprime également l’action salvifique de Dieu qui vient rejoindre l’homme dans ses fragilités. Jésus ne demeure pas extérieur à la souffrance du monde, mais s’en approche pour lui ouvrir un chemin de salut. Le pape actualise ensuite cette scène évangélique en évoquant plusieurs réalités contemporaines : « Il voit les blessures des guerres et la vacuité du consumérisme. Il voit des visages figés comme des masques, des familles broyées par le mal et des jeunes séduits par de faux idéaux. »

À travers ces exemples, Léon XIV établit un parallèle entre les foules décrites dans l’Évangile et certaines situations du monde actuel. Les guerres apparaissent comme une manifestation visible de la souffrance humaine, tandis que la « vacuité du consumérisme » renvoie à une autre forme de fragilité, plus intérieure conséquence de nos sociétés de consommation. . Le pape ne critique pas seulement les excès de la consommation, mais s’interroge sur sa capacité à répondre aux aspirations profondes de la personne humaine. Cette réflexion s’inscrit dans une tradition constante de la doctrine chrétienne, qui rappelle que les besoins matériels ne suffisent pas à combler le désir de vérité, de relation et de transcendance présent dans le cœur de l’homme. Dans cette perspective, l’abondance de biens ou de possibilités ne garantit pas nécessairement un sentiment d’accomplissement.

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L’image des « visages figés comme des masques » peut également être lue à la lumière des transformations culturelles contemporaines. Dans des sociétés où l’image occupe une place croissante, Léon XIV évoque le risque d’un décalage entre l’apparence extérieure et la réalité intérieure des personnes. Face à cette situation, le pape revient à la mission confiée par le Christ à ses disciples. Les ouvriers de la moisson sont envoyés pour porter « la charité là où règne la misère, l’espérance là où règne l’affliction, la foi là où règne la méfiance ». L’annonce de l’Évangile apparaît ainsi comme une réponse aux différentes formes de pauvreté matérielle, sociale ou spirituelle. Cette perspective culmine dans l’appel de Jésus : « Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. » Léon XIV rappelle ici un principe central de la foi chrétienne : le salut est un don reçu de Dieu avant d’être une œuvre humaine. La gratuité de la grâce devient alors le modèle de l’engagement chrétien dans le monde.À travers cette méditation, le pape propose une lecture spirituelle des défis contemporains. Son commentaire relie les réalités sociales évoquées, guerres, désorientation culturelle, fragilisation des liens humains, à l’annonce de l’Évangile et à la mission confiée par le Christ à son Église.

PAPE LÉON XIV

ANGÉLUS

Place Saint-Pierre
Dimanche 14 juin 2026

 » Chers frères et sœurs, bon dimanche !

L’Évangile d’aujourd’hui (Mt 9,36 – 10,8) nous offre un immense cadeau, car il intègre tous ceux qui l’écoutent dans le regard de Jésus. C’est un récit qui témoigne de l’attention de son regard, tout en nous révélant ce que le Seigneur observe. Nous lisons en effet que le Christ, « voyant les foules, fut saisi de compassion envers elles parce qu’elles étaient désemparées et abattues » (v. 36). Devenu notre frère, le Fils de Dieu regarde les personnes, il regarde l’humanité : il voit l’oppression qui écrase et la violence qui prive de toute force. Il voit les blessures des guerres et la vacuité du consumérisme. Il voit des visages figés comme des masques, des familles broyées par le mal et des jeunes séduits par de faux idéaux. Jésus voit et aime. Il aime et souffre pour nous, avec nous : sa compassion exprime non seulement une proximité fraternelle, mais aussi une volonté de rédemption.

En effet, Il connaît notre cœur et en prend soin : face à tant de personnes semblables à des « brebis sans berger » (v. 36), le Christ se consacre à toutes comme un bon berger et, en tant que maître de la moisson, il envoie des ouvriers dans le champ du monde (cf. v. 38). Quel travail doivent-ils accomplir ? Offrir la consolation de Dieu à ceux qui souffrent : apporter la charité là où règne la misère, l’espérance là où règne l’affliction, la foi là où règne la méfiance.

