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Léon XIV rend hommage aux Adoratrices perpétuelles et à « une vie entièrement consacrée à l’adoration d’un Dieu qui s’est fait pain »

Adoratrices perpétuelles du Très Saint-Sacrement, religieuses contemplatives vouées à l’adoration eucharistique continue - DR
Adoratrices perpétuelles du Très Saint-Sacrement, religieuses contemplatives vouées à l’adoration eucharistique continue - DR
Héritières du charisme de la bienheureuse Marie-Madeleine de l’Incarnation, ces contemplatives vouent leur vie à l’adoration du Saint-Sacrement et célèbrent cette année le cinquantième anniversaire de leur Fédération ( texte intégral)

Ce samedi 5 septembre, dans la salle du Consistoire, Léon XIV a reçu les Adoratrices perpétuelles du Très Saint-Sacrement, actuellement en pèlerinage en Italie sur les traces de leur fondatrice, la bienheureuse Marie-Madeleine de l’Incarnation. Derrière cette rencontre relativement discrète du calendrier pontifical se trouve une réalité essentielle de la vie de l’Église : des religieuses qui ont choisi de consacrer leur existence à demeurer devant le Christ présent dans l’Eucharistie.

L’histoire de leur ordre remonte à Marie-Madeleine de l’Incarnation, née Caterina Sordini en 1770. Marquée très jeune par l’adoration eucharistique, elle fonda à Rome en 1807 le premier monastère des Adoratrices perpétuelles du Très Saint-Sacrement, avec la bénédiction de Pie VII. Son intuition était aussi simple qu’exigeante : puisque le Christ demeure réellement présent dans le Saint-Sacrement, l’adoration de l’Église doit, elle aussi, se prolonger. Cette vocation conduira à l’établissement de monastères dans plusieurs pays. C’est précisément ce mystère que Léon XIV a choisi de placer au centre de son propos. Leur vocation, a-t-il expliqué, se traduit par « une vie dédiée complètement à l’adoration continue et silencieuse d’un Dieu qui s’est fait pain ». L’expression dit davantage qu’une pratique de piété : elle rappelle ce qui fonde l’adoration eucharistique. La religieuse ne demeure pas devant un symbole ou le souvenir d’un événement passé, mais devant le Christ qui se donne réellement à son Église.

Le pape relie aussitôt cette présence à la communion ecclésiale. Citant saint Augustin, il rappelle que « le pain et le vin sur l’autel sont le sacrement de l’unité des fidèles dans le Christ ». L’Eucharistie n’est donc jamais une dévotion refermée sur une relation individuelle avec Dieu. Celui qui adore le Corps du Christ est conduit vers son Corps qu’est l’Église. C’est pourquoi Léon XIV appelle à « une spiritualité eucharistique », qu’il définit comme « une spiritualité de l’unité ecclésiale dans l’amour ».

Cette articulation entre contemplation et communion constitue sans doute le cœur de son message. Aux religieuses, le Saint-Père demande d’être des « tisseuses de communion », par « la prière et le travail », mais aussi par l’adoration et la vie fraternelle.

A une époque qui mesure volontiers l’efficacité à ce qui se voit et se compte, la vie contemplative rappelle ainsi une autre fécondité : celle d’une présence cachée devant Dieu qui porte la mission de toute l’Église. Cette conviction était déjà au cœur de l’intuition de la bienheureuse Marie-Madeleine de l’Incarnation. Lors de sa béatification en 2008, l’Église rappelait combien elle avait voulu que l’adoration ne cesse pas avec la célébration de la messe, mais se prolonge dans le temps, précisément parce que le Christ demeure présent dans l’Eucharistie. Toute sa vie fut ainsi transformée en acte d’adoration.

Léon XIV inscrit aujourd’hui les religieuses dans cette continuité. Il les invite à faire « rayonner la beauté du visage du Christ » présent dans le Saint-Sacrement et à vivre leur consécration avec une « espérance renouvelée » et un véritable désir de sainteté.

Dans ces quelques paroles adressées à des contemplatives, le pape rappelle finalement une vérité qui dépasse largement les murs de leurs monastères : l’adoration n’est pas une périphérie de la vie chrétienne. Elle conduit au centre, au Christ lui-même, présent dans l’Eucharistie. Et c’est précisément de cette présence silencieuse que peuvent naître la communion, la mission et la charité.

SALUTATION DU SAINT-PÈRE LÉON XIV
AUX SŒURS ADORATRICES PERPÉTUELLES DU TRÈS SAINT-SACREMENT

FÉDÉRATION DU SAINT-ESPRIT

« Salle du Consistoire
Samedi 5 septembre 2026

Chère Mère Alma Ruth du Saint-Esprit,
chères Sœurs Adoratrices perpétuelles du Très Saint-Sacrement,

Je suis heureux de vous rencontrer en ces jours où vous accomplissez un pèlerinage en Italie, sur les traces de la bienheureuse Marie-Madeleine de l’Incarnation, à l’occasion du cinquantième anniversaire de la fondation de la Fédération du Saint-Esprit.

Votre présence est un témoignage lumineux de la gratuité de Dieu, qui sème dans le cœur humain le désir de rechercher et de contempler son visage. Elle répond à une aspiration profonde que le psalmiste exprime avec beauté : « Mon cœur m’a redit ta parole : “Cherchez ma face.” C’est ta face, Seigneur, que je cherche : ne me cache pas ta face » (Ps 27, 8-9).

Cette recherche constante du visage de Dieu, qui caractérise tout particulièrement la vie monastique, revêt dans la vocation que vous avez reçue une dimension particulière : elle se traduit par une vie entièrement consacrée à l’adoration continue et silencieuse d’un Dieu qui s’est fait pain et qui invite à s’unir à Lui dans le sacrifice de l’autel, afin de former un seul corps. « Comme l’explique saint Augustin aux nouveaux chrétiens de son Église, le pain et le vin sur l’autel sont le sacrement de l’unité des fidèles dans le Christ » (Lettre encyclique Magnifica humanitas, 234). C’est pourquoi il faut « une spiritualité eucharistique, c’est-à-dire une spiritualité de l’unité ecclésiale dans l’amour » (ibid.).

Chères sœurs, en manifestant dans l’Église le charisme particulier que vous avez reçu de votre fondatrice, vous êtes appelées à être des tisseuses de communion, avec les fils de la prière et du travail, de l’adoration eucharistique et du partage fraternel au monastère. Que ce temps de grâce que vous vivez comme pèlerines dans la Ville éternelle et dans les lieux où l’Ordre a vu le jour vous renouvelle et vous fortifie, afin que vous continuiez à faire rayonner dans le monde la beauté du visage du Christ présent dans le Saint-Sacrement.

Que le témoignage de la bienheureuse Marie-Madeleine de l’Incarnation vous encourage à continuer de vivre votre consécration avec une espérance renouvelée et un désir de sainteté, en vous rappelant que la fidélité à la sagesse ancienne et toujours nouvelle de l’Évangile est le meilleur chemin pour celles qui, guidées par l’Esprit Saint, se consacrent à aimer Dieu et leur prochain.

Que le Seigneur vous bénisse et que Notre-Dame de Guadalupe vous protège sous son manteau céleste. Merci beaucoup. »

Source Vatican

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