L’Évangile mentionne les noms des douze premiers “ouvriers” : ce sont des disciples devenus apôtres, c’est-à-dire des missionnaires et des prédicateurs. Parmi eux figurent Simon, dit Pierre, le premier, et aussi Judas Iscariote, le dernier, pour nous rappeler que l’on peut suivre Jésus et le trahir, mais que l’Évangile reste pour tous une parole vivante et vraie. À travers les siècles, la Bonne Nouvelle demeure immuable : éternellement jeune, fraîche et libératrice : « Le royaume des Cieux est tout proche » (Mt 10,7) ! Oui, il est proche car, en Jésus-Christ, Dieu se fait proche de chaque homme et de chaque femme, de chaque peuple et de chaque nation. Lorsque cet Évangile est annoncé et mis en pratique, le mal s’effondre comme une maladie qui prend fin (cf. v. 8), comme une nuit qui cède la place à l’aurore, comme la mort vaincue par le Ressuscité.

C’est ainsi que le regard de Jésus transforme la réalité : pleine d’amour, son initiative donne naissance à un peuple nouveau, l’Église, appelé à poursuivre la mission des apôtres : « Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement » (v. 8). Oui, le don de Jésus est tout à fait gratis, car sa valeur dépasse toute mesure : il est impossible de le mériter ou de l’“acheter”. Cette grâce est le très beau nom de la miséricorde de Dieu qui nous rejoint partout, pour nous attirer à lui. « Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson » (Mt 9, 38) !

Chers amis, la mission d’évangéliser découle du don de Dieu qui, dans le Christ, devient pardon pour le monde, service des plus petits et des plus pauvres, et engagement en faveur de la justice. Demandons l’aide de la Vierge Marie, pleine de grâce, afin que nous répondions avec joie et courage à la mission à laquelle Jésus nous appelle.

À l’issue de l’Angélus

Chers frères et sœurs,

j’exprime avant tout ma gratitude au Seigneur pour le Voyage Apostolique qu’Il m’a permis d’accomplir en Espagne. Je remercie le peuple espagnol qui m’a accueilli avec beaucoup d’enthousiasme et de dévotion. Je suis particulièrement reconnaissant à Sa Majesté le Roi. Je remercie avec affection les évêques, toutes les communautés que j’ai visitées et toute l’Église qui est en Espagne. Que Dios bendiga siempre a España ! [Que Dieu bénisse toujours l’Espagne !]

Je souhaite à présent évoquer quelques nouveaux bienheureux : les prêtres diocésains Venceslao Drbola et Giovanni Bula, de la Moravie ; ainsi que Giovanni Šwierc et huit de ses compagnons, prêtres salésiens polonais. Tous ont été béatifiés en tant que martyrs, car ils ont été victimes des persécutions menées par des régimes totalitaires en raison de leur fidélité au Christ. Hier, par ailleurs, dans le Mato Grosso, au Brésil, a été béatifié Nazareno Lanciotti, prêtre missionnaire romain, lui aussi martyr, car il défendait les plus pauvres au nom de l’Évangile. Que l’exemple et l’intercession de ces courageux témoins soutiennent la mission des prêtres et de toute l’Église.

J’assure de ma proximité les populations des Philippines frappées il y a quelques jours par un violent séisme. Je prie pour les défunts et leurs proches, pour les blessés, ainsi que pour tous ceux qui souffrent à cause de cette catastrophe.

Et maintenant, je vous salue tous, Romains et pèlerins de divers pays !

Je salue les membres de la Commission internationale pour le dialogue entre les Disciples du Christ et l’Église catholique. Puissent vos réflexions nous aider à grandir dans la communion.

Je salue les pèlerins venus des États-Unis d’Amérique, en particulier les fidèles du New Jersey et de la Carrollton School of the Sacred Heart de Miami, en Floride. Je salue les confirmands de Bolgare, dans le diocèse de Bergame, la Communauté “Casa di Maria” – que le Pape François appelait “les jeunes de l’Immaculée” – ainsi que les groupes paroissiaux de Santa Maria delle Grazie et de Santa Francesca Cabrini à Rome.

Je vous souhaite à tous un bon dimanche ! »

Source Vatican

